Veille nouvelles pratiques politiques du 2.zéro
Mars 2010
jeudi 11 mars 2010Une tentative notable menée par l'UMP dans le cadre de la campagne aux élections régionales. Cette page propose à son visiteur une vidéo d'un meeting de Xavier Bertrand et lui suggère ensuite de l'envoyer à son réseau de relation non seulement en utilisant ses comptes de réseaux sociaux (twitter, facebook, etc.), mais aussi en "aspirant" ses contacts sur ses adresses s'il dispose d'un webmail (gmail ou hotmail) en personnalisant la vidéo (y ajouter un nom, un prémon et une photo). Cette initiative, pour intéressante que soit, reste pourtant assez littérale dans les usages qui peuvent être décliner autour de ce type de dispositif vidéo et de ses fonctions virales car il s'agit au final que de la circulation d'une vidéo. Plus intéressante sans doute aurait été la démarche consistant à proposer aux soutiens de l'UMP de produire eux-même du contenu.
jeudi 11 mars 2010Un article particulièrement intéressant de Transnets qui nous alerte sur la tentation que nous avons tous d'associer de manière trop unilatérale la diffusion des Technologies de l'Information et de la Communication et la démocratisation des sociétés contemporaines. Reprenant les analyses du chercheur et chroniqueur Euvgeny Morozov. D'après lui, "les dictateurs et fanatiques peuvent, eux aussi, nous inonder de tweets, se servir de Facebook et de YouTube et ils le font avec un art et une maîtrise croissants". Cet article développe quelques exemples qui plaident en faveur d'une certaine prudence qui doit présider à toute réflexion sur ces questions à commencer par l'idée que "dans de nombreux cas dont la Biélorussie, l'Iran, la Chine, l'utilisation du web par les gouvernements a dépassé l?usage des contestataires", transformant un outil d'émancipation ou de résistance en outil de surveillance et de répression des opposants.
mardi 09 mars 2010Un article extrait du site Zdnet sur les usages des réseaux sociaux dans l'armée française. Alors qu'aux Etats-Unis, après de longues hésitations, le Département de le Défense vient d'autoriser les militaires américains à s'inscrire sur des réseaux sociaux tels que Twitter ou Facebook, on apprend qu'il n'y a jamais eu d'interdiction formelle en France ; les soldats français étant simplement encouragé à respecter le devoir de réserve. Cette tolérance s'explique par la prudence qui consiste à séparer les réseaux : D'un côté un intranet de l?armée accessible uniquement depuis certains postes dépourvus de connexion Internet. De l?autre, des ordinateurs connectés depuis lesquels le personnel militaire peut accéder aux sites et services grand public.
Cet article nous apprend par ailleurs que l'armée réfléchit à l'opportunité de se doter d?un réseau social sur l?intranet du ministère de la Défense.visant à créer des communautés d?intérêt, dans le domaine de la sécurité par exemple.
lundi 08 mars 2010Un article informé du Boston Globe qui insiste sur le rôle joué par la vidéo dans toute une génération de jeunes activistes. Pour tous ces jeunes, la vidéo apparaît comme un forum d'expression plus facile à utiliser que le texte et plus attrayant pour mobiliser en faveur d'une cause. Il cite de nombreux exemples dans lesquels la vidéo est apparue comme un outil d'expression ou de levée de fond : d'une façon ou une autre, explique le journaliste, si la cause vise le secours aux victimes du tremblement de terre qui a ravagé Haïti, à la protection de l'environnement ou le soutien populaire à un candidat politique, etc., une image vaut mille mots.
samedi 06 mars 2010Un article intéressant de Vincent Glad sur l'échec de la stratégie vidéo des différents partis politiques français durant la campagne pour les élections régionales. Cet article souligne pour l'essentiel la disproportion entre les sommes investie par les candidats dans leur campagne officielle et la faiblesse de leur audience. Le prochain article, intitulé "UGC 4 Politics ! De l?empowerment au campaigning" que nous allons publier sous peu dans la rubrique "Innov@tion Théorie" du site Fondapol, tentera de montrer que la simple mise en ligne d'une vidéo, loin d'être une condition suffisante pour mener une campagne sur ce genre de support, nécessite d'autres conditions dans lesquels les internautes jouent un rôle actif. C'est sous c'est angle,en étudiant le rôle de la vidéo durant la campagne présidentielle d'Obama, que nous avons tenter d'éclairer le rôle "d'empowerment" qui peut découler d'un usage politique de la vidéo.
vendredi 05 mars 2010Acronyme en argot Internet et SMS de l'expression "mort de rire" ("Laughing out loud"), l'expression "LOL" est depuis quelques jours fortement mobilisée pour décrire les nouveaux répertoires d'action qui s'invitent dans la campagne des élections régionales. Comme le souligne le chapo de cet article de Libération, avec "des distributions, en vrac, de faux billet, faux titres de transport gratuits, préservatifs siglés, happening décalés, clips humoristiques, hotline, les équipes de campagne sont prêtes à tout pour marquer le coup, marquer les imagination et faire rire". On notera le travail particulièrement actif et inventif de la liste Europe Ecologie avec son Ministère de l'Ecologie de Droite et ses vidéos parodiques (http://www.ministeredelecologiededroite.fr/) et le site intitulé "les aventures fantastiques de Superecolo" (http://www.superecolo.org/).
jeudi 04 mars 2010Le premier volet d'une série d'articles qui fait le point sur la manière dont Internet a bousculé les formes de communication politique et les méthodes de "campaigning" en France dans le sillage des dernières élections américaines. On notera que cet article souligne fortement l'importance jouée par la vidéo. Si l'on apprend beaucoup de choses particulièrement importantes dans cet article (notamment la chronologie des campagnes et la typologie des acteurs), on regrettera néanmoins qu'il reste à un niveau très anecdotique sans nous permettre de comprendre le rôle que ces nouveaux types de campagnes peuvent avoir et les raisons de leur succès. Autre défaut de cet article, celui de ne prendre la question des campagnes sur Internet que sous l'angle de la légalité sans prendre véritablement au sérieux le rôle de mobilisation que peuvent avoir ces nouveaux outils.
Février 2010
jeudi 18 février 2010Avant la publication dans " Inn@vation Theorie" d'un article consacré aux enjeux de la vidéo dans les campagnes politiques, cette étude statistique sur YouTube fournit des éléments de mesure des pratiques des plus intéressants. En décembre 2009, ce sont 33.2 milliards de vidéos qui ont été vues (ComScore and Nielsn). L'institut Symosos a pour sa part analysé 2.5 millions de vidéos ainsi que les blogs sur lesquels elles étaient exportées entre juillet/décembre 2009. Il s'avère que la catégorie musique est la plus populaire ; que la durée moyenne d'une vidéo est de 4 minutes et 12 secondes ; que le nombre moyen de vues est de 99, 160 fois ; que les blogs moins visités embeded plutôt la musique et le divertissement tandis que les bloggeurs dits influents relayent plutôt les vidéos d'actualités et autour de la politique et enfin que ce sont les 20/35 ans qui embent le plus de vidéos (57% dans ce groupe démographique). La vidéo comme nouveau texte de la participatory culture ?
jeudi 18 février 2010Membre de l'équipe du dispositif de cartographie de crise, Ushaidi, Juliana Rotich, évoque le futur de la technologie en Afrique au festival annuel des cultures digitales à Berlin, Transmediale. Elle rappelle notamment, en se basant sur le travail de Hans Rosling et du site http://www.gapminder.org/ qui permet de visualiser des sets de données statistiques publiques remettant en cause le mythe du tiers monde en matière de développement technologique, que l'Afrique est par exemple la première zone d'usage de la monnaie mobile. L'âge de la participation avec les blogs et les réseaux sociaux s'y accomplit avec des services proches de Twitter (Naija Pulse/Laconica) ou des agrégateurs de blogs comme Global Voices. Le câble sous-marin Seacom installé en septembre 2009 rend le partage des vidéos sur Youtube plus aisé. Dans un monde de flux migratoires et médiatiques, le futur de l'Afrique apparait de fait plus que jamais chevillé aux technologies de communication.
jeudi 18 février 2010Le 12/02/2010 se déroulait la manifestation hebdomadaire des habitants de Biline contre le « mur de séparation". Parmi les manifestants, cinq militants palestiniens, israéliens et internationaux, se sont déguisés comme les personnages du film "Avatar". A cette occasion, une vidéo a été réalisée remixant les images de la manifestation et des extraits du film. Notons qu'un autre remix du film de Cameron, d'une très bonne facture technique, a aussi été posté sur YouTube au sujet de la fermeture d'une école au Havre : http://bit.ly/dpEX5M. D'autres remixes suivront certainement, à l'instar du détournement de la dernière séquence de "La chute d'Hilter". Le film "Avatar" et son succès mondial semble pouvoir fournir un pattern narratif commun à différentes luttes et conflits permettant ainsi une co-élaboration d'un schème interprétatif universel entre colonisation et résistance que donne à voir à partager et à diffuser la plate-forme YouTube, qui apparait plus que jamais tel un mediascape.
jeudi 18 février 2010Comment continuer à développer l'innovation technologique dans un processus durable dès lors que le devenir climatique critique de notre planète oblige à revoir une certaine conception énergétivore de la croissance des précédents âges industriels? Les problématiques développées dans cet entretien avec Anil Gupta, spécialiste reconnu des innovations venant des millions de pauvres économiquement mais non dénués de capacité d'invention, amènent des réponses stimulantes à ce questionnement. Ce sont les innovations que d'autres économistes ont désigné comme "bottom up" (E.Van Hippel) qu'Anil Gupta souhaite "polleniser", en formant leurs inventeurs pour développer et promouvoir leurs objets, recettes, idées. Et parce qu'elles émanent d'utilisateurs et de consommateurs, qui vivent de fait dans une raréfaction des ressources mais en combinant une abondance de connaissances en tout genre, ce sont solutions durables qui en adviennent naturellement.
lundi 15 février 2010Annoncés comme la panacée qui non seulement permettrait aux militants de s'approprier Internet, mais aussi de revivifier la politique, les réseaux sociaux de partis, de sensibilités ou de courants politiques commencent à montrer leur limites. C'est la cas du site Créateurs de Possibles, comme d'ailleurs celui de MyBO, site emblématique de la campagne de Barack Obama qui offre aujourd'hui un emploi de "Social Networks Manager" (http://my.barackobama.com/page/s/socnetsmanager). On peut même se demander si, en France où les groupes se structurent très peu autour de communautés, le réseau social est une option qui peut être utile pour les partis. Contrairement aux sites de réseaux sociaux à vocation généralistes (Facebook, Twitter, etc.) ces sites ad hoc ont le principal inconvénient d'enfermer les militants dans leur propre sphère plutôt que d'ouvrir leurs activités vers un public plus large. On parlerait là de "silo" social".
jeudi 11 février 2010Un article de la BBC qui rend compte d'un entretien avec Austin Heap, un activiste américain particulièrement actif, notamment sur Twitter (http://twitter.com/Austinheap) pour aider les dissidents iraniens à contourner la censure du gouvernement. Il montre comment tous les modes de stockage et de diffusion (du CD au téléphone mobile en passait par bluetooth) ont été mobilisés pour contourner un censure gouvernementale qui, au fur et à mesure du déroulement des événements, s'est organisée et est devenue de plus en plus efficace. Ce texte illustre la thématique de la guerre d'adaptation de part et d'autre qui caractérise les formes d'affrontements de cette cyber-guerre civile.
