Dominique Reynié est interviewé par La Nouvelle République sur le Grand débat sur l’identité nationale.
Est-ce au gouvernement ou a un parti seul d’organiser ces débats ?
Soit les partis de gouvernement, le PS ou l’UMP, décident d’éviter le dialogue et prennent le risque de se faire déborder, soit ils décident de le contenir. Et je crois que la stratégie de Nicolas Sarkozy est justement de laisser s’exprimer les craintes pour les contenir. Le sentiment étant que ces craintes sont déjà présentes dans l’esprit des Français.
N’y-a-t’il pas une visée électorale ?
II s’agit bien de penser aux élections. C’est tout saut accidentel. Si vous ne faites pas en sorte d’intégrer ces problématiques dans une campagne, vous voyez toujours apparaître une force qui surfe sur ce thème et sur le contexte. Et cette force peut poser des problèmes à la droite. Mais Martine Aubry fait la même chose a gauche avec les sans-papiers. Dans l’autre sens. C’est un vieux ressort politique éprouvé par Mitterrand. Le FN a pris des voix au PCF et au PS. C’est d’ailleurs comme ça qu’il est devenu puissant. Aujourd’hui, les électeurs du FN sont jeunes et ouvriers. De plus en plus. Le FN pourrait être la surprise de ces régionales. On pourrait même faire l’hypothèse que si ce débat existe aujourd’hui, c’est parce qu’il y avait des indications en ce sens.
Y a-t-il un risque de surenchère ?
Surenchérir sera compliqué pour le FN. On tomberait vite dans la haine raciale et, à ce moment-là, on perd toute légitimité. A l’intérieur du cercle républicain, dont le FN et le NPA font partie, il y a une limite qu’on ne peut pas franchir si on ne veut pas être hors jeu. Et s’il y avait ce genre de surenchère, je pense que la société française refuserait de les suivre. Du moins pour le moment.

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