Entretien de Robin Rivaton paru dans Le Progrès le 25 octobre 2014.
Dépression, chômage, suicide : dans un environnement plombé qui fait la part belle au « mal français », Robin Rivaton prend le contre-pied. Et fait le buzz avec son premier ouvrage dans les médias nationaux. Cet économiste de 27 ans est originaire d’Unieux…

Depuis la sortie de son de plus en plus sollicité pour des livre, début octobre, on le voit et on l’entend partout Le Parisien, France Info, l’Express, HFM TV s’arrachent ce jeune économiste de 27 ans. Membre du conseil scientifique de la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol) . Et originaire d’Unieux !

Le Progrès : Quel a été votre parcours depuis la Loire ?

Robin Rivaton : Après le lycée Albert Camus à Firminy, j’ai fait l’institut d’études politiques de Grenoble, puis Sup de Co et Sciences Po à Paris. Je suis aujourd’hui chargé de mission du PDG dans une entreprise aéroportuaire.

Le Progrès : Comment est venue l’idée d’un premier livre ?

Robin Rivaton : Depuis mes 25 ans, j’écris pas mal de tribunes dans les grands quotidiens.  Je suis également de plus en plus sollicité pour des passages médias. J’ai sorti « La France est prête » (Ed. Les Belles Lettres) le 2 octobre.

Le Progrès : Un ouvrage qui fait le buzz, en tordant le cou au cliché d’une France en déclin ?

Robin Rivaton : J’ai voulu dire « stop » au french bashmg : non, les Français ne sont pas pessimistes ! En fait, ils ont fait une sorte de révolution culturelle, mais elle est passée un peu inaperçue. Ils se sont ouverts au monde, à l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, malgré les idées reçues, la France est le premier pays où le plus de gens veulent devenir entrepreneurs. Nos concitoyens sont 17 % à vouloir créer une entreprise, contre 3% en 2002 !

Le Progrès : Selon vous, le fameux « mal français » aurait disparu ?
Quand on demande à nos compatriotes de qualifier leur pays, il y a un malheur collectif. Et il est vrai que ça va plutôt mal au niveau de la France. On ne peut pas aller contre les chiffres. Mais quand on interroge les gens individuellement, on constate qu’ils sont plutôt optimistes sur leur situation personnelle. Il y a de l’espoir !

Le Progrès : Vous citez, au rang des problèmes de la France, « l’incapacité de l’État ». Pourquoi ?

Robin Rivaton : Je pense que l’État fait beaucoup de choses, bien plus qu’il ne devrait en faire. Et quand on se disperse, on fait mal. Pour moi, sa principale mission doit rester l’éducation, qui est aujourd’hui une véritable bombe, fl faut que nos gouvernants se recentrent sur ce domaine, ainsi que sur une fiscalité la plus indolore possible et les missions régaliennes telles que police, justice.

Le Progrès : Cela signifie-t-il que l’État doit sortir du champ de l’économie ?

Robin Rivaton : Oui, car il n’est pas compétent. Il faut laisser vivre les gens qui veulent créer leur entreprise, au lieu de leur mettre des bâtons dans les roues. Il y a 4 millions de personnes qui dirigent une entreprise dans ce pays. Et on peut estimer que 4 millions d’autres veulent le faire !

Le Progrès : Le sous-titre de votre livre est « Nous avons déjà changé ». Depuis quand ?

Robin Rivaton : La révolution culturelle dont je parle s’est faite dans les années 2000, et s’est accélérée avec la crise de 2009. Je pense que la majorité est désormais convertie à un certain réformisme. J’en veux pour preuve le fait qu’aujourd’hui, un Français sur deux ne vote pas!