Une étude réalisée pour l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer fait apparaître cette maladie comme une affection difficile à définir. Bien qu’exposée médiatiquement, il ressort que ses réalités médicales et humaines restent mal connues. Cette étude permet d’identifier différentes formes de dépendances qui lui sont spécifiques. Pour la personne malade, une dépendance corporelle, relationnelle, économique et physique. Pour l’aidant une dépendance qui tient à un investissement sans répit, dans un contexte de fragilité et souvent de solitude. À un stade évolué, la maladie affecte la liberté d’agir pour soi et pour les autres, elle met en péril l’expression, la faculté de compréhension et la décision. La maladie d’Alzheimer se distingue d’autres maladies par le cumul et l’accélération des dépendances et des vulnérabilités. Plus qu’une pathologie, elle apparaît donc comme un enjeu de société prioritaire. Notre modèle social et ses valeurs sont interrogés.

Le plan Alzheimer 2008-2012 ambitionne une mobilisation des solidarités et des compétences. Comment penser les choix politiques face à ce phénomène complexe, évolutif, actuellement non maîtrisable : près de 900 000 personnes malades en France (12 millions de personnes concernées), 5, 5 millions au plan européen (10.7 en 2040) générant un coût de l’ordre de 80 milliards d’euros ? Quels dispositifs mettre en oeuvre afin de sauvegarder les droits des personnes malades et de leurs proches au sein de la cité, de renforcer les conditions d’une vie digne en institution ? Au moment où la France réfléchit aux orientations qu’elle souhaite donner à sa politique de la dépendance, la maladie d’Alzheimer nous confronte aux décisions qui s’imposeront à nous demain.

À la veille de la Journée mondiale Alzheimer, avec l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer la Fondation pour l’innovation politique organise au Ministère de la Santé une soirée de réflexion : « Où ai-je la tête ? Alzheimer, dépendance et vulnérabilité. » Cette rencontre associera les meilleures compétences afin d’évoquer les approches souhaitables et possibles des situations de dépendance et de vulnérabilité qui sollicitent d’autres expressions de nos solidarités.

En raison d’un nombre limité de places, l’inscription est obligatoire à l’adresse : ouaijelatete@fondapol.org avant le 16 septembre. Pour des raisons de sécurité, la confirmation qui vous sera envoyée à la suite de votre inscription vous sera demandée à l’entrée et une pièce d’identité sera exigée à l’entrée.

Lieu du colloque :
Ministère de la Santé-Auditorium
8 avenue de Ségur
75007 Paris

Les internautes pourront participer au débat via Twitter en utilisant le tag #alzh

Programme 20 septembre 2011


18h00 – Accueil


19h00 – Ouverture

par Emmanuel HIRSCH, directeur de l’Espace national de réflexion éthique sur la maladie d’Alzheimer

19h10 – Discussion-Débat

animé par Emmanuel HIRSCH

Jean-Claude AMEISEN, professeur d’immunologie, membre du Comité consultatif national d’éthique, producteur à France Inter

Fabrice GZIL, responsable du pôle études et recherches de la Fondation Médéric Alzheimer

Corine PELLUCHON, philosophe, maître de conférences à l’université de Poitiers, spécialiste de philosophie politique et d’éthique appliquée

Bernadette PUIJALON, maître de conférence en anthropologie, université Paris-Est Créteil

Dominique REYNIÉ, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique

20h30 – Clôture

Roselyne BACHELOT-NARQUIN, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale

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