Les 29 et 30 juin 2005, la Fondation pour l’innovation politique organisait à Ouagadougou (Burkina Faso) le colloque intitulé « Les acteurs méconnus du développement », en partenariat avec l’Institut Afrique moderne, le Programme des Nations unies pour le développement, l’Agence française pour le développement et le ministère français des Affaires étrangères. Ces actes dernièrement parus reviennent sur cet événement qui a fait apparaître une voie nouvelle en matière de développement.L’initiative de cette rencontre est née d’un constat : les acteurs connus du développement et de son financement, qu’ils soient privés ou publics, ne permettront pas à l’Afrique subsaharienne de trouver les ressources nécessaires pour lutter contre la pauvreté et atteindre les objectifs que le continent s’est fixés à l’horizon 2015. En revanche, des « acteurs méconnus », non institutionnels, jouent déjà un rôle primordial pour améliorer les conditions de vie de nombreuses communautés africaines. Tous membres de la société civile, ils développent individuellement trois économies, elles-mêmes peu connues, mais porteuses d’avenir : l’économie de la solidarité, du volontariat et de la tradition. La première représente les transferts issus de l’émigration, qui financent aujourd’hui des investissements collectifs essentiels (école, santé, eau potable). La deuxième, portée par des personnalités locales, bénévoles engagés auprès de leur communauté, est à l’origine de nombreuses initiatives, aidées ou non par des ONG, qui contribuent au développement local. La troisième, enfin, que les économistes ont bien du mal à reconnaître, s’inspire des pratiques traditionnelles pour développer avec succès des secteurs comme l’agriculture ou la médecine. Les participants ont énoncé un certain nombre de recommandations destinées à améliorer les performances de ces trois économies. Une manière aussi de souligner l’importance de l’action individuelle et de son rôle pour un développement endogène qui s’inscrit dans la durée.
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