jeudi 11 février 2010Une initiative d'une ONG Sud Africaine qui a recours au téléphone mobile et notamment à la plateforme de Tchat MXit, particulièrement développé en Afrique du Sud, pour mobiliser la jeunesse en faveur de son avenir. Cette initiative incite les jeunes à participer à une manifestation virtuelle. La plateforme graphique mise en place d'inspire d'une autre manifestation virtuelle, la Netparade (http://www.euromayday.org/netparade/) qui avait été mise en place il y a quelques années dans le cadre du premier mai par le groupe italien Molleindustria (http://www.molleindustria.org). Cette exemple illustre le circulation au sein de cet infoscape que constitue l'Internet des formes, des genres qui concourent à mener des actions politiques.
jeudi 11 février 2010Si les exemples l'Iran et plus récemment d'Haïti nous montrent à quel point les Technologies de l'Information et de la Communication peuvent être utilisées pour le meilleur, pour se dresser contre la censure ou aider des populations aux prises avec la plus absolue des détresses, il convient de ne pas oublier qu'elles peuvent aussi être utilisée pour le pire en incitant à la haine entre les peuples ou les communautés, en diffusant les rumeurs les plus absurdes. Cet article d'Iafraca.com sur les usages des TIC et en particulier des SMS dans le conflit nigérien nous rappelle à cet impératif de prudence et de mesure en nous montrant comment se diffusent par sms les rumeurs ou les appels au meurtre entre communautés musulmanes et chrétiennes.
lundi 01 février 2010Un article du Washington Post qui tente de mettre en évidence les principales évolutions liées à la vidéo sur internet et aux sites de partage de contenu. La thèse essentielle avancée ici insiste sur l'idée que nous sommes dans un moment assez nouveau : l'augmentation du temps passé sur Internet et la dispersion du contenu provoqué par la multiplication des chaînes câblées conduit à prendre en compte de manière de plus en plus importantes les parts de marché de contenu vidéo sur Internet. Il apparaît néanmoins que la consommation de produits audiovisuels a cette spécificité qu'elle n'est statistiquement qu'à moitié recherchée (sur Youtube par exemple). C'est par hasard que le spectateur "tombe sur" les autres produits. Si l'on a pu croire que le "contenu était roi", c'est aujourd'hui le contexte (diffusion par twitter, facebook) qui est roi. Cette analyse doit nous inciter à réfléchir que le rôle des sites de partage vidéo en politique.
lundi 01 février 2010Après Google, c'est Twitter qui annonce son intention de lutter contre la censure du Net par le gouvernement chinois. Lors du forum de Davos, Evan Williams, actuel directeur exécutif du site de micro-blogging, a annoncé l'intention de Twitter de développer des outils pour contourner la censure. Nous avons pu l'observer à plusieurs reprises des événements en Iran de juin dernier au tremblement de terre à Haiti : Twitter joue un rôle non-négligeable dans la diffusion de l'information dans des contextes et des situations de crise ou de censure par des gouvernements. Comme le rappelle cet article, "son service, accessible par différents canaux (applications mobiles, sites de syndication...), le rend moins susceptible d'être frappé par la censure, à la différence des sites web d'opposants ou des forums d'activistes". Reste cependant que la censure et la surveillance des opposants nécessite que les responsables de ces plateformes garantissent à leurs utilisateurs un minimum de sécurité.
Janvier 2010
lundi 25 janvier 2010Cet article rend compte de l'actualité de certaines hypothèses émises en juin 2009 en Iran et l'investissement d'internet et du mobile pour témoigner, informer, s'organiser et solidariser le monde entier avec la fameuse "guerre des proxies" dont nous nous sommes fait l'écho. L'auteur parle ici d'une guerre civile iranienne qui prend comme terrain d'action de plus en plus radicalement le réseau Internet. Cette "guerre civile en ligne" met en scène différents collectifs : l'Iranian Cyber Army, qui a déclaré avoir détourné le trafic du moteur de recherche chinois Baidu créant un incident diplomatique entre les deux pays ou encore la Green Cyber Army, groupe lié aux partisans de Moussavi. Comme le signale l'article, cette "guerre civile online" favorise une culture du hacking amateur à l'intérieur du pays, mobilise des pratiques de crowdsourcing (photos mises en ligne et identifiées) et se déploie enfin au-delà des strictes frontières territoriales de l'Iran.
lundi 25 janvier 2010On parle beaucoup de divers projets européens et étatsuniens militant en faveur de la transparence. Depuis fin 2005, il existe au Kenya, un site dont la mission est de "garder un oeil sur le parlement du Kenya". Baptisé Mzalendo, qui signifie «patriote» en swahili, il a été conçu selon l'une de ses co-fondatrices, Ory Okolloh, après la fermeture du site web du parlement sur protestation de certains députés kenyans. L'objectif initial du Mzalendo, alors, était de fournir les informations de base qui, autrement, auraient été disponibles sur le site officiel du Parlement (réouvert depuis). Ce site émanant d'une initiative citoyenne africaine n'a cessé depuis de proposer des outils permettant un certain contrôle des députés de la part des représentés et permettre la participation des plus jeunes à la vie politique. Les utilisateurs peuvent laisser des commentaires sur la page profil de chaque député et bientôt des services mobiles devraient aussi être proposés pour les élections de 2012.
lundi 25 janvier 2010Un article assez remarquable qui explique la petite révolution copernicienne opérée par les Républicains aux Etats-unis et en particulier par l'équipe du nouveau sénateur Scott Brown pour remporter les dernières élections partielle contre le candidat démocrate, fragilisant ainsi la position d'Obama au Sénat. Cet article montre en effet non seulement la démarche de rattrapage mise en place par républicains, mais aussi la conception nouvelle d'internet qui a animé son équipe de campagne, considérant Internet non pas comme un média comme les autres (une ligne budgétaire) mais comme un média assez central dans la manière dont les américains ont de penser et d'agir.
lundi 25 janvier 2010auSi le titre est racoleur, il n'en reste pas moins que Nicolas Sarkozy lançait samedi dernier un appel Facebook aux 200 000 "fans" de son groupe pour qu'ils lui fassent part des interrogations et des sujets qu?il leur paraît important d?aborder. L'exercice n'apparaît pas vain, du moins pour les utilisateurs de Facebook qui sont nombreux à se soumettre à cet exercice : à quelques heures de son intervention télévisée, la proposition de Nicolas Sarkozy a été relevée par près de 4000 personnes et commentée plus de 2500 fois. Il est intéressant de constater que les commentaires, qui prennent souvent un style épistolaire, sont argumentés et qu'ils se positionnent pour ou contre la politique gouvernementale. Notons qu'ils se situent assez rarement dans l'invective (voir aussi sur Facebook : http://www.facebook.com/nicolassarkozy).
lundi 18 janvier 2010Wikipédia est souvent présenté comme emblématique d'un mode inédit d'écriture du savoir et de la connaissance, à savoir une écriture à plusieurs mains en plusieurs fois par des usagers, des experts, des amateurs ou des lobbyistes, mode qui pose de nouvelles questions sur la vérité dans la production scientifique. L'augmentation du nombre de campagnes d'Astroturfing, c'est à dire de campagnes imitant les techniques activistes réalisées par des grands groupes industriels ou maisons de disques, sur Wikipédia, a donné l'idée à un développeur de Bangalore et à un mathématicien, de créer un outil, s'appuyant sur l'historique des versions que proposent les dispositifs de type wiki comme c'est le cas de l'encyclopédie en ligne. Cet outil vise ainsi à rendre visible les différents contributeurs lobbystes notamment.
lundi 18 janvier 2010Ushaidi est un projet animé par une équipe multiculturelle associant des développeurs et des activistes du Kenya, du Ghana, d'Afrique du Sud, du Malawi et des USA, qui a initié une "cartographie de crise" actualisable par les personnes concernées via Internet ou le mobile lors des massacres en République du Congo en 2007. Aux premières heures du tremblement de terre en Haiti, ils ont mis à disposition un dispositif cartographique pour permettre de signaler des nouvelles des personnes, des menaces, des urgences logistiques, des demandes de secours. Depuis ce week-end et la remise en fonction relative des réseaux de télécommunications, un numéro court permet d'envoyer des SMS, en créole, français ou anglais, afin de signaler un problème et sa localisation. Ces SMS sont ensuite postés sur la carte de l'ïle, sur laquelle travaille, depuis une grande école américaine de relations internationales, une équipe de bénévoles, vérifiant, actualisant et aidant les forces humanitaires sur place.
lundi 18 janvier 2010Christopher Csikszentmihályi, enseignant au MIT, nous signale une problématique importante dans l'apport de la technologie dans les situations de crise, à savoir le renferment des initiatives. En effet, la démultiplication des initiatives est louable mais si chacune donne lieu à un site fermé sur lui-même, la démarche perd en efficacité. A l'heure du web exportable et des fonctionnalités de partage entre différentes plate-formes communicationnelles, il est important de penser le développement d'applications web et mobile capables de circuler hors des silos sociaux comme Facebook. Les situations de crise sont des moments intenses pour les projets technologique moments où la technique démontre ce qu'elle peut faire de plus utile. Le chercheur cite ainsi l'exemple d'un moteur de recherche de personne pour Haiti http://haiticrisis.appspot.com/ qui est un widget que l'on peut installer sur son propre site, blog pour le faire connaître au plus grand nombre.
lundi 18 janvier 2010A l'heure où l'Italie demande à ce que ceux qui mettent en ligne des images sur Internet soient soumis à une autorisation comme pour les télévisions (http://www.boingboing.net/2010/01/16/italy-proposes-manda.html), et dans un moment, où le web est l'objet d'une volonté législative de surveillance ou de pratiques réelles de censure dans de nombreux pays, il n'est pas inutile de rappeler avec précision tout l'historique des épisodes de censure en Chine. Une timeline qui peut être utile à tous les veilleurs des libertés numériques...
lundi 18 janvier 2010Cet article, à la lumière aussi des événements qui se déroulent à Haïti, attirent notre attention sur un champ assez novateur de l'activisme numérique : le "maptivism" qui accole le terme anglo-saxon "map" de la carte avec celui d'activisme. Il s'agit là d'avoir recours à des cartes non seulement pour expliquer des enjeux (locaux ou plus globaux), mais aussi fournir des ressources pour l'action. L'exemple d'Haïti est évidemment emblématique : on s'aperçoit que les sauveteurs qui disposent pourtant des ressources considérables dont les dotent leurs gouvernements respectifs, on cependant fréquemment recourt à ces cartes annotées, renseignées par les utilisateurs ou les acteurs. C'est la cas en particulier de la carte développée par le groupe Ushahidi dont nous parlons souvent ici (http://haiti.ushahidi.com/) et qui permet d'avoir en temps réel un aperçu extrêmement précis de la situation sur le terrain.
lundi 18 janvier 2010A l'occasion du tremblement de terre à Haïti, la Fondation Sunlight a décidé d'organiser, sur le modèle des "barcamp", un crisiscamp baptisé "Civic Hackers for Haiti" pendant que s'organisaient à San Francisco et à Londres des "hackaton" sur le même modèle. Il s'agissait là de réunir des spécialistes du traitement des bases de données, de la visualisation des données géospatiales et d'autres domaines afin de construire des outils fiables pour que les bénévoles disposent sur le terrain d'outils performants et utiles à leur travail. On peut par exemple citer cet outil de traduction de l'anglais vers le créole (http://crisiscamphaiti.glimmernet.com/) qui a été réalisé à l'occasion de ce Crisis Camp.
