La polémique autour  de la suppression du jour de carence dans la fonction publique se poursuit avec, hier, une publication de Bernard Zimmern sur le site contrepoints.org remettant en cause les chiffres de l’enquête emploi de l’INSEE. C’est là une initiative rare dans un pays qui, d’ordinaire, ne questionne pas les résultats de son institut statistique.

Des chiffres contradictoires

Faisant état d’une « quasi-égalité pour l’absentéisme maladie entre public et privé», l’INSEE entre en contradiction avec les bilans sociaux des administrations selon lesquels cet absentéisme serait 50 à 100% plus élevé dans le public.

Afin d’illustrer cette divergence, voici les tableaux extraits de l’article de M. Zimmern :

INSEE, « absentéisme pour raisons de santé » (la sienne ou celle des enfants) :


Taux d’absentéisme pour raison de santé, hors maternité, des bilans sociaux par administration :


A cet imbroglio de chiffres contradictoires vient s’ajouter une étude de la Dares[1] (Dares Analyses N°9 février 2013), service statistique ministériel rattaché à l’INSEE, reprenant les publications de ce dernier. C’est, d’ailleurs, sur la base de cette étude que la Ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, fonde son argumentaire en faveur de la suppression du jour de carence.

L’interprétation alternative

L’entreprise de Bernard Zimmern dans cette affaire, illustre la difficulté bien connue de la sémantique statistique. Sa décision de privilégier –pour des raisons qu’il explique- les bilans sociaux face aux publications de l’INSEE donne un nouveau jour à la polémique et alimente, objectivement, l’argumentaire des détracteurs de l’initiative gouvernementale. De ce point de vue, les conclusions sont simples : soit la fonction publique augmente de 50 à 100% les « chances » d’être malade, soit les chiffres de l’INSEE sont faux.

Julien De Sanctis