Entrée en vigueur le 30 juin 2020, soit la veille de l’anniversaire de la rétrocession de Hongkong à la Chine (1er juillet 1997), la loi de sécurité nationale (LSN) vise à intimider la société civile hongkongaise et à supprimer toute contestation. De nouveaux « crimes » sont désormais lourdement punis. Certaines dispositions vont très loin dans l’insécurité juridique. Directement subordonnées à Pékin, de nouvelles institutions de sécurité chargées de traiter ces « crimes » ont été mises en place.

Les libertés publiques sont les premières à pâtir de cette nouvelle loi. La société civile hongkongaise balance entre résignation et contestation. Le monde des affaires et la place financière sont également peu à peu obligés de rentrer dans le rang. Limitées, les sanctions américaines ne devraient pas directement perturber le monde des affaires hongkongais. Mais la LSN peut affecter les milieux d’affaires à travers les risques sur la confidentialité des données et les pouvoirs exceptionnels dont jouissent désormais la police et les organes de sécurité de Pékin.

Pour autant, peut-on parler de la fin du principe « Un pays, deux systèmes » ? L’intégration complète de Hongkong à la Chine continentale semble peu probable. Cependant, le maintien d’une large autonomie de la Région administrative spéciale (RAS) est désormais exclu. Il semblerait que Pékin veuille exercer une plus grande emprise, directement sur la gouvernance et la société civile de Hongkong, ainsi que, indirectement, sur les milieux économiques et financiers. La LSN s’apparente à une « seconde rétrocession ».