On se contentera ici, sans la commenter, de ne faire que s'étonner de l'absence stupéfiante de l'Internet français, si prompt à condamner les Etats-Unis sur ces questions ...
dimanche 17 janvier 2010Dès les premières heures du séisme, la Croix Rouge a mis en place un dispositif de don par SMS suivie d'autres fondations. A ce jour, rien qu'aux USA ce système a permis de récolter plus de 16 millions de dollars. Objet technologique personnel, sous la main, le plus répandu de par le monde (6,5 milliards d'abonnées), le téléphone portable s'avère tout à fait bénéfique pour les campagnes de solidarité internationale. A noter qu'en France, où l'on envoie une moyenne mensuelle de plus de 80 SMS, il est aussi possible, pendant un mois, de faire un don de un euro par texto à ces trois numéros dédiés par l'Association Française des Opérateurs Mobiles : le 80 222 pour la Croix Rouge française, -le 80 333 pour le Secours Populaire et le 80 444 pour le Secours Catholique. Depuis son lancement le 15 janvier, 140 000 SMS ont été envoyés pour une somme de dons s'élevant à 140 000 euros.
mardi 12 janvier 2010Quelques réflexions d'un ancien membre des Weather Underground, mouvement radical né pendant la guerre du Vietnam peu connu en France, qui permet d'historiciser les oppositions d'aujourd'hui entre "activiste" et "militant". Mark Rudd y compare son engagement militant et sa radicalisation avec des attentats contre différentes institutions (Pentagone notamment) avec celui des "activistes" d'aujourd'hui. Dans les discussions avec des jeunes se revendiquant "activistes" lors de la présentation du documentaire sur son mouvement, réalisé en 2005 (httpt://www.imdb.com/title/tt0343168) http://www.imdb.com/title/tt0343168), il voit clairement mis en avant l'expression personnelle ("self-expression"). Il rappelle qu'à son époque, ce terme d'activiste était utilisé par la presse pour décrédibiliser leur mouvement. Il se définit lui toujours comme un "organisateur", dont le but était de construire un mouvement de masse sur le long terme et pas le temps d'un flash mob. Une page d'histoire...
mardi 12 janvier 2010Cette interview du PDG de Facebook est à mettre en pendant d'un article récent du journaliste JM Manach ("Vie privée : le point de vue des petits cons). Tous deux se réfèrent des "normes sociales" redéfinissant la conception de la vie privée chez les plus jeunes. Bref si les adolescents n'ont aucune pudeur sur Internet ce serait donc un peu de leur faute. Signalons ici le point de vue totalement US-centric sur la vie privée digitalisée et le déni de la part architecturante des dispositifs techniques dans ce conflit de frontières entre sphère privée et espace public. On ne peut analyser l'usage des 350 millions de comptes Facebook dans le monde en se référant uniquement à la quasi absence d'espace public urbain des USA ou pire au "contre-espace public" des queer américains comme l'écrit naïvement le journaliste français. De même qu'en décidant de publiciser par défaut l'expression personnelle, Zuckerberg fait un choix commercial dont nos enfants et adolescents ne sont que les cobayes.
lundi 11 janvier 2010Un article sur l'innovation majeure en matière de diplomatie que constitue la décision prise par Hillary Clinton d'exploiter le potentiel que représente les sites de réseaux sociaux, de partage de contenu, de microblogging et même de téléphonie mobile pour contribuer à la "lutte pour la liberté dans le monde". Etayé de nombreux exemples en Iran, au Pakistan, au Congo, au Mexique ou en Afgnanistan, cet article fait le point sur les projets qui sont aujourd'hui menés par le Département d'Etat qui s'inscrivent dans le cadre du projet ""Civil Society 2.0" annoncé en novembre dernier par Hillary Clinton au Maroc. Ce projet d'ampleur internationale vise à offrir formation et conseils aux ONG du monde entier sur la façon d'utiliser Internet. (Voir son discours : http://www.state.gov/r/pa/prs/ps/2009/nov/131234.htm)
vendredi 08 janvier 2010Un article de synthèse de Nicolas Vanbremeersch qui, suite à l'annonce de la mise en ligne des réseaux sociaux du Parti Socialiste (la "Coopol") et de l'UMP (les "Créateurs des Possibles"), qui tous deux se revendiquent de l'expérience de Barack Obama en montrant qu'ils ratent leur objet. Pour lui Créateur des Possibles apparaît comme un gros site de pétition en ligne. Ce site, dit-il, n?est pas un ?réseau?, "puisque les individus en sont absents. Regardez avec moi : pas de vraies fiches profils, pas de médiatisation des actions personnelles, pas de possibilité de discuter vraiment, pas d?expression réelle, si ce n?est une cause que je veux porter". De la même manière, la Coopol se caractérise par la fermeture, non seulement celle qui enferme les militants sur eux-mêmes, mais surtout l'incapacité du dispositif de s'ouvrir aux autres réseaux sociaux.
jeudi 07 janvier 2010Un excellent article de synthèse reprenant le pronostic avancé par le dernier rapport Morgan Stanley publié en décembre 2009, qui veut que le monde vient de commencer le "cycle de l'Internet mobile". Cet article s'attache à montrer que cette révolution que provoque non seulement l'arrivée des téléphones eux-mêmes, mais de réseaux mobiles à hauts débits (3G) constitue une véritable révolution comme l'ont démontré les récents événements qui se sont déroulés en Iran dans le sillages des élections présidentielles.
D'après cet article, c'est dans les pays en voie de développement que la diffusion de ce nouveau moyen de communication risque d'avoir le plus d'influence.
Tentant de tenir une position mesurée qui ne soit ni trop critique, ni trop euphorique, cet article met en regard les usages bénéfiques d'un côté et ceux qui sont plus critiquables comme les vidéos djihadistes d'exécution qui ont circulées sur Internet.
lundi 04 janvier 2010Un article du Figaro qui revient sur les péripéties et la controverse qui ont suivie la diffusion du Lipdub des Jeunes Populaires de l'UMP. Si en effet l'Ump de félicite de la mise en ligne de ce clip qui a selon elle été vu plus d'un million de fois sur Youtube, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur le nombre de personnes ayant elle-même visionnées les dizaines de parodies de ce clip qui ont circulées sur Dailymotion et sur Youtube.
Reste que cet article remarque que ces "buzz" (vidéos, photo ou musique) sont pour de nombreux jeunes la première des voie d'accès à la politique. La cause était moins la motivation de l'entrée en politique que la représentation, voire la critique de la représentation elle-même. Ce phénomène doit aujourd'hui fortement interroger les partis dans leur manière de communiquer en direction des jeunes pour à la fois s'inscrire dans cette approche sans pour autant déclencher la controverse et la parodie.
Novembre 2009
jeudi 26 novembre 2009Un article particulièrement intéressant d'Andrea Di Maio qui se demande si la baisse considérable de contributeurs à encyclopédie en ligne Wikipédia enregistrée récemment, n'est pas le signe précurseur d'une baisse d'intérêt pour le Web 2.0 et si cette baisse ne risque pas d'entrainer de sérieuses difficultés pour les gouvernements qui produisent de plus en plus de contenu sur Internet et les stockent sur des plateformes d'échange commerciales.
A bien y regarder, la question n'est pas si simple : il ne suffit pas de dire : "les gouvernements n'ont qu'à ouvrir leurs propres plateformes". Mais ce serait en ce cas se priver de l'audience, de l'activité et de l'interopérabilité de ces sites du Web 2.0. Si Di Maio n'avance aucune réponse, cette question n'en reste pas moins un sujet d'inquiétude lorsque l'on sait que toute la mémoire d'un gouvernement, une administration est aujourd'hui confié à des entreprises dont la pérennité n'est garantie d'aucune manière.
jeudi 26 novembre 2009A mis chemin entre la promotion et l'application politique, le cinéaste Michael Moore sort aujourd'hui une application iPhone l'occasion de la sortie de son dernier film :« Capitalism : a love story ». Outre les traditionnels "goodies" (bande annonce, fonds d'écran, etc.), l'originalité de cette application est de proposer une rubrique "Agissez" qui permet de laisser des messages : "les bons plans contre la crise" sur l'application, de voter sur les propositions soumises et de les partager par mail ou sur Facebook : "Je veux partager avec vous une idée pour lutter contre la crise économique". Au-delà de l'effet promotionnel évident, il s'agit là d'un exemple "d'app politique" (application politique) qui pourrait faire école dans le sillage des applications développées à l'occasion des "contests" américains d'Apps For Democracy" (http://www.appsfordemocracy.org/)
lundi 23 novembre 2009Une déclaration importante de la responsable adjointe pour la technologie chargée" de l'initiative Gouvernement ouvert" à la Maison Blanche, Beth Noveck qui confirme que le foisonnement de réflexion, développement logiciel, qu'il émane des autorités locales et fédérales, de ville, ou d'entreprises, de fondations ou de simples citoyens s'inscrit dans le projet d'ouverture du gouvernement que Barack Obama a fixé comme une de ses priorités.
Dans cette déclaration, Beth Noveck donne une vision particulièrement intéressante de l'État qui doit servir de laboratoire pour des expériences sociales et économiques sans risque pour le pays. Nous remarquerons au passage que cette conception de l'Etat, attribuée à un juge américain des années 30, Louis D. Brandeis, est très proche des conceptions développées par John Dewey au cours des mêmes années.
mardi 10 novembre 2009Alors que certains sociologues français glosent sur la faiblesse de liens sociaux noués via les TIC, il faut se tourner vers les études américaines pour nourrir la réflexion sur Internet et lien social de quelques données statistiques. Le rapport de Pew Internet & American Life Project sur "Isolement social et TIC" contredit ainsi les idéologues de l'addiction et de la dé-socialisation en montrant que plus les individus utilisent le mobile ou internet, plus ils sont socialement actifs et engagés dans la vie réelle. Les utilisateurs de mobile (72%), les internautes assidus (46%) et les bloggers (72%) ont plus de chances d'appartenir à un groupe volontaire local, association, club de sport, communauté religieuse que le reste de la population. Les internautes qui partagent des photos en ligne ont 61% plus de chances de discuter avec des personnes d'un bord politique opposé et tenir un blog augmente de 95% les chances de se confier à quelqu'un d'origine ethnique différente.
jeudi 05 novembre 2009La masse de données d'utilisateurs stockée sur les réseaux sociaux est parfois effrayante. Tel utilisateur des services de Google peut ainsi voir l'ensemble de sa vie numérique aspirée : ses mail, ses photos (picassa), ses conversations (chat), sa navigation sur Internet, ses conversations téléphoniques, son agenda, etc. Ces données sont non seulement stockées, mais aussi traités par ces entreprises qui profilent les utilisateurs. . Lors d'une conférence sur la vie privée en Espagne cette semaine, Google a annoncé la sortie d'nouveau service appelé Google Dashboard qui permettra aux utilisateurs de visualiser les données que Google collecte dans les comptes d'utilisateurs pour des produits tels que Gmail, Picasa, YouTube, etc. Les utilisateurs seront alors en mesure d'ajuster leurs paramètres de confidentialité pour les différents produits Google directement depuis ce tableau de bord.
