L’Europe n’a pas le droit de faire une pause, car l’euroscepticisme s’installe dans l’opinion publique et même au sein de divers gouvernements. Dans le contexte d’une mondialisation accélérée, la spécificité de l’Union européenne est en effet devenue plus difficilement perceptible. Les citoyens européens sont ainsi contraints à une sorte d’identification par défaut, avec des institutions lointaines, dans lesquelles ils voient surtout une source supplémentaire de contraintes et de coûts. La tentation est donc grande d’oublier l’Union, dossier qui fâche ou, pire, ennuie. Il serait impardonnable de céder à cette tentation.Dans l’immédiat, il faut s’attacher à donner une plus grande visibilité aux questions sur lesquelles peut se manifester rapidement un consensus entre les Vingt-Cinq.
Pour contribuer au débat, la Fondation pour l’innovation politique présente une série de propositions – disponibles sur son site Internet – dans quatre domaines qu’elle juge prioritaires : la relance civique, le budget, la fiscalité, la sécurité. Elle a demandé aux membres de son Comité de réflexion sur l’Europe, représentatifs de la diversité européenne, de livrer leurs réflexions personnelles sur ces quatre sujets. Les regards croisés ainsi obtenus, et que reprend cette Lettre, nous rappellent que de sérieuses différences de point de vue perdurent sur des questions telles que l’harmonisation fiscale ou le développement d’une défense commune.
Pour être efficace et servir l’intérêt commun, la discussion doit donc d’abord se concentrer sur les questions pour lesquelles existent des intérêts partagés et une certaine convergence des positions nationales. La relance civique et un effort résolu pour tirer davantage parti du marché unique constituent déjà, à la lumière des positions dont rend compte cette Lettre, deux axes prioritaires pour l’action.