Les inégalités de développement économique régional se creusent depuis plusieurs années en France. Elles sont partiellement corrigées par un Etat providence redistributeur, cependant de plus en plus contraint. A quelques jours des élections régionales, la Fondapol a souhaité recentrer le débat actuel en se concentrant sur les compétences de la région, notamment en matière de développement économique.
Rédigée par Nicolas Bouzou, directeur d’Asterès et directeur d’études à l’École de droit et de management de Paris-II-Assas, la note intitulée Renforcer le rôle économique des régions, met en évidence le lien entre décentralisation et performances économiques et milite pour que l’Etat transfère de nouvelles prérogatives aux collectivités locales. Elle prône également une plus forte décentralisation de la politique économique française et un renforcement des régions via une augmentation de leur budget et le développement de leur autonomie fiscale.
En effet, les régions françaises, dont la population et le PIB sont supérieurs à de nombreuses régions européennes, disposent d’un budget beaucoup plus faible. Elles n’engagent que 11,2 % des dépenses des collectivités locales et ne perçoivent que 9 % de la fiscalité locale.

Pour qu’elles contribuent davantage et mieux à la croissance de l’économie nationale, Nicolas Bouzou propose de renforcer leurs fonctions traditionnelles (développement économique et formation professionnelle) et de les doter de « compétences spéciales ». Et à ceux qu’une augmentation des dépenses des régions – et par conséquent un alourdissement des impôts locaux – effraieraient, l’auteur répond qu’il ne s’agit pas d’ajouter de nouvelles missions aux collectivités publiques mais bien de transférer vers les régions des compétences de l’Etat et, sans doute, des départements.
L’efficacité économique a tout à gagner d’une plus grande coordination entre la région, l’Etat et l’Europe.

Nicolas Bouzou est l’auteur de plusieurs notes pour la Fondation pour l’innovation politique :