mardi 03 novembre 2009A peine la sortie du site annoncée, un internaute dénonce le fait qu'une de ses contributions ait été censurée sur debatidentitenationale.fr. Au-delà du caractère extrêmement polémique de cette contribution et du thème même du débat initié par Eric Besson et dont les médias se font largement écho, il nous semble assez intéressant de regarder la forme même qu'a choisi de prendre cet internaute ; forme qui vise non seulement à dénoncer, mais aussi à produire un contre espace médiatique de débat en ayant recours à une technologie de Google qui permet de commenter à plusieurs une page web et de voter sur ce commentaire. On peut donc voir sur la droite le site d'Eric Besson et sur la gauche, un espace de commentaire sur lequel les internautes peuvent donner leur avis. Il s'agit là à l'évidence d'un détournement d'un site de débat politique particulièrement ingénieux puisqu'il met en regard le contenu du site lui-même et le commentaire qui se positionne à l'extérieur du site de débat.
mardi 03 novembre 2009On rendra gré à Culture Ordinaire de nous offrir un compte rendu de cette conférence de Bernard Stiegler. Intitulée "Sur la question de l'esprit," cette conférence organisée le 3 octobre à la Maison de la Poésie, découvre avec près de 20 ans de retard le modèle du logiciel libre comme modèle réifié de l'amatorat, issue selon Stiegler à la crise du capitalisme. On ne lui reprochera aucunement de s'intéresser au logiciel libre et au hacker (mieux vaut tard que jamais :), mais on s'étonnera tout de même de cette absence de curiosité qui conduit Stiegler à ne pas s'apercevoir qu'en vingt ans, le capitalisme a développé une extraordinaire capacité à s'adapter à cette révolution que constitue l'apparition du logiciel libre comme mode de développement. Devra-t-on attendre encore 20 ans pour que se pose sérieusement la question de l'opensource et du crowedsourcing comme forme d'adaptation du capitalisme aux TIC ?
lundi 02 novembre 2009Un petit billet d'Andréa Di Maio, consultant de Gartner et spécialiste des questions de politique 2.0 qui s'interroge sur les différences qu'il existe entre l'approche américaine et l'approche européenne de ces questions. Di Maio, à l'occasion d'un "périple" sur le nouveau continent, a cru remarquer qu'il existait une véritable culture de l'écoute et de la recherche ; culture plus difficile à identifier en Europe. Très attaché au rôle que peuvent jouer les fonctionnaires des administrations locales, des Etats ou fédérales, il a apprécié l'implication ces fonctionnaires dans la réflexion. On remarquera en effet que cette force que représente les fonctionnaires de l'Etat et des collectivités locales en France reste inexploitée. Alphabétisés, comme l'ensemble de la population française désormais aux nouveaux outils du l'Internet, ils pourraient constituer aujourd'hui une force non négligeable d'impulsion de politiques publiques utilisant ces technologiques sociales ou sémantiques.
Octobre 2009
vendredi 30 octobre 2009Une réaction de l'ancien directeur des services Internet de G. W. Bush suite au passage du site de la Maison Blanche sous le CMS Drupal. David Almacy retrace l'histoire des solutions technologiques auxquelles ont eu recours les différents Présidents des Etats-Unis de Bill Clinton à Barack Obama en passant par Bush dont il était le directeur des services Web. On y apprend que le site de la Maison Blanche tournait sous un CMS propriétaire développé spécialement pour cet usage. D'après lui la question s'est posée de savoir s'il fallait faire évoluer cette plateforme mais il est apparu, à la fois pour des raisons budgétaires et pour des raisons d'agenda (proximité des élections présidentielle), que tout changement était prématuré. David Almacy précise par ailleurs dans cet article que le véritable décollage des sites de réseaux sociaux et des plateformes de stockage de contenu sont relativement récents et qu'il était là encore prématuré d'y avoir recours lorsqu'il était à la Maison Blanche
jeudi 29 octobre 2009A quelque jours de la journée organisée par la société Adobe pour vanté les mérites de ses formats (pdf, flash, etc.) dans le cadre d'un gouvernement ouvert, les activistes de la transparence lance une offensive particulièrement virulente contre cette idée que des formats propriétaires, à fortiori ceux développés par Adobe, permettraient de rendre les données plus accessible au public. En 2003 déjà, nous dénoncions avec force le choix de la BNF de numériser son fond Gallica sous ce type de format, arguant qu'il seraient particulièrement difficile de leur appliquer des traitements ou d'y intégrer des métadonnées (http://tinyurl.com/yf4ub6y). Si les animations ou graphiques flash, les lettres numérisées au format pdf sont à l'évidence plus ergonomique ou plus esthétiques, le problème est que les données sont encapsulées dans des formats et qu'il est particulièrement difficile d'y avoir accès.
mercredi 28 octobre 2009Parmi les applications politiques ou civiques qui se développent aujourd'hui de part le monde, cette application qui exploite les nouvelles fonctionnalités de réalité augmenté de l'Iphone 3GS est particulièrement intéressante en ce sens qu'elle montre jusqu'où peut aller l'imagination des activistes de la transparence aux Etats-Unis. Grâce à cette application, on peut se promener dans une ville en regardant sur son écran iphone et visualiser en surimpression les investissements et subventions données par le gouvernement à des entreprises ou des institutions. Cette application nous rappelle les performances de l'artiste /activiste Léo Bassi qui organisait dans son Bassibus des visites guidées de Barcelone pour dénoncer les investissements exagérés de la ville et la violence immobilière en 2005 (voir la vidéo ici : http://tinyurl.com/yh77exm).
mardi 27 octobre 2009La nouvelle a été relevée et abondamment commentée : La Maison Blanche a décidé d'adopter le système de gestion de contenu (CMS) opensource Drupal pour son site web. Ce choix constitue évidemment une grande victoire pour le mouvement opensource qui y voit là une véritable consécration. Ce choix de l'équipe nouveaux médias de la Maison Blanche repose sur la fiabilité, la gratuité et la flexibilité de ce logiciel qui bénéficie d'une très large communauté de contributeurs (développeurs et utilisateurs) à travers le monde. Dans cet article, Tim O'Reilly s'interroge cependant sur la capacité du gouvernement à s'inscrire dans ce processus de coopération en rendant lui-même public les améliorations (de sécurité notamment) que ses équipes ont lui ont apporté. Il plaide, après l'ouverture du site data.gov, pour l'ouverture d'un site baptisé code.gov, permettant aux utilisateurs de Drupal de bénéficier eux-mêmes des améliorations que le gouvernement américain aurait apporté à ce logiciel.
mardi 27 octobre 2009Un article étonnant de RWW France qui s'inscrit dans le prolongement d'une série d'articles qui s'allonge et qui émanent en particulier de blogs français comme RWW fr et d'InternetActu. Ils mettent en cause la politique de transparence menée par Barack Obama depuis son accession à la Maison Blanche. Si l'auteur de cet article passe à côté des dernières innovations impulsées par Obama en matière de TIC, d'autres, dans le sillage de la critique de Lawrence Lessig semblent partir en guerre contre la notion de transparence. Précisons ici que le propos de Lessig ne visait pas à nier l'impératif de transparence en matière politique -qui est d'ailleurs un des fondements de la démocratie américaine- mais plutôt à souligner le fait que la transparence ne constitue pas un programme politique en soi. Il ne faudrait pas oublier qu'avec l'ouverture, et la transparence, "l'accountability" -l'impératif qui oblige à rendre compte- constitue un des fondements de la politique visée par Obama
lundi 26 octobre 2009Dans le prolongement de l'article "nosdeputes.fr : "Mr Hacker goes to Parliament? " (http://tinyurl.com/yb4pjaa), nous recommandons la lecture de ce livre à paraître autour des questions de sousveillance et dont nous pouvons lire quelques extraits sur cette page. Ce livre explore les conséquences du bouleversement qu'induit cette nouvelle forme de surveillance et qui conduit l'auteur à dire : "toujours sous le regard des autres, nous serions contraints de devenir plus juste". Cette forme de surveillance "où le contrôle ne vient plus d'en haut comme dans la société de surveillance mais d'en bas, modifie considérablement les rapports de pouvoir dans la société : "ce n'est plus, dit-il, celui qui voit qui a le pouvoir, mais celui qui est vu". A l'ère des réseaux sociaux, de la géolocalisation, du monitoring même de sa propre vie sur des dispositifs variés qui vont du téléphone mobile aux objets communicants comme les puces RFID, ce livre pose les bases d'une réflexion sociétale crutiale
jeudi 22 octobre 2009Un article qui pose une question particulièrement intéressante. On le sait, le candidat à l'élection présidentielle américaine, Barack Obama, a mobilisé un nombre importants de militants dont une partie du travail a été de produire des bases de données ou du contenu sur les sites de campagne. Or ces bases de données, particulièrement stratégiques pour n'importe quel candidat à une autre élection, locale par exemple, ne sont pas disponibles et restent la propriété, parfois sous des formats propriétaires du candidat. Les "volontaires" ne peuvent donc pas s'en servir pour d'autres types d'élection, voire les utiliser pour soutenir des adversaires (chacun pouvant effectivement changer d'avis et soutenir un autre parti). Cet article s'interroge donc à la fois sur la légitimité et sur les conditions de réalisation d'une portabilité de ces données produite par les militants qui leur permettraient de les récupérer.
jeudi 22 octobre 2009Alors que depuis des mois, le gouvernement américain a lancé Data.gov et que le gouvernement britannique annonce pour décembre prochain l'ouverture de data.gov.uk, outils permettant d'avoir accès à des données publiques sous des formats ouverts, interopérables et permettant leur traitement, le gouvernement français se lance aussi dans cette politique de transparence en lançant le "Portail de la statistique publique". Cette initiative doit être saluée : on peut trouver sur ce site de nombreuses analyses, statistiques et même quelques fichiers de données brutes qui peuvent impulser en France un mouvement. Reste cependant que ces données manquent singulièrement de visibilité (indexation), qu'elles sont proposées sous des formats multiples (dBase, cvs, etc.) et même parfois sous des formats propriétaires (.xls) en fonction des administrations les proposant. Ces données constituent cependant une bonne base pour qui voudrait commencer à réfléchir sur la question d'opengouvernement en France
lundi 19 octobre 2009Cette exposition retrace dix années d'activisme créatif autour des acteurs pionniers comme Clandestine Insurgent Rebel Clown Army, Space Hijackers, Reel News, Indymedia, Josh On, Adbusters, qui ont fécondé les actions de protestation et les mobilisations collectives, et ce depuis le blocage de Seattle durant le sommet de OMC en 1999. En empruntant à diverses formes culturelles (performance théâtrale, cirque, agit prop...), ils ont renouvelé durablement le répertoire de l'action collective, resignifiant par exemple le statut de la violence, et revisité le rapport même au politique et à sa critique. En invitant l'art dans les mouvements de protestation et de résistance, ils ont contribué à revitaliser l'imaginaire de la critique sociale...avant que les musées et les galeries ne les enferment à présent dans de beaux catalogues d'images avec cette exposition consacrée à la "révolte comme signe"?
jeudi 15 octobre 2009Un article assez intéressant sur les initiatives prises au Royaume Unis pour favoriser les liens entre les citoyens et leurs représentants et ayant recours au Web 2.0 et aux sites de réseaux sociaux (SNS). On peut y lire l'interview d'un chercheur en sciences politiques qui exprime son scepticisme sur les capacités des gouvernants à prendre en compte cette forme de relation au citoyen dés lors qu'une certaine masse critique n'est pas atteinte. Cet article rend compte cependant d'initiatives intéressantes et encourageantes autour des questions de santé (Myriad), d'environnement, de jeunesse ou des sites de conseils locaux, etc.
