Toute l’actu publie un article concernant la note de C. Schmuckle-Mollard et W. Mitroffanoff sur la valorisation du patrimoine.

Comment valoriser le patrimoine au XXIème siècle : une analyse de la Fondapol

Les dernières émulations produites par le sort de l’Hôtel de la Marine a inspiré des cellules de réflexion sur les stratégies de valorisation du patrimoine, que la France doit repenser. Parmi ces think tanks, la Fondation pour l’innovation politique a publié une note en ligne livrant son analyse sur la question.

Intitulée « Valoriser les monuments historiques : de nouvelles stratégies », cette note est rédigée par W. Mitrofanoff, ancien président de l’Académie d‘architecture, et C. Schmukkle-Mollard, architecte en chef des monuments historiques. Après avoir expliqué à quel point le patrimoine est chargé d’une valeur symbolique aux yeux des français, les auteurs insistent sur la nécessité de convertir les monuments, au-delà de simples lieux de mémoire, en des lieux vivants vecteurs du rayonnement culturel français à l’étranger.

Pour ce faire, les auteurs déterminent trois critères à l’aune desquels le projet de valorisation d’un monument doit être examiné. D’abord, il convient de définir la nature du projet. Il ne s’agit pas de se contenter, quand on restaure un lieu, de reconstituer son état historique originel. Il faut lui redonner une âme, prolonger son histoire tout en actualisant son usage passé. C’est à cette condition que la valorisation du patrimoine, construit sur un projet durable car à la fois respectueux de l’histoire et inscrit dans le présent,  sera intelligente.

Ensuite viennent les décisions relatives aux partenaires éventuels susceptibles de participer à l’élaboration du projet, qui peuvent être des partenaires privés. Enfin il est nécessaire,  soit de créer, soit de choisir parmi les instruments juridiques existants, des outils juridiques qui protègent l’intégrité du bâtiment.

Parce que l’Hôtel de la Marine cristallise tous les enjeux patrimoniaux qui peuvent se poser aujourd’hui, les auteurs en ont fait un objet d’étude, souhaitant que la commission qui doit statuer de son sort pèse les avantages et les risques liés à certains projets qui répondent aux critères de valorisation définis dans la première partie de la note.

Le cas de l’Hôtel de la Marine a conduit à créer un nouveau bail emphytéotique, le BEA (Bail emphytéotique administratif de valorisation) qui permet à l’état de contrôler l’activité du locataire tout en lui accordant en contrepartie des droits réels, nécessaires à l’obtention de crédits bancaires indispensables à la conduite d’opérations de grande ampleur. Ce bail correspond à l’exigence d’intégrité car il diffère d’un bail emphytéotique classique par lequel un propriétaire n’a aucun droit de regard sur l’activité du locataire.

Concernant la nature du projet, les auteurs appellent de leurs vœux un projet qui s’éloigne de la création d’un nouveau musée, pour plusieurs raisons : d’abord parce que Paris dispose de suffisamment de musées dédiés à un grand nombre de cultures et de civilisations. Ensuite parce que une telle conversion ne servirait pas les desseins  du rayonnement culturel français.

Si à aucun moment la note ne fait de références explicites  aux partenaires privés envisagés,  il semble néanmoins que le projet La Royale du groupe Allard se soit efforcé de mettre au point une proposition qui fasse écho aux trois critères énoncés par W. Mitrofanoff et C. Schmukkle-Mollard. Souscrivant au BEA, le projet envisage de respecter l’esprit initial de l’ancien garde-meuble en y établissant un nouveau pôle de création, qui signalerait de nouveau la force culturelle et artistique de la France sur la scène internationale.