Neuf ans après son lancement, près d’un Français sur deux estime que l’euro est « plutôt une mauvaise chose ».

Les Français, comme la Finlande, l’Allemagne ou la Slovénie, sont ils tentés par le repli sur soi ? Selon une étude publiée par TNS Sofres pour la Fondation pour l’innovation politique à l’occasion de la Journée de l’Europe du 9 mai, la défiance vis-à-vis de l’Union européenne gagne du terrain. Près de dix ans après son lancement, l’euro est vécu « plutôt comme une mauvaise chose » par 47 % des 1.500 sondés, contre 50 % qui pensent qu’il s’agit « plutôt d’une bonne chose ». Mais 82 % estiment que le coût de la vie en France est plus élevé à cause de l’euro. « Les Français assimilent l’euro à leur sentiment de perte de pouvoir d’achat et d’augmentation du coût de la vie. L’Union européenne est d’autant plus un bouc émissaire que ce sentiment est entretenu par les partis populistes qui prônent la sortie de l’euro et utilisent la peur de la mondialisation », explique Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman. Même s’ils restent euroconfiants (67 % veulent conserver l’euro), les Français sont partagés sur les effets de TUE sur leur vie quotidienne. La moitié (52 %) jugent qu’elle accentue le problème de l’immigration en France, augmente le chômage (48 % contre 50 % qui ne le pensent pas) et affaiblit la protection sociale (45 %).

PLUS SOLIDAIRES

Néanmoins, si en Finlande le débat sur l’aide aux pays en difficulté fait rage, les Français restent eux solidaires. 59 % des sondés approuvent ces aides « même si cela représente un coût pour les Français », contre 39 % qui pensent que « la France n’a pas à payer pour les autres pays de TUE car ils sont responsables de leur situation ». « Contrairement aux pays du nord de l’Europe qui sont très attachés à la bonne gestion de leurs finances, les Français sont plus solidaires car ils imaginent qu’ils pourraient eux aussi bénéficier de l’aide un jour », analyse Dominique Reynié, directeur général de la Fondation pour l’innovation politique. Malgré les difficultés, TUE suscite toujours la confiance. « L’espoir » est le sentiment qui arrive en tête (29 %) lorsqu’ils pensent à l’UE.

Sylvain ROLLAND

Article paru dans La Tribune, le 10 mai 2011