Le bilan de la politique sociale de Nicolas Sarkozy aura-t-il une influence sur le scrutin régional ?
Partout en Europe, les gouvernants déçoivent. Les décisions à prendre sont douloureuses. Nous entrons dans une ère de l’impopularité dont nous ne verrons pas la fin avant longtemps et qui pourrait même devenir plus violente. Le vote sanction peut donc jouer. Mais l’opposition reste très anxiogène pour les Français, qui la voient hésiter sur des dossiers comme les retraites ou la dette. Elle est virulente sur des polémiques mais absente sur le fond. Si l’abstention est forte, cela voudra dire que l’opposition n’a pas convaincu.
La crise joue-t-elle un rôle ?
Elle a amené Nicolas Sarkozy à se repositionner. Il est devenu étatiste, interventionniste, hyperrégulateur. Mais l’opinion a intégré que, pendant une crise, un dirigeant ne maîtrise plus grand-chose. Dans les sondages, la grande majorité estime que l’opposition ne pourrait mieux faire. Cela peut limiter l’intensité du rejet. Par ailleurs, la crise a complètement confisqué l’agenda du chef de l’État. Elle lui impose ses priorités. Il n’est plus sur le plan des nouvelles idées. Sur les retraites, passer de 60 ans à 62 ans, ce n’est pas une idée, c’est une adaptation.
Nicolas Sarkozy est-il un réformateur ?
D’un point de vue plus politique que technique, les réformes d’avant-crise étaient porteuses d’une révolution culturelle plus puissante qu’il n’y paraît. On peut s’interroger sur leurs effets et les économies qu’elles sont censées générer mais elles ont fait sauter des verrous. Prenez la loi LRU, les autoentrepreneurs, les régimes spéciaux et même le bouclier fiscal, on ne reviendra pas en arrière. En matière de grève, par exemple, on a commencé à raisonner en termes d’efficacité du service minimum. C’est l’effet crémaillère. Nicolas Sarkozy n’aborde pas les dossiers comme un stock qu’on lui donnerait mais comme un processus qu’il doit enclencher et sur lequel on ne peut plus reculer. Cette démarche très différente avait déjà été initiée avec François Fillon sur les retraites en 2003, avec un calendrier sur le long terme. C’est un nouveau modèle qui se dégage.

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