Plus de trois Français sur quatre (77%) pourraient pencher pour l’abstention, le vote blanc ou le vote « populiste » pour l’élection présidentielle de 2022, selon une enquête de la Fondapol.

6% des Français pourraient s’abstenir ou voter blanc à l’élection présidentielle 2022. C’est l’un des chiffres à retenir d’une enquête de la Fondapol publiée ce jeudi 10 octobre. Au total, plus de trois Français sur quatre (77%) sont tentés par « la protestation électorale » pour ce scrutin.

La « protestation électorale » est un rassemble l’abstention, le vote blanc et le vote « populiste ».Dans le détail de cette enquête, on apprend aussi que 49% des personnes interrogées pourraient voter pour au moins l’un des partis « populistes » et/ou de la gauche révolutionnaire.

La Fondation pour l’innovation politique, avec l’institut OpinionWay, et en partenariat avec le Figaro, a mis au point un « indicateur de la protestation électorale » qui regroupe plusieurs types de comportement : la disponibilité à voter pour les partis et candidats relevant de l’offre « populiste » (RN, LFI ou Debout la France), mais aussi pour les partis de la gauche révolutionnaire (LO et NPA), l’abstention et le vote blanc.

Pour la présidentielle de 2022, 77% des 3.006 personnes interrogées pour ce nouveau baromètre (le même panel sera désormais interrogé tous les six mois) ont répondu oui (« oui certainement » ou « oui probablement ») à au moins une de ces six options : s’abstenir, voter blanc, voter pour le RN, pour DLF, pour LFI ou pour LO/NPA.

Le « populisme de droite » séduit davantage

La Fondapol note toutefois que le « populisme de droite » conserve une capacité d’attraction supérieure puisque plus d’un tiers (36%) des interrogés envisagent de voter pour le RN ou DLF, alors qu’ils ne sont que près d’un quart (24%) à dire qu’ils pourraient voter pour au moins l’un des partis de la gauche « populiste » (LFI) ou « révolutionnaire » (LO/NPA).

L’enquête de la Fondapol montre que par le passé, la plupart des électeurs (85%) ont déjà eu recours à au moins une de ces formes de « protestation électorale » contre les partis dits « classiques ».

Parmi les répondants qui disent avoir une image positive des « Gilets jaunes », 65% ont indiqué qu’ils pourraient voter en 2022 pour au moins une formation « populiste » ou révolutionnaire (dans le détail, 46% pour RN ou DLF, 37% pour LFI ou LO/NPA).

Mélenchon et Le Pen fragilisés

Dans ce contexte « dégagiste », la Fondapol relève que les « leaders populistes » subissent également une certaine usure. 57% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 souhaitent que LFI présente un autre candidat en 2022. De même, 42% de ceux de Marine Le Pen en 2017 réclament un autre candidat pour le RN.

Enquête réalisée en ligne du 30 août au 6 septembre 2019 par OpinionWay pour la Fondapol auprès d’un échantillon de 3.006 personnes inscrites sur les listes électorales constitué selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,8 à 1,8 points.