L'économie de la connaissance est-elle un modèle d'avenir pour la France et l'Union européenne ?

La Lettre de la Fondation mercredi 15 décembre 2004
De septembre à novembre 2004, la Fondation pour l'innovation politique a consacré un cycle de tables rondes à l'économie de la connaissance, avec la conviction que cette question - même si ses contours peuvent paraître flous - est vitale pour l'avenir de notre société. Chacun conçoit que la maîtrise des actifs immatériels, la capacité d'innovation, la rapidité et l'abondance de l'information sont des facteurs de dynamisme et de rayonnement.

Avec l'optimisme qui régnait en 2000, le sommet de Lisbonne a fixé un agenda très ambitieux : en dix ans, l'Europe devait "devenir l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde". A la moitié du chemin (2005), la réalité des choses apparaît nuancée : l'écart de croissance entre les Etats-Unis et l'Europe continue de se creuser avec des divergences spectaculaires en matière de création d'emplois, d'innovation technique et de pénétration des TIC.Toutefois, la mise en oeuvre de l'agenda de Lisbonne ne saurait apparaître comme un objectif irréalisable : entre autres indices, le développement rapide de l'équipement des ménages et des services Internet en France atteste des progrès accomplis.

La difficulté qu'éprouvent certains Etats membres de l'Union européenne, notamment la France, à réformer leur gestion publique freine cette nécessaire évolution. A l'inverse, l'exemple suédois illustre la contribution positive d'une administration retrouvant le sens du service et de la productivité. Le tableau est également contrasté dans le domaine des TIC, où des freins culturels et institutionnels retardent la transformation du secteur productif et de l'administration publique.

Pourtant, l'agenda de Lisbonne demeure à l'ordre du jour : la mid-term review de 2005, préparée par le rapport de l'ancien Premier ministre des Pays-Bas,Wim Kok, sera l'occasion de relancer les réformes.Trouver des méthodes plus efficaces, utiliser des relais d'opinion et d'action au sein des Etats membres peut contribuer à redonner de l'éclat à un programme qui a gardé toute son actualité. C'est, par exemple, avec ce souci pratique que la Fondation pour l'innovation politique présente et soutient un projet d'université virtuelle francophone associant les technologies de l'information à la diffusion des connaissances.

Plus largement, à l'heure d'une concurrence mondiale toujours plus vive en matière de savoir, de formation et de technologie, il faut porter une attention particulière aux réformes que les grands pays en développement - au premier rang desquels figure la Chine - mettent actuellement en place afin de promouvoir les compétences indispensables à la croissance économique.