mardi 13 octobre 2009Depuis quelques jours, à l'initiative d'un journaliste de Libération et d'un bloggeur, se déroule un mouvement sur Twitter contre la nomination du fils du Président de la République à la tête de l'Etablissement public d'aménagement du quartier d'affaires de La Défense (Epad) . Ce week end, avant que les médias se saisissent de cette question, le hashtag #jeansarkozypartout a pris une ampleur importante dans la "twittosphère" française, faisant passer au second plan le débat sur les révélations concernant la sexualité de Frédéric Mitterand. Les internautes se sont ainsi amusés à imaginer où Jean Sarkozy pouvait être encore nommé (prix nobel, dans l'équipe de France de footbal), à le vendre sur e-Bay, à le mettre en photo sur leur profil, à détourner des photos et des vidéos, etc.). Ce site rend compte de cette activité intense, scénarisée sur le mode humoristique, visant à contester ce que les animateurs de ce mouvement considère être une forme de népotisme.
mardi 13 octobre 2009Dans cet article, Ethan Zuckerman revient sur les critiques qui ont été adressées à Larry Lessig à propos de son texte "contre la transparence", avançant l'idée que la transparence peut conduire au cynisme au désintérêt et au détachement de la vie politique. Plutôt que de résorber la crise de confiance des américains vis-à-vis des gouvernants, les "lumières du soleil" (jeu de mot sur la Sunlight Foundation) risque de devenir un puissant désinfectant. Éludant les critiques violentes et malhonnêtes (pro-syrien, proche d'Al Quaïda, etc) qui ont pu être adressées à Lessig, Zuckerman tout en restant assez critique avec le ton provocateur employé par Lessig, souligne comme beaucoup d'autres l'impérieuse nécessité de ne pas en rester à la transparence, pour (re)fonder la vie politique : mettre des comptes de campagne en ligne n'exonère en effet pas le Congrès de la nécessité de légiférer sur les campagnes électorales, sans quoi, les citoyens risquent bien en effet de sombrer dans le cynisme.
lundi 12 octobre 2009Un article très critique sur le crowdsourcing. Littéralement "approvisionnement par la foule", le terme crowdsourcing, calqué sur l'outsourcing, est une méthode d'organisation du travail qui consiste à faire externaliser des tâches qui ne sont pas du métier de l'entreprise .Ainsi, le crowdsourcing consiste à utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire des d'internautes, et ce, au moindre coût. Dans cet article, Dan Woods explique qu'il n'y a pas de "foules" qui se jetteraient sur des projets contributifs pour y participer, mais qu'il s'agit plutôt d'agrégation d'individualités, mues par des motivations personnelles qui s'organisent dans le cadre de groupes de dimensions modestes . La question que pose cet article est in fine celle de la notion de "foule" qui, comme dans la théorie de Le Bon, pose un problème pour expliquer les problématiques contemporaines d'agrégation et de coproduction qui s'inventent aujourd'hui à la faveur de l'émergence des TIC.
lundi 12 octobre 2009Cet article de Lawrence Lessig, co-fondateur des Licences Creatives Commons et membre fondateur de la Sunlight Foundation ,qui traite de la transparence, est particulièrement commenté, parfois avec violence, depuis quelques jours aux Etats-Unis. Dans cet article, Lessig s'interroge sur les limites de cette notion. Pour lui, rendre l'information accessible aux citoyens n'est pas un gage en soit d'appropriation des questions politiques : rendre transparent les comptes de campagne, les rémunérations des chefs d'entreprises ou des agents de change, n'implique pas nécessairement une mobilisation publique pour contester les scandales. Mais cette attaque contre la transparence ne s'arrête pas là : Lessig explique que l'accès public aux données peut produire des effets allant à l'encontre de la démocratie et d'une meilleure compréhension de la vie politique. S'il ne remet pas en cause ce mouvement, Lessig insiste sur la nécessité de donner aux citoyens les moyens d'interpréter ces données.
mardi 06 octobre 2009Cette étude porte sur les mashups/remixes politiques de la dernière campagne présidentielle aux USA. Partant du constat que les analyses des "user generated content" comme forme d'engagement politique portent trop souvent sur les blogs, les auteurs étudient la montée des mashups politiques comme une allégorie de la capacité d'agir des citoyens. Retraçant l'historique des "citizen video remix", depuis ?Vote Different? apparu en 2007 jusqu'au célèbre ?Yes We Can? (2008), ils distinguent trois allégories de ce qui amène des citoyens à s'engager dans la création d'un remix politique : la défense d'une cause, la protestation politique et le témoignage. A travers ces trois grands motifs d'engagement, les mashups politiques ont tour à tour une fonction d'outil, d'arme et d'observation. Trois allégories qui renvoient encore aux revendications médiactivistes des années 90. Cette étude documentée contribue au débat sur la "participatory culture" tramant les expériences de gov2.0 états-uniennes.
lundi 05 octobre 2009Ce film raconte l'histoire de Farmsubsidy.org. Il explique comment des journalistes, des chercheurs et des informaticiens ont travaillé à l'information sur les subventions agricoles de l'Union européenne plus ouverte et plus transparente. Au delà des subventions elles-mêmes, ce film insiste sur la nécessité de rendre les données accessibles dans des formats informatiques qui permettent leur traitement statistique et leur analyse comparative. Plus peut-être que dans le cadre national, cet impératif de transparence apparaît comme crucial dans le cadre de la construction européenne au dessus de laquelle plane toujours un climat de suspicion.
Les différents acteurs de ce projet souligne la nécessité pour les états de rendre leurs données publiques selon les principes de l'Open Gouvernement (http://tinyurl.com/5zqaos) et notent qu'il existe encore de très fortes disparités chacun d'entre eux, les obligeant à intégrer dans leur travail un indice de transparence.
lundi 05 octobre 2009Mash The State est une initiative britannique intéressante. Nous avons déjà eu l'occasion de parler de son "challenge" qui consiste à donner accès à toutes les décisions des administrations locales par flux rss. S'interrogeant sur l'accessibilité à ses données, les animateurs de ce site, outre les classiques agrégateurs de fil rss et l'envoi de ces flux par mail, ont eu l'idée de rendre ces "fils" de décision imprimables et d'y ajouter un code (qrCode) lisible par un appareil mobile (ex : http://tinyurl.com/ychu5vg). Les qrCodes sont des sortes de codes barres qui peuvent être, à l'aide d'applications spécifiques, scannés par des mobiles et qui permettent de connecter le navigateur directement vers des ressources spécifiques (sites Web, cartes de visites, ressources multimédia, etc.). Dans ce cas précis, Mash The State réalise des grandes affiches sur lesquels sont listées les décisions et y associe un qrCode permettant d'accéder depuis sont mobile à l'intégralité du texte.
lundi 05 octobre 2009On parle beaucoup depuis quelques mois de l'Internet des Objets. Ce néologisme désigne l'ensemble des dispositifs qui se rapportent à l'extension de l'internet à des choses ou à des lieux dans le monde réel. Alors que l'internet que nous connaissons ne se prolonge pas au delà du monde électronique, l'Internet des Objets (IdO) a pour but de l'étendre au monde réel en associant des étiquettes munies de codes ou d'URLs aux objets ou aux lieux. Les puces RFID par exemple, sont des sortes d'étiquette qui comprennent une antenne associée à une puce électronique qui leur permet de recevoir et de répondre aux requêtes radio émises depuis un émetteur-récepteur.
Si ce type de dispositif ne manque pas d'inquiéter tous ceux qui sont sensibles aux libertés individuelles, cet article nous présente l'Internet des Objets et singulièrement les puces RFID sous un jour plus citoyen puisqu'il donne quelques exemples d'usages de ces puces dans le domaine de la protection de l'environnement.
vendredi 02 octobre 2009On assiste depuis quelques jours à l'apparition de nouveaux réseaux sociaux politiques comme celui de l'UMP (Créateurs de possibles) et celui de Dominique de Villepin. Cet article met en regard l'ouverture de ces deux sites de réseaux sociaux avec la nouvelle formule du site de S. Royal particulièrement critiquée, d'autant que l'ex-candidate aux élections présidentielles a mis en cause ceux-là mêmes qui avaient fait d'elle la candidate les plus avancée sur ces questions en parlant d'un "puissant lobby de l'Internet". La dernière version de son site, qu'elle entend assumer, apparaît en effet comme une énorme régression par rapport à la version antérieur de "desirdavenir". Au delà de l'indignation qu'a suscité cette déclaration, il convient de l'entendre pour mesurer une fois encore la distance qui peut exister entre les politiques et les innovations dont est porteur Internet. Ce simple blog est peut-être une première étape de l'appropriation par S. Royal des outils d'Internet ...
vendredi 02 octobre 2009Quelques jours après avoir déclaré leur attachement à la neutralité du Net, les Etats-Unis franchissent une étape en déclarant qu'ils vont se dégager de l'ICANN, qui était jusqu'à présent sous la tutelle du Secrétaire d?État américain au Commerce pour en faire une instance internationale, non gouvernementale sous le statut d?organisation privée et à but non lucratif. Cette décision s'avère particulièrement importante : l'ICANN est l'instance qui attribue une grande partie des noms de domaines (en particulier les pays qui se voient ainsi attribuer un code national) et qui délègue à d'autres instance la gestion d'autres (.com, .net, .fr, etc.). La tutelle des Etats-Unis sur cette instance était vivement critiquée : ce pays avait en effet la possibilité de "couper" toute ou partie de l'Internet mondial. Cette nouvelle gouvernance de l'Internet annoncée vise à reconnaître que le modèle aux multiples parties prenantes est assez robuste pour garantir une responsabilité interne.
vendredi 02 octobre 2009Une pierre dans le jardin de Barack Obama : une étude du cabinet Rasmussen, réalisée dans le contexte de la réforme de la protection sociale aux Etats-Unis, montre qu'une grande majorité des américains sont favorables à ce que les "bills" (les projets de lois en France) soient disponibles en ligne quelques jours avant qu'ils soient examiné par le Congrès. Même si les Républicains, très sensibilisés ces dernières semaines, se montrent plus favorables à cette mesure, cette idée remporte un assez large assentiment chez les américains. Cette question est d'autant plus cruciale qu'elle met Barack Obama, qui avait fait de la transparence une des priorités de son gouvernement, dans une situation particulièrement délicate : pris entre cet impératif de transparence et le risque de permettre aux Républicains de s'organiser en mettant en ligne son projet de réforme de la protection sociale.
vendredi 02 octobre 2009Nous avions déjà signalé l'existence de ce site "Transparency Corps" qui a pour vocation d'aider le gouvernement à rendre les données gouvernementales plus transparentes en sollicitant l'aide bénévoles des citoyens américains pour effectuer des tâches diverses. Dans ce cas, il est demandé aux internautes de contribuer convertir des textes de loi du format .pdf vers des formats documentés comme .xml pour qu'ils puissent être mis en bases de données et traités par des applications.
Nous avions parlé, il y a quelques jours du site nosdeputes.fr qui met en évidence le travail des parlementaires français (sur lequel nous reviendrons dans un article à paraître prochainement). L'aide sollicité par Transparency Corps aurait pu être aussi demandé par les animateurs de nosdeputes.fr puisque c'est à ce travail de conversion en formats documenté qu'ils se sont livrés. Ce pourrait d'ailleurs être une idée pour tous ceux qui souhaiteraient mettre des données publiques à disposition des internautes
jeudi 01 octobre 2009Le gouvernement britannique lance un appel aux développeurs pour leur demander de contribuer à la créations d'interface ou d'applications permettant de trouver et d'utiliser les données publiques. Pour ce faire, le gouvernement a décidé de mettre à disposition un millier de bases de données et de créer un groupe de discussion (sur Google Group et sur Twitter) pour coordonner ce travail.
