Les méthodes de modification du génome sont intimement liées à l’histoire des hommes, depuis les premiers balbutiements de l’agriculture au néolithique jusqu’au développement des thérapies géniques au cours du XXe siècle. À présent, les techniques employées sont issues des biotechnologies (transgénèse, mutagénèse, ainsi que les nouvelles techniques d’édition du génome regroupées sous le vocable de NBT, pour new breeding techniques) et suscitent un débat sociétal empreint d’inquiétude ou de rejet idéologique.

Ces craintes sont-elles fondées ? En tout cas, les avancées scientifiques que propose cette approche biotechnologique méritent d’être prises en considération, tout particulièrement en matière de santé. Aujourd’hui, la mondialisation fait que les santés, qu’elles soient humaine et animale, végétale ou environnementale, sont interdépendantes et peuvent être réunies dans le concept One Health : une seule santé, un seul monde.

Dans cette note, nous examinons les enjeux réglementaires, actuels et futurs, concernant les organismes génétiquement modifiés (OGM) et les produits d’édition du génome (OGE), ainsi que l’incidence géopolitique résultant de la défiance qui, dans certains pays, accompagne l’apparition de ces biotechnologies.

Cette note a été écrite par Catherine Regnault-Roger, professeur des universités émérite à l’Université de Pau et des Pays de l’Adour (Iprem UMR CNRS 5452), membre de l’Académie d’agriculture de France, membre correspondant de l’Académie nationale de Pharmacie, membre du comité scientifique du Haut Conseil des biotechnologies.