Selon Météo France, le pays vit le printemps le plus chaud depuis 1900. Le ministère de l’Écologie a indiqué que plus de la moitié des départements font l’objet de mesures de restriction d’eau et sept sont placés sous vigilance. L’état des sols serait par endroit pire qu’en 1976, année marquée par une canicule exceptionnelle. En Poitou-Charentes, le Conseil régional a voté le déblocage d’une aide de 1000 euros pour chacun des 5200 éleveurs en difficulté. Ce fond d’urgence sera disponible dès cette semaine. En contre partie de cette aide, Ségolène Royal, présidente du Conseil régional de la région, appelle les éleveurs à réfléchir à des cultures destinées à nourrir le bétail moins consommatrices d’eau. En effet, dans certaines régions, les agriculteurs ne parviennent déjà plus à nourrir leurs bêtes et certains ont déjà été contraints d’abattre une partie de leur cheptel.

Le premier syndicat agricole, la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), a sollicité le 27 mai l’aide du gouvernement, en écartant toutefois l’éventualité d’un impôt sécheresse, mesure qui avait été très mal accueillie par la population française lors de l’épisode de sécheresse de 1976. Le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire s’est également prononcé contre la création de cet impôt. Selon lui, la solution doit venir de l’échelon européen. Avec le soutien de onze pays membres de l’Union, il a demandé à la Commission européenne de créer « un groupe à haut niveau sur l’élevage en Europe » qui aura pour but « d’identifier les mesures structurelles à prendre pour garder un élevage en Europe ». Dans l’immédiat, Dacian Ciolos, commissaire européen chargé de l’agriculture, a annoncé la création d’un groupe de travail qui proposera d’ici à fin juin des solutions pour essayer de résoudre la crise qui affecte les éleveurs bovins.

Source : Lemonde.fr, Lefigaro.fr, Lesechos.fr