Le christianisme va-t-il mourir sur les lieux qui l’ont vu naître ? Les chrétiens d’Orient sont-ils condamnés à disparaître ? Mais qui sont-ils vraiment ? Pourquoi leur situation immémoriale est-elle devenue subitement intenable ? Pourquoi leur cause n’est-elle pas particulariste mais universelle ? Pourquoi faut-il la préserver des pulsions émotionnelles et des récupérations identitaires ? En quoi leur exode marque-t-il une catastrophe de civilisation et un coup létal à la biodiversité culturelle ? Quel est le nom de leur malheur pour euxmêmes, pour le monde musulman, pour l’Europe ? Et pour la France, leur ancienne protectrice, qui semble les avoir abandonnés ? À l’heure du choc entre les empires et les fanatismes, n’est-il pas urgent que Paris réinvente une politique méditerranéenne fondée sur les droits historiques de ces médiateurs des origines qui comptent parmi les premiers sacrifiés de la mondialisation ? Au carrefour du religieux et du politique, telles sont, entre autres, les questions auxquelles cette note apporte des réponses enfin éclairantes.

Cette note a été écrite par Jean-François Colosimo, philosophe, théologien, président de l’Institut orthodoxe de Paris et directeur des éditions du Cerf.