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Ecologie et protectionnisme

par Fondapol, le 19 mars 2010

Financer la croissance verte, oui, mais… seulement si les fonds sont destinés exclusivement aux industriels nationaux. Telle est la revendication de quatre sénateurs américains, tous démocrates. Ils estiment que la majorité des subventions octroyées par le plan de relance de l’administration Obama pour développer le secteur éolien ont été perçues par des entreprises non-américaines. Même si elles opèrent sur le territoire américain, | ces entreprises auraient créé davantage d’emplois chez elles qu’aux Etats-Unis. Le plan de relance, connu sous le nom de « American Recovery and Reinvestment Act », contient une provision obligeant les administrations et établissements publics à recourir uniquement à des fournisseurs et sous-traitants qui produisent des biens et créent des emplois aux Etats-Unis. Mais les subventions destinées aux entreprises privées ne sont pas assujetties à cette contrainte. Le département du Trésor américain défend sa politique en argumentant que les subventions attirent des investissements étrangers permettant, quoi qu’il arrive, de créer des emplois locaux supplémentaires. Toutefois, la polémique n’est pas prête de s’éteindre. Elle a lieu sur fond d’inquiétudes concernant la compétitivité des Etats-Unis dans le domaine des technologies propres, surtout vis-à-vis de la Chine.

L’Empire du Milieu serait sur le point de devenir le deuxième producteur mondial d’énergie éolienne et améliore sans cesse son expertise dans le domaine de la production de turbines. Thomas Friedman, influent éditorialiste du New York Times, évoquait à cet égard un « nouveau Spoutnik » pour désigner le retard que pourraient prendre les Etats-Unis dans les « clean techs ». Cependant, selon un article de la revue Yale Environment 360 (université de Yale), les craintes d’une domination chinoise du paysage des technologies propres seraient fortement exagérées. Unique au monde, la concentration de pôles d’excellence universitaire, de laboratoires de recherche, de culture entrepreneuriale et de capital-risque qui caractérise les Etats-Unis, leur confère un fort avantage concurrentiel. A cela s’ajoutent les lois américaines sur la propriété intellectuelle, qui permettent d’encourager la recherche, alors que la propriété intellectuelle reste insuffisamment protégée en Chine. Les entrepreneurs dans le domaine des technologies vertes, quant à eux, sont de l’avis que la coopération avec les entreprises chinoises est à l’origine des meilleurs résultats. Nombre de partenariats de recherche ou commerciaux lient des entreprises et des institutions californiennes à celles de la côte est chinoise, permettant de développer et améliorer les technologies, faire baisser leur coût, et in fine, stimuler la demande. (Sources : The New York Times, La Tribune, E360 – Yale)

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