À l’occasion du Sommet des réformistes européennes, Dominique Reynié a présenté une simulation portant sur les prochaines élections européennes de mai 2019 et réalisée par la Fondation pour l’innovation politique le 17 novembre 2018.

Méthode : L’utilisation des données de toutes les enquêtes nationales d’intentions de vote pour les prochaines élections européennes des 27 pays membres de l’Union européenne.

Première grille d’analyse : Selon les résultats de la simulation, les deux grands groupes le Parti populaire européen (PPE) et les Sociaux-Démocrates  (S&D) n’obtiendront pas de majorité. Une première depuis 1979, date des premières élections européennes au suffrage universel direct pour le Parlement européen. Pour les groupes parlementaires pro-UE, le PPE perd 4 points et les S&D perdent 6 points. En revanche, les libéraux de l’ADLE progressent de 4 points, les Verts sont stables Pour les anti-UE, l’extrême droite progresse de 8 points, l’extrême gauche de 2 points.

Deuxième grille d’analyse : Selon les intentions de vote récoltées, les deux grands groupes PPE et S&D n’auront plus la majorité dans le Parlement européen de mai 2019. En effet, le duo PPE-S&D représenterait, selon nos estimations, 44,7% des sièges. Ils deviendraient majoritaires seulement s’ils réussissaient à former une coalition avec d’autres forces politiques (ALDE et/ou Verts). De nouveaux groupes parlementaires pourraient donc jouer un rôle nouveau et central et participer à la redistribution des équilibres politiques.

Troisième grille d’analyse : On observe une augmentation des forces populistes (droites conservatrices, extrême-droite, extrême-gauche) depuis les années 1990 et une accélération depuis 2008. Selon nos estimations, cette tendance à la hausse devrait continuer en 2019, mais les groupes anti-UE n’obtiendraient pas la majorité (34,3%).