L’Esprit Public en direct du théâtre de l’Odéon et les temps forts de l’actualité: les tensions Iran-États-Unis et le vrai-faux départ des USA du Moyen-Orient; l’annonce du retrait de l’âge pivot du projet de réforme des retraites; les nouvelles censures, 5 ans après l’attentat contre Charlie Hebdo.

Analyse politique et géopolitique de la semaine en direct et en public du Théâtre de l’Odéon, avec l’ancienne Ministre de la culture Aurélie Filippetti, la journaliste Christine Ockrent, le dessinateur de presse Plantu et le politologue Dominique Reynié.

Première partie : Réforme des retraites: happy end ou fiasco ?

Est-ce le dernier acte, l’épilogue, ou l’halali pour cette longue réforme des retraites qui nous semble – à tort- durer depuis des siècles ? Des siècles que nous vivons avec des métros aux grilles fermées, avec notre dose quotidienne de Philippe Martinez Laurent Berger  et les Porte voix de la Macronie sur nos écrans, des siècles que nous nous habituons à prononcer les mots « ages pivot » ou « système à points » comme s’ils faisaient partie depuis toujours de notre vocabulaire !Le fameux âge pivot à 64 ans, le nerf de la guerre, vraisemblablement retiré du débat après l’énième réunion de concertation entre Edouard Philippe et les partenaires sociaux, afin que l’UNSA et la CFDT acceptent de remonter dans le bateau de la négociation avec le gouvernement. Et la possibilité d’un nouvel acte donc, celui du débat tant syndical que parlementaire avec l’examen tant attendu du projet de loi, et la quasi certitude désormais que le système à points passe comme une lettre à la poste à présent que le chiffon rouge de l’age pivot a été retiré.Mais un tel scénario relève t il du happy end ou du fiasco ? voyons voir… Emmanuel Macron pourra dire qu’il a respecté son programme de campagne présidentiel, lequel mentionnait la fin des régimes spéciaux et le passage à un régime universel à point. Mais son aile droite, celle d’Edouard Philippe, ne pourra pas se targuer d’avoir mené à bien la réforme que tant d’autres en Europe ont mené à bien à savoir allonger la durée de vie professionnelle pour prendre en compte la nouvelle donne démographique : on vit plus longtemps et on fait moins d’enfants. Voilà qui permettra aux responsables de la droite LR de se faire les chantres de l’équilibre budgétaire, de fustiger un macronisme dépensier à l’image du discours tenu cette semaine par le président de Sénat Gérard Larcher dénonçant une réforme n’assurant pas l’équilibre financier des régimes, « gage de la confiance de nos concitoyens dans la pérennité du système ». Quant à l’opposition de gauche, elle pourra continuer de dénoncer la casse du modèle social à la française, considérant que le régime à points dissimule une logique de retraites par capitalisation. Tandis que le RN continuera de promettre qu’une fois élue, Marine Le Pen en 2022 annulera cette réforme.Mais au-delà des postures habituelles, que restera-t-il ? Que reste-t-il de ses périodes houleuses de grands mouvements sociaux à la française ? Un pays qui se divise ou qui se retrouve ? Un pays qui avance ou qui recule ? Réforme des retraites : happy end ou fiasco ?

Deuxième partie : Moyen-Orient: le vrai-faux départ des États-Unis ?

Si vous avez des ados connectés chez vous peut-être avez-vous comme moi vécu ce moment où l’enfant inquiet a surgi dans le salon pour vous demander : est ce que c’est vrai ce qu’on dit sur les réseaux sociaux ? c’est le début de la 3 e guerre mondiale ? Aux sources de l’angoisse : depuis l’assassinat du général iranien Ghassem Soleimani par les États-Unis.  Sur TikTok, la nouvelle appli préférée des ados, le # ww3 cumule plus de 1 milliard de vues.  En résumé : le monde a vraiment craint une escalade incontrôlable du conflit entre l’Iran et les États-Unis, Rappelons que l’Iran a riposté après la mort de son général Qassem Soleimani par des tirs de missiles sur des bases américaines/ que le monde entier a retenu son souffle pendant les heures qui ont suivi/ mais que finalement, appelant à la désescalade, Donald Trump a joué l’apaisement.  Cela n’a pas empêché l’ayatollah Ali Khamenei de saluer « une gifle en pleine face » pour les Etats-Unis ni la télévision d’Etat d’annoncer 80 soldats américains tués. Bref de la comm’ pour dire :  on est capable de tenir tête aux Etats-Unis.

Enfin, en parallèle, il y a eu l’affaire du vol Téhéran-Kiev, cet avion qui s’est écrasé tuant 176 passagers principalement iraniens et ukrainiens, avec de nombreuses sources dont le NY Times qui assurent avoir authentifié une vidéo montrant le moment exact où l’avion aurait été frappé par un missile. Mais bon… pas de 3e guerre mondiale, pour l’instant, juste une énième évolution des rapports de force au Moyen Orient et l’éternelle question du vrai faux depart des Américains dans la région: le Parlement irakien a voté cette semaine l’expulsion des forces de la coalition antidjihadistes – et surtout des 5200 soldats américains en son sein –  Et les Etats-Unis, dans une lettre transmise par erreur, ont annoncé préparer leur retrait d’Irak avant de le démentir. En clair il y a cette drôle de situation où les Américains affichent sans cesse leur volonté de désengagement, mais dans les faits sont toujours là…tandis que pendant ce temps, un autre personnage clef joue une toute autre stratégie : Vladimir Poutine, en visite cette semaine en Syrie, en Turquie, recevant hier Angela Merkel à Moscou pour parler là encore du Moyen Orient. En résumé : quand Trump ne sait pas s’il doit partir ou rester, Poutine lui, sait fort bien où est sa place.

Troisième partie : Charlie: qui censure ?

Un smartphone géant affichant les logos de facebook twitter et snapchat écrase la langue et les bras d’un dessinateur, avec ce titre “Nouvelles censures… Nouvelles dictatures”. Un dessin signé Coco et une alerte à la une de charlie hebdo cette semaine 5 ans après l’attentat du 7 janvier 2015 Halte aux « nouveaux censeurs ». Ou ces « nouveaux gourous de la pensée formatée” dénonce l’hebdomadaire satyrique

“Hier, on disait merde à Dieu, à l’armée, à l’Église, à l’État. Aujourd’hui, il faut apprendre à dire merde aux associations tyranniques, aux minorités nombrilistes, aux blogueurs et blogueuses qui nous tapent sur les doigts comme des petits maîtres d’école”, écrit Riss, le directeur de la rédaction, dans son éditorial.

“Aujourd’hui, le politiquement correct nous impose des orthographes genrées, nous déconseille d’employer des mots supposés dérangeants (…)”, ajoute-t-il, fustigeant les “nouveaux censeurs” qui “se croient les rois du monde derrière le clavier de leur smartphone”.

Une censure new look et surtout paradoxale puisque s’exerçant précisément au nom de la liberté d’expression. En résumé : avec mon compte twitter et bien planqué derrière mon pseudo, j’ai le droit de m’exprimer …pour te faire taire….

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