Cette annonce fait sans doute suite à la décision de Tim Berners-Lee de contribuer au travail initié par le gouvernement anglais de réflexion autour de la question des données ouvertes qui selon lui permettraient d'engager le Royaume Unis dans le voie d'un politique plus transparente. Il est intéressant de constater que cette annonce cite les initiatives non-gouvernementales (Show Us a Better Way, Power of Information Taskforce, MySociety ou Rewired State) qui ont, d'après ce communiqué de presse, convaincu le gouvernement de mettre ces données.
Septembre 2009
lundi 28 septembre 2009Pour tous ceux qui ne veulent ajouter une contradiction morale de plus dans leur vie militante, à tous les anciens combattants de l'hacktivisme qui ne se résolvent pas à passer au slacktivisme en devenant fan d'une "cause" sur Facebook, le collectif médiactiviste Riseup, fondé en 1999 (et rassemblant à ce jour 20000 comptes mail, 13000 listes de diffusion, 2 millions d?inscrits sur les listes et 50 serveurs hébergés) propose un outil de méta-réseau social, afin de ne pas insulariser les groupes de protestation et ne pas segmenter les mouvements sociaux, distribué sous licence AGPL v.3 du nom de Crabgrass (jeu de mot sur "mauvaise herbe" et "grassroot").On peut signaler, dans le même état d'esprit, que la Free Software Foundation, soutenant le logiciel libre, travaille sur daisycha.in, pour défendre les données personnelles de leur privatisation par des sociétés commerciales. Ces différentes initiatives bâtissent un web 2.0 générique et distribué protégeant nos libertés numériques.
lundi 28 septembre 2009Un "howto" de la surveillance sur téléphone mobile et des moyens de la contourner réalisé par le groupe MobileActive. Si le mobile peut se révéler à première vue utile pour des activistes agissant dans des régimes dictatoriaux ou oppressifs, notamment par les appareils photos et vidéos intégrés , le préalable de ce mode d'emploi est assez définitif : "De toute évidence, le moyen le plus sûr d'utiliser un téléphone est de ne pas l'utiliser du tout". Cet article en forme de tutoriel décrit de manière très concrète les différentes manières dont un opérateur, un gouvernement, voire un simple particulier peuvent collecter des informations et en particulier des informations de localisation ou d'interception de messages. On peut comprendre à travers cet article le peu d'engouement des expérimentations activistes autour du champ de la téléphonie mobile ; champ qui reste néanmoins en friche avec les possibilités qui s'ouvrent autour de la VoIP accessible aux mobiles en mode wifi par exemple.
lundi 28 septembre 2009La dernière action en date des Yes Men à l'occasion de la journée mondiale d?action contre le réchauffement climatique : tenter de prendre d'assaut les Nations Unies avec leurs "Survivalballs", sortes de gros ballons dans lesquels ils se proposent d'enfermer les chefs d'entreprises pour les sauver du réchauffement climatique et accessoirement moyen très efficace pour empêcher les forces de l'ordre de les saisir. Toujours pour sensibiliser les médias et le public à la question du réchauffement climatique, ils avaient inondé Manhattan quelques jours plus tôt avec un million d?exemplaires d?un faux New York Post affichant le titre : "On est baisé". Ce journal dévoilait un rapport prédisant des catastrophes climatiques massives. Rappelons que les Yes Men se sont spécialisés dans ces "actions" spectaculaires et médiatiques, inventant des formes toujours renouvelées pour mettre en scènes des causes et tromper leurs victimes (chef d'entreprises, institutions internationales, etc.).
jeudi 24 septembre 2009Dans cet article, Philip Ashlock tente de préciser les caractéristiques d'un gouvernement ouvert (opengovernement qu'il emploie indifféremment avec la notion de Governement 2.0). D'après lui, les trois "piliers" d'un gouvernement ouvert reposent sur la transparence, l'accessibilité et la participation. Ces trois piliers se fondent d'un point de vue technologique sur des données, des interfaces et des standards ouverts. Le recours a des standards ou à des plateformes qui ne seraient pas ouvertes pose selon lui un vrai problème à la démocratie. Il insiste notamment sur l'accessibilité du public aux données fournies par les gouvernements mais aussi la capacité de ces interfaces d'évoluer en fonction des besoins. On pourrait ainsi prendre l'exemple de Facebook qui constitue un véritable silo social qui plutôt que de permettre de diffuser des données (informations, conversations, réseaux, objets multimédias, etc.) à plutôt tendance à les aspirer en les encapsulant dans son interface.
mardi 22 septembre 2009Un article intéressant d'Andrea Di Maio, consultant chez Gartner qui critique l'engouement actuel pour les problématiques de la gouvernance 2.0. Pour lui cette thématique a atteint sa limite en franchissant une limite d'attente démesurée et de surmédiatisation. Citant les "barcamp", "govcamp", "contest" qui se déroulent aujourd'hui dans le monde entier, il se pose la question des limites de ce qui devient un phénomène de mode et si la notion de "Gouvernement 2.0" ne va pas subir le même sort que celle d'e-démocratie. Il s'interroge donc sur la nécessité de prendre ses distances avec une petite élite de développeurs "branchée" pour réfléchir avec les membres des administrations sur les services qui pourraient à la fois être les plus utiles au public et les plus validés du point de vue des sources.
mardi 22 septembre 2009Une déclaration particulièrement importante de Julius Genachowski, Pdt de la Federal Communications Commission aux Etats-Unis, équivalent de l'ARCEP en France et chargée de réguler les télécommunications aux Etats-Unis. Introduit en 2005 par le professeur Tim Wu de Columbia University, la Neutralité du Net est un concept selon lequel les architectures et les opérateurs de réseaux ne devent pas effectuer de discrimination entre les applications utilisant ces réseaux.
Dans sa déclaration, Julius Genachowski critique l'attitude des fournisseurs d'accès qui bloquent certaines application comme la voix sur IP (VoIP) ou le P2P. Pour lui, Internet, conçu comme étant à l'épreuve de l'avenir ("futur proof"), doit continuer à d'être libre et ouvert ; ouverture conçue comme condition essentielle à son développement. Par cette déclaration qui s'accompagne de l'ouverture d'un site de débat participatif (http://www.openinternet.gov/), les Etats Unis signifient leur attachement à ce principe.
lundi 14 septembre 2009Aujourd'hui a été annoncée la mise en ligne du site nosdeputes.fr, qui délivre des données autour de l'activité des députés français (graphiques visualisant leur présence dans l'hémicycle et en commissions, leurs dépôts d'amendements et questions au gouvernement ; nuages des mots-clés de leurs interventions...) et propose aux internautes de "nourrir par leur contribution le travail de leurs élus". Se présentant comme une plate-forme de médiation entre citoyens et députés, ce site "boite à outils" conçu pour comprendre et analyser le travail des élus, est l'une des premières expérimentations de politique 2.0 à la française. Les développements annoncés (ouverture de l'API...) sont particulièrement prometteurs et concrétisent la politique d'ouverture informationnelle défendue par le mouvement du logiciel libre. Reste à donner du sens à ces données afin qu'elles ne soient pas utilisées de manière trop littérale et alimentent un anti-parlementarisme populiste, comme l'illustre cet article.
vendredi 11 septembre 2009Alors que l'équipe de "crisis mapping" d'Ushahidi a mis en place un carte actualisable par mail ou par hastag sur Twitter dans le contexte des émeutes qui ont eu lieu à Kampala en Ouganda ces dernières heures (cf http://www.ugandawitness.net), voici le récit de Jonathan Gosier, développeur informatique kampalais, qui montre comment la couverture des médias internationaux tendaient à s'aligner sur le fait que les autorités locales avaient la situation en mains alors que les échanges conversationnels avec d'autres amis sur place, avant que les réseaux mobiles ne soient coupés, puis les tweets envoyés via Internet, permettaient d'imaginer le caractère chaotique de la situation. Cette narration permet de mesurer combien à l'échelle globale la pervasivité d'événements tels que les émeutes, les fraudes électorales..., est désormais aménageable à travers une palette de dispositifs technologiques de communication, qu'il s'agit de manier agilement face aux mesures de censure et de filtrage.
vendredi 11 septembre 2009Le Journal de 13h sur France Inter nous annonçait ce midi que la vidéo de Brice Hortefeux, ayant eu des propos offensants à l'égard de la communauté arabe, avait été "vue plus de 600 000 fois sur Internet". Cette "information" mérite d'être analysée d'un peu plus près et il convient à cet égard de se poser la question de l'usage de l'audience sur le Web et les plateformes de partage de contenu. Cette vidéo, produite par des réalisateurs de La Chaine Parlementaire, a été diffusée par le site du Monde.fr hier en fin d'après-midi. 2 millions et demi de personnes ont pu aussi la voir au JT de 2Oh de France 2 . Nul doute enfin que cette vidéo est passée en boucle sur l'ensemble des JT ou des chaines d'information continue. A quoi peut bien servir cette focalisation sur ce chiffre de "600 000 vues sur le Web" ? On peut se demander si le Web n'est pas utilisé en l'occurrence comme une instance de légitimation des journalistes vis-à-vis du pouvoir ? Une sorte de "délestage" sur l'audience?
vendredi 11 septembre 2009?The Digital Production Gap: The Digital Divide and Web 2.0 collide? est la présentation de Jennifer A. Schradie (doctorante et chercheuse au Département de Sociologie de l?Université de Californie, Berkeley) à l?American Sociological Association Conference d'août 2009. Elle y apporte des éléments de discussion sur la fameuse "participatory culture" sur laquelle se basent les expériences de politique 2.0 menées notamment aux USA. Chacun reconnait que la contribution expressive à travers des "user generated content" n'est ni donnée ni naturelle et que cette "digital literacy" peut être socialement et générationnellement distribuée de façon différenciée. Dans ce débat, l'auteure a le mérite de rappeller une distinction utile à opérer pour tous ceux qui cherchent à développer des applications politiques entre ce qui relève de la communication (échange entre un internaute et un autre internaute) et de la participation (échange d?un internaute à plusieurs, ou de plusieurs à plusieurs).
vendredi 11 septembre 2009Un article qui résume la problématique du "Cloud Computing" dés lors qu'il s'agit de données gouvernementales. Concept faisant référence à l'utilisation de la mémoire et des capacités de calcul des ordinateurs et des serveurs répartis dans le monde et liés par un réseau, le "Cloud Computing" permet d'accéder de manière évolutive à de nombreux services en ligne sans avoir à gérer l'infrastructure sous-jacente. Les applications et les données ne se trouvent plus sur l'ordinateur local, mais dans un nuage (Cloud) composé de serveurs distants interconnectés. En clair, s'agissant de données gouvernementales, les données ne seraient plus stockées sur des serveurs du gouvernement mais "dans les nuages". L'aspect le plus intéressant du Cloud Computing est qu'il est aujourd'hui associé à la publicisation des données gouvernementales. Non seulement les internautes peuvent y avoir massivement accès, mais ils peuvent surtout développer à partir de ces données leurs propres applications.
vendredi 11 septembre 2009Le District de Columbia (Washington DC) a ouvert un des premiers exemples d'un AppStore gouvernemental (reprennant ainsi l'image de l'Appstore d'Apple). Le répertoire d'application utilisant des données rendues ouvertes par le gouvernement et des flux publics, propose d'accéder à des sites ou de télécharger des applications mobiles réalisées par des organismes publics, des entreprises ou des particuliers. On y trouve des ressources sur l'éducation, la sécurité publique, le développement économique, la santé, etc.
