Chronique de Julien Damon, parue dans Les Échos le 6 mai 2016, dans laquelle il présente l’étude en deux volets que la Fondation pour l’innovation politique a consacré au phénomène des « zadistes » : Les zadistes (1) : un nouvel anticapitalisme et Les zadistes (2) : la tentation de la violence de Eddy Fougier.

Idée : Le phénomène zadiste mérite bien une étude fouillée. La Fondation pour l’innovation politique, sous la plume d’Eddy Fougier, fait le point sur l’action, les revendications, les addictions des zadistes. Ces militants, acceptant ou rejetant l’appellation « zadiste » (souvent avec un vocabulaire gauchiste fleuri), occupent, peu pacifiquement, les ZAD. Ces « zones à défendre » sont un nouveau développement du sigle d’urbanisme « zones d’aménagement différé », ainsi qu’un nouveau développement de luttes au nom de l’écologie. Puisqu’il s’agit de défendre, la violence peut s’avérer nécessaire, jusqu’à transformer les zadistes en « éco-guerriers » Avec les perspectives et les réalités de sombres dérives.

Intérêt : Travaillés et attirés par la violence, les zadistes ont d’incontestables capacités de nuisance. Leurs activités, condamnées policièrement, célébrées dans de nombreux cercles radicaux, tolérées difficilement, sont à saisir comme une transformation des modes de protestation et de revendication. Et on les retrouve aujourd’hui dans les manifestations, avec un cortège de violence qui surprend, pour des exigences exprimées au nom de hautes valeurs, mais en contradiction avec la démocratie électorale et les voies habituelles de l’intérêt général. D’autres auteurs les ont baptisés les « Khmers verts ».

Julien Damon est professeur associé à Sciences Po et membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique.