Les Européens et la Russie

Compte rendu Compte rendu des tables rondes du 10 février 2005 jeudi 17 février 2005
La définition d’une politique européenne envers la Russie est un travail qui ne fait que commencer. Les évolutions récentes des relations entre la Russie et l’Europe soulèvent plusieurs questions, parmi lesquelles trois nous préoccupent particulièrement en France. La première concerne la qualité de l'intégration de la Russie dans la gestion des crises. La deuxième concerne la crédibilité des options économiques proposées par l’Europe, telles qu’elles se définissent entre l'Accord de partenariat et de coopération, d’un côté, et l'Espace économique européen commun, de l'autre.

Enfin, nous sommes obligés de réfléchir entre Européens à la qualité du mécanisme de consultation avec la Russie. Est-ce que les sommets suffisent ? Les Russes ne devraient-ils pas être associés plus avant, sur certains points, au dialogue politique avec l'Union européenne ? Les relations bilatérales classiques gardent un avantage certain, mais c'est d'abord à un dialogue multipartite entre Européens qu’il faut soumettre ces questions. Parler de la Russie, c'est d’abord, aujourd'hui, parler entre Européens de ce que nous pouvons faire avec la Russie.

Ce sont des questions importantes qu'on ne peut pas traiter par prétérition. Ce sont aujourd'hui des questions qui attendent en Russie un certain nombre d'éclaircissements de la part de tous les Européens, et de la part des chercheurs en Europe un peu plus de créativité. Il s’agit en effet de ne pas laisser déstabiliser la relation entre la Russie et l’Union européenne par une compréhension insuffisante des évolutions actuelles des deux ensembles, qu’il s’agisse de la politique intérieure et extérieure russe ou de l’élargissement de l’Union. Il est urgent aussi de donner de la substance à la relation entre la Russie et l’Union, en intensifiant les échanges et en donnant du contenu aux mécanismes qui ont été mis en place. Enfin, il importe d’éviter le tourisme diplomatique à l’égard de la Russie et de « jouer » collectivement, en tant qu’Européens, afin de nous donner les moyens de construire une nouvelle Ostpolitik de l’Union cohérente et convaincante.