La métaphore de "l'AppStore", poussée à la fois par le développement de la téléphonie mobile et plus localement par le Contest "Apps For Democracy", tranche assez singulièrement avec les traditionnels portails de collectivités locales que l'on connait en France. La mise à disposition de données publiques dans les "nuages" (sous forme de fils rss ou de base de données de type cvs), favorise cet essor des CivicApps qui fleurissent aux Etats-Unis.
jeudi 10 septembre 2009La secrétaire d'Etat à l'Economie Numérique organise aujourd'hui un séminaire intitulé "Numérique : investir aujourd'hui pour la croissance de demain", autour du Grand Emprunt. On peux suivre en temps réel les "tweets" de @nkm mais surtout tous les commentaires des personnes présentes et même d'autres qui interviennent sur cette question sans assister à la rencontre. On peut noter une grande gamme de messages : du report au commentaire en passant par le "troll" (par exemple les tweets de @dRabeuf qui intervient de façon très intempestive dans la discussion).
A ceux qui demandent des liens, des vidéos en direct de la rencontre, il est répondu que "tout se passe sur Twitter" (sic). Plutôt que d'avoir recours à ce service dont les fonctionnalités restent très limitées et codées, pourquoi ne pas croire jusqu'au bout à son objet en lançant une consultation en ligne sur la répartition des fonds de l'emprunt à l'image des initiatives états-uniennes de transparence et de participation ?
mardi 08 septembre 2009Ces "10 thèses sur le web 2.0" proposées par Geert Lovink, Ned Rossiter et Ippolita relèvent de la critique culturelle, dans la tradition de l'Ecole de Francfort, qui a longtemps dominée les réflexions sur les mass media et vient aujourd'hui s'attaquer à la hype autour du web 2.0. Geert Lovink est une figure du médiactivisme notamment dans sa formalisation du mouvement des Tactical Media. A relire, "l'ABC des Medias Tactiques", rédigé en 1997 avec Ricardo Dominguez (hacktiviste pionnier qui a imaginé le Zapatista Floodnet en 1996 et membre pionnier d'Act Up), et son appel au DIY en matière de médias comme critique activiste de la consommation des médias mainstream (http://tinyurl.com/ng3f77), on peut être en effet qu'être chagrin devant le tournant 2.0 du web que l'activisme digital n'a pas su prendre stratégiquement laissant la place à des sociétés commerciales dans les expérimentations politiques d'aujourd'hui, qui n'en sont pas moins parfois stimulantes (civic apps...).
mardi 08 septembre 2009Ce PhD rédigé dans la perspective des Software Studies, c'est à dire explorant la partie codée d'Internet et du web, étudie finement le système de flagging (signalement d'un contenu) sur YouTube, à travers notamment une étude de cas sur des vidéos gays et lesbiennes. Les hypothèses de cette thèse veulent contribuer aux débats sur la notion de "participatory culture", qui serait configurée par l'état 2.0 du web, et qui est tant invoquée dans les expérimentations sur la gouvernance 2.0 impulsée par Obama aux USA ou dans d'autres pays. Son auteur pointe notamment le rôle des interfaces et logiciels dans un processus participatif de prise de décision tel que "signaler un contenu offensant". L'idée défendue est que le flagging est en définitive un filtre collaboratif. Cette modalité de décision collective on line est alors précieuse à étudier, pour qui veut comprendre comment la participation politique digitale se trouve pragmatiquement agencée dans des dispositifs socio-techniques.
lundi 07 septembre 2009Une tentative de définition par Evgeny Morozov de ce que l'on appelle le "slacktivism", c'est-à-dire ces formes d'activismes très distanciées que l'on pourrait qualifier de "molles". Le slackctivism" est une forme de prise de position que l'on retrouve en particulier sur Facebook et sur Twitter, permettant à chacun de devenir "supporter" d'une cause ou d'une personnalité. Pour certains chercheurs, ce type d'activisme va à l'encontre des buts recherchés par leurs promoteurs : il s'agit en effet moins de se mobiliser que d'exposer son identité numérique pour la rendre visible à son réseau de relation. Paradoxalement donc, l'acte même de rejoindre à un groupe Facebook est souvent la fin - plutôt que le début - de l'engagement à une cause. C'est sans doute la raison pour laquelle le "slacktivism" que certains consultants, dans le sillage d'OrangeLabs, qualifient aussi de "lien faible", reste souvent prisonnier de ces "silos sociaux" que sont les sites de réseaux sociaux.
lundi 07 septembre 2009Cette article reprend le développement de Tim O'Reilly, gourou de la notion de "transparence" et de gouvernement 2.0 sur l'idée d'un gouvernement comme plateforme permettant de percevoir le peuple américain comme co-créateur d'idée. Pour faire comprendre son modèle de développement et d'innovation, O'Reilly fournit deux analogies : celle de l'iphone et de la société Apple qui a réussi à promouvoir une communauté de développeurs particulièrement active et celle du "contest" Apps For Democracy lancé par le district de Columbia, invitant les développeurs à proposer leur application civique dans le cadre d'un concours. Ces deux modèles de développements que l'on pourrait qualifier d'agiles (au sens où l'on parle de méthodes de développement agiles en informatique) et pragmatiques (au sens anglo-saxon, c'est-à-dire fondé sur l'expérimentation et l'enquête sociale) permettent d'expliquer le succès (d'estime pour l'instant) de ces expériences sur la transparence du gouvernement.
vendredi 04 septembre 2009La motion de synthèse sur twitter réalisée! Sans plaisanter, il s'agit d'un tweet-bilan
d'Arnaud de Montebourg suite à l'université du PS de la Rochelle des 28-30 août derniers, qui mérite une analyse sérieuse. Il dit beaucoup, malgré ses 140 caractères, des mutations de la figure du militant à l'heure de la floraison des sites de réseaux sociaux dans les partis politiques français (UMP, Nouveau Centre, et donc le PS avec Coopol...). Le choix de la catégorie "activiste" pour typifier ce membre d'une forme politique elle-même mutante (un réseau politique fondé sur le principe de la coopération) demande en effet une grande ouverture d'esprit ("open") pour marier ensemble la démarche individualiste de l'activiste le principe collectif de la coopération avec la métaphore du réseau. La cohérence conceptuelle n'est cependant peut être pas le problème du marketing politique 2.0 et des community manager, dont relève in fine ce message...Et que mille réseaux sociaux politiques fleurissent!
vendredi 04 septembre 2009Les pays émergents représentent un eldorado pour l'économie de la téléphonie mobile dans la logique de la nouvelle croissance "bottom of pyramid". Des services mobiles destinés aux agriculteurs sont ainsi développés en Ouganda (Google Trader avec Grameen Foundation). Pour Nokia, l'Inde représente désormais son deuxième marché. La firme, fragilisée par l'iPhone, développe ainsi des services mobiles intégrés tels les LifeTools (prix agricoles, données météos, leçons d'anglais...). Mis à part le discours d'escorte marketing ou militant sur ces projets, il existe peu d'études sur ces offres. Observant les usages mobiles des pêcheurs du Sud de l'Inde, Robert Jensen (économiste, Havard) dans son article ("The Visible Hand(set): Mobile Phones and Market Performance in South Indian Fisheries -- The Micro and Mackerel Economics of Information), démontre ainsi comment les prix du marché sont devenus une "décision informée" pour les pêcheurs et leurs clients non sans conséquence économique.
vendredi 04 septembre 2009Le Journal du Net nous apprend que l'UMP vient de modifier le nom de domaine de son futur réseau social. Des "cybersquateurs" avaient précédé l'agence et réservé le nom "Createursdupossible.fr" avant qu'elle ait eu le temps de l'acheter. Selon certaines sources, d'autres réseaux sociaux annoncées à grand renfort de publicité ont été victime de ce type d'action durant les dernières semaines.
Pratique consistant à enregistrer un nom de domaine d'une marque ou d'une institution, avec l'intention de le revendre ensuite, ou d'altérer sa visibilité, le cybersquatting, parfois considéré comme une extorsion, fait partie du répertoire d'action classique des activistes jouant sur l'imprudence des concepteurs de sites qui oublient d'acheter un nom de domaine ou un pseudo sur un réseau social, afin de parodier voire de se faire passer pour leur victime. Le cas le plus connu est celui des Yes Men qui se sont fait longtemps passés pour des fonctionnaire du GATT avec leur site http://www.gatt.org
jeudi 03 septembre 2009Réalisée par téléphone en août 2008 auprès de 2 251 adultes états-uniens de plus de 18 ans, cette étude apporte des éléments éclairants sur les pratiques politiques en ligne. Par exemple, si les jeunes de 18 à 29 ans utilisent plus Internet que les autres tranches d'âge pour un engagement civique ou politique, les critères socio-démographiques (éducation, revenus...) déterminent peu ces pratiques en ligne, à l'inverse de ce qui a été mesuré, off line, depuis 1948 par l'American National Election Studies (http://tinyurl.com/lr8z2f). Ce qui constitue, suivant l'expression connue en statistiques, "a new pig in the python". Ils sont ainsi près de 34% à avoir un usage politique des sites de réseaux sociaux et 34% d'entre eux postent sur la chose politique sur Internet. Cet engagement dans une "activité focalisée politique ou civique" suivant la définition large du rapport peut aussi parfois consister en un simple "Slacktivism", comme devenir ami d'un politique sur Facebook en un click...
jeudi 03 septembre 2009Un article très critique de Thierry Lhôte sur la question de la transparence des données et le rôle des sites de réseaux social en politique qui posent de manière cruciale la question de la liberté et de la surveillance des citoyens. Revenant sur l'article sur le Web au carré de Tim O'reilly que nous avons éditorialisé et qui vient d'être traduit par Internet Actu (http://tinyurl.com/mv2y8r), l'auteur se demande si la transparence est une qualité supérieure à celle de liberté. Cet article a le mérite de mettre en regard ces deux notions qui apparaissent bien souvent comme séparées dans la politique de Barack Obama pris entre la constitution de fichiers monumentaux sur une grande partie de la population américaine, une loi en préparation sur la cybersécurité qui en horrifie plus d'un (http://tinyurl.com/mbla3o) et d'un autre côté un discours sur la transparence qui incite les américains à s'inscrire contribuer en leur nom propre à la critique du gouvernement sur ces réseaux sociaux.
jeudi 03 septembre 2009La sphère médiatique et le gouvernement s'inquiètent aujourd'hui de l'existence d'un jeu en ligne intitulé Clodogame et qui propose au joueur d'endosser le rôle d'un SDF dans les rue de Paris. On assiste de manière récurrente à des polémiques sur le rôle des jeux dés lors qu'ils abordent des questions de société ou des enjeux politiques. On peut citer ici le jeux "Border Patrol" (http://tinyurl.com/2be5ul) qui incitait le joueur a tuer des émigrés mexicains lorsqu'ils tentaient de franchir la frontière des Etats-Unis. Il convient néanmoins de rester prudent dés lors qu'on aborde cette question de jeux et de politique : pour beaucoup de concepteurs de jeux et de joueurs, endosser des rôles qui vont à l'encontre de la loi ou de la morale permet parfois de faire mesurer au joueur l'absurdité ou l'horreur de son geste. C'est le cas du jeu September12 (http://tinyurl.com/mm4zst) qui montre l'absurdité de la guerre contre le terrorisme qui produit plus de terroristes qu'elle n'en détruit.
