Sur la base de travaux académiques, cette étude rappelle que les choix de localisation de sites de production sont généralement créateurs de richesse. Les relocalisations industrielles observées depuis quelques années dans les pays développés pourraient s’accélérer sans que les pouvoirs publics interviennent. Le pouvoir de décision des chefs d’entreprise en la matière doit être préservé, notamment pour des raisons d’efficacité économique. Par ailleurs, les relocalisations industrielles favoriseraient la décarbonation de l’économie mondiale. L’effet ne serait toutefois pas sensible quantitativement. Une concurrence devrait émerger entre pays européens pour accueillir les relocalisations industrielles. Elle appelle des mesures tangibles de soutien à l’industrie et à l’attractivité en France. Enfin, les pouvoirs publics nationaux et européens ont un rôle à jouer pour relocaliser l’actionnariat de nos industries. Des entreprises non européennes peuvent bénéficier d’aides de leur État d’origine, ce qui facilite leur prise de contrôle d’entreprises européennes. La défense de la souveraineté industrielle en Europe tirerait aussi profit de l’émergence de « champions européens », fût-ce au prix d’une limitation de la concurrence en Europe.

 


Cette étude est la quatrième de « Relocaliser – Décarboner – Rapatrier », la nouvelle série de la Fondation pour l’innovation politique. Elle a été écrite par Frédéric Gonand, Professeur d’économie à l’université Paris-Dauphine-PSL.