jeudi 03 septembre 2009Le Parti Conservateur anglais propose sur son site web deux sonneries téléphoniques en téléchargement : une de Margaret Thatcher et une autre de Winston Churchill. L'usage de sonneries téléphoniques en politique n'est pas un phénomène nouveau (voir : http://tinyurl.com/lwzlp6). Barack Obama avait eu recours à cette forme lors de sa campagne aux élections présidentielles. On peux aussi mentionner ici la campagne menée par la BBC World Trust Service qui proposait une sonnerie visant à sensibiliser les indiens à l'usage du préservatif à l'occasion d'une campagne contre le SIDA (http://www.condomcondom.org/). Plus généralement, cet activisme mobile qui intervient dans l'espace public est un répertoire qui s'expérimente depuis quelques années. On peut aussi citer le recours à la technologie Bluetooth comme lors de la campagne électorale qui avait vu la victoire de G. Bush aux présidentielle américaines avec "Bluetooth Users Against" Bush (http://tinyurl.com/m7cjfg)
Août 2009
vendredi 28 août 2009Ce billet vient actualiser la fine étude réalisée par un étudiant, Witney Philipps, postée sur le blog de l'universitaire Henry Jenkins au sujet des photomontages ayant circulé cet été du Président Obama en Joker avec comme sous titre "Socialism", dans le contexte conflictuel de la réforme du système de santé américain (cf http://tinyurl.com/kul5he). Les pratiques visuelles de photomontage sont devenues, avec le développement de l'usage des logiciels de retouche photo, une forme d'expression politique des internautes, comme on l'avait remarqué lors de la dernière campagne présidentielle américaine avec les "photoshop contest" sur Sarah Palin. Cette série d'Obama en Joker a été perçue comme particulièrement agressive et transgressive pour de nombreux commentateurs jusqu'à être aujourd'hui retirée du compte Flickr dans sa première version (sans le sous titre "Socialism" mais avec le titre de couverture du Times sur laquelle figurait la photo d'origine) pour violation du copyright.
mercredi 26 août 2009Alors que l'on attend la nomination de Frédéric Lefebvre, jusqu'à présent porte-parole, au gouvernement de N. Sarkozy, il nous a semblé interesant de mentionner cet article pour souligner tout d'abord cette habitude qui consiste de plus en plus à réutiliser le langage vernaculaire de l'Internet et des nouvelles technologies pour désigner des phénomènes politiques. Ainsi une consultation publique devient un exercice de "crowdsourcing" ou un gouvernement démocratique devient "open".
Appliqué à F. Lefebvre, le qualificatif de "troll" semble cependant assez adapté comme l'explique cet article. Reste néanmoins que la fonction du troll va bien au-delà de celle de testeur d'idée ou de provocateur. Le troll, comme le hackeur, a une fonction dans l'éco-système du Web : il est là pour tester la solidité d'un système d'information et sa cohérence en terme de réponse à des attaques exterieures. En s'attaquant à des cibles désignée (syndicat, etc) , Lefebvre ne joue-t-il pas ce rôle de troll ?
vendredi 14 août 2009Un article intéressant de Wired sur les ambiguïtés de la politique de la Maison Blanche incitant les internautes américains à s'inscrire sur les réseaux sociaux et autres plateformes de partage de contenu. Des chercheurs de l'Université de Berkeley se sont aperçus que l'administration américaine stockait des Flash Cookies (petits fichiers textes permettant d'enregistrer des données d'identité et de navigation).
Alors que certains s'étaient déjà émus de la constitution d'immenses bases de données par le candidat Obama recueillant ainsi des informations personnelles sur des dizaines de millions d'américains, cette affaire des Flash cookies apparaît embarrassante au point que la Maison Blanche a annoncé son intention de réglementer son utilisation (http://tinyurl.com/ls52mn). La question n'est pas simple : ces cookies, quasi transparents pour les utilisateurs, donnent en effet des indications statistiques particulièrement utiles mais posent aussi des questions de privacy importantes.
vendredi 14 août 2009Dans le cadre de l'opposition au vote par le Parlement de la loi Internet et Création, nous assistons au développement d'annonces et d'actions mobilisant un discours souvent belliqueux, sinon guerrier ("armée", "guérilla", etc.). Ce fut le cas du "réseau des pirates" dont les actions se résumèrent finalement à annoncer le nombre de leur "friends" sur le site Facebook.
Le 13 août dernier, la ligue ODEBI a annoncé une opération d'envergure contre cette loi. Cette action, pour le moins déceptive en plein milieu du mois d'août, a consisté à poster en masse des commentaires sur certains sites de partisans de la loi : Michèle Alliot-Marie, Jean Sarkozy, Pascal Obispo et autres forums de l'UMP. On peut s'interroger sur l'efficacité de ce type d'action qui, s'enfermant dans ces véritables silos que sont ces sites de réseaux sociaux n'ont qu'une visibilité limitée. On soulignera d'ailleurs que les soldats de cette "armée numériques" se sont vite découragés face à l'absence d'interlocuteurs.
jeudi 13 août 2009Ce rapport de la Banque Mondiale vient interroger, dans le contexte stimulant des expériences dans le domaine de la santé, de l'agriculture, de la finance ou de l'éducation déployées dans les pays émergents, l'opportunité de développer des services mobiles publiques, gouvernementaux, administratifs ou locaux. Basé sur des études de cas de "m-Governement" en Afrique du Sud, en Chine ou en Russie notamment, il met l'accent sur la large diffusion du mobile dans les pays émergents (2 milliards sur les 4 milliards de mobiles dans le monde), contrairement aux ordinateurs connectés à Internet (1 milliard d'internautes dans le monde), tout en pointant des limites matérielles (ergonomie...), économiques (paiement des SMS à la réception chez certains opérateurs) et les défauts d'infrastructures dans certaines zones rurales, il pose des éléments de comparaison et de connaissance pour le développement de projets de gouvernance mobile ou d'applications civiques en France par exemple.
jeudi 13 août 2009La réforme du système de santé américain donne lieu à une bataille des images entre partisans et opposants de la réforme (allant des républicains aux démocrates conservateurs craignant une socialisation du système par l'instauration d'une couverture maladie publiquement contrôlable voulue par Obama en lieu et place du règne inéquitable des assurances privées sur ce terrain). Nous avons déjà ici traité des formes de mobilisation adoptées par les opposants et il est intéressant de compléter ces éléments avec cette série de vidéos postées sur le site de la Maison Blanche où des vétérans, des physiciens aux côtés des responsables chargés de la réforme, argumentent contre les rumeurs et les mensonges au sujet de la Health Care. Cette communication très officielle dans la forme vise à endiguer les mises en scène imaginées par les opposants (Obama en apprenti sorcier, en buveur de bière...) et dont on peut voir quelques exemples dans cet article de l'Express : http://tinyurl.com/pyhr3k
mercredi 12 août 2009Deux géants de l'Internet et de l'informatique s'invitent dans le débat sur la réforme de la santé aux États-Unis. Microsoft et Google, se positionnant depuis quelque mois résolument sur la marché de la gestion des données publiques et en particuliers des données liées à la santé, ont critiqué vigoureusement le plan proposé par Obama en insistant sur l'accès des patients à leur dossier médical via le Web et sur la protection de leur vie privée.
Au-delà des arguments développés par les uns et les autres, il apparaît intéressant de suivre, dans le cadre de la réflexion sur la gouvernance 2.0, le rôle actif et paradoxal que jouent ces grandes entreprises du Web 2, spécialistes du logiciel ou du traitement de données (voir aussi les propositions de RedHat et d'Ibm), accompagnant la volonté d'ouverture et de transparence du gouvernement Obama, mais essayant aussi d'obtenir ces marchés particulièrement rémunérateurs au détriment des primo entrepreneurs qui ont impulsés ce mouvement.
mercredi 12 août 2009Cette micro-étude est à la fois rapide à parcourir et permet de mesurer les limites d'une entrée "gender" désespèrement naturalisante dans les études sur les usages des technologies d'information et de communication. Les TIC sont des "technologies du genre" tout comme les médias (télévision, presse magazine...) suivant la notion de Teresa de Lauretis, c'est à dire qu'elles construisent des représentations sexuées, qui sont à leur tour validées, contrefaites ou combattues. Il demeure problématique que ce genre d'analyses viennent réifier des sujets "femmes" ou "hommes" sur Internet en les appariant à des comportements et des goûts naturellement spécifiques, oubliant les subjectivités transgenres ou les figures d'identification imaginaires comme le Cyborg de Donna Haraway, que ces technologies permettent d'explorer...Un célèbre dessin du New Yorker de Peter Steiner datant du 5 juillet 1993 avait déjà résumé ces techno-opportunités : "Sur Internet, personne ne sait que je suis un chien."
mercredi 12 août 2009Cette page synthétise l'activité de la Secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique sur Twitter au mois de juillet 2009. Les "tweets" de Nathalie Kosciusko-Morizet se répartissent, suivant les catégories adoptées par les auteurs de ces statistiques, de la sorte : 71,0 % sont des réponses, 10,5 % des liens, 4,0 % des questions et 20,2 % des exclamations. On peut mettre ces quantifications en regard de la fonction dévolue à Twitter par la secrétaire d'Etat, lors d'un bref entretien à France Inter, le 28 juillet 2009 à l'émission "J'ai mes sources", d'outil "d'interpellation". Dans le contexte stimulant des expérimentations de "gouvernement 2.0" aux USA et au Royaume Uni notamment, il est intéressant de noter que de fait @nk_m répond aux "interpellations" de ses concitoyens. Cependant confier l'expression des politiques à des sociétés commerciales (Facebook ouTwitter) peut-il être le seul horizon désirable d'une gouvernance 2.0 à la française ?
mercredi 12 août 2009Un article d'Andrea Di Maio qui attire l'attention, dans le prolongement des attaques contre Twitter, Facebook et Livejournal la semaine dernière, sur les risques de sécurité que suppose l'usage des sites de réseaux sociaux, de micro-blogging ou de plateformes d'échange pour les institutions gouvernementales. Cette interrogation, qui renvoie d'ailleurs aussi aux hésitations de la Maison Blanche concernant justement Twitter, définit 3 types de risques (DDOS, divulgation de secrets d'Etat, logiciels malveillants). Parmi les préconisations d'Andrea Di Mao, il convient d'en relever une qui est particulièrement importante et qui permet de continuer à bénéficier de l'audience de ces réseaux tout en prenant le moins de risque possible. Les organismes gouvernementaux ne doivent pas centraliser leur communication sur un nombre limité de sites de réseaux sociaux mais combiner des outils internes aux gouvernements et externes, c'est-à-dire détenus par les entreprises du Web 2.0.
mardi 11 août 2009On l'avait compris, aiguillonnée et aiguillonnant les expérimentations politiques des gouvernements anglais et américains, deux figures du web (son inventeur et l'un des entrepreneurs de l'open source) s'émulent mutuellement sur une certaine vision des prochaines étapes de développement d'Internet. Même si l'on se méfie des prophéties auto-réalisatrices, il faut revenir ici sur les dernières propositions de Tim O Reilly au sujet du "Squared Web". Après le Web 2.0, le Web² additionne la dimension sémantique du web (élargie à un monde de données en temps réel qui se déploie pervasivement à travers différents appareillages - mobiles, capteurs etc.) aux principes sociologiques du Web 2.0, à savoir la contribution des usagers à la création de ces données (contenus informatifs, expressifs, critiques...). Les données sont ainsi mises au premier plan des architectures web de la participation démocratique, à l'image du site phare de la présidence Obama data.gov. Ce qui peut poser question.