samedi 27 mars 2010 Le Web et l'opinion - Première conférence du cycle « De la démocratie en Numérique »
mercredi 31 mars 2010 La méritocratie contre les discriminations - Colloque-débat à l'IUT de Saint-Denis
mardi 15 décembre 2009 Dernièrement : La démocratie libérale est-elle exportable ? - Séminaire « Les procès contemporains de la démocratie libérale »
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Ce « grand écart » entre les aspirations durables du citoyen et les appétits du consommateur constitue le thème de la table ronde animée par le journaliste Arnaud Ardoin (LCP) et présentée par le directeur général de la Fondation pour l'innovation politique, Dominique Reynié. Cette table ronde réunit divers spécialistes tels que Stéphane Truchi (président du directoire de l'IFOP), Elizabeth Pastore-Reiss (fondatrice et directrice d'Ethicity), Geneviève Ferone (directrice développement durable de Veolia Environnement) ou encore Valérie Lecasble (vice-présidente de TBWA Corporate). Matthieu Orphelin, en tant que chef du service observation, économie et évaluation de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise et de l'énergie (ADEME) apporte un éclairage institutionnel qui enrichit le panel.
À l'approche du sommet de Copenhague, dont beaucoup craignent déjà qu'il ne conduise qu'à des déclarations de bonnes intentions, il semble pertinent de s'arrêter un instant pour décrypter la réalité du sentiment environnemental au sein de la population française en vue d'une révolution comportementale nécessaire à la conversion de la société civile au principe écologique.
Une récente enquête de l'IFOP évoquée par Dominique Reynié démontre que les questions les plus importantes demeurent aux yeux des Français de plus de 18 ans le chômage et la santé. Les préoccupations environnementales sont donc loin de figurer au premier plan, ce qui confirme l'inexistence de la « vague verte » lors des dernières élections européennes2.
Pour autant, la progression de la proportion de Français qui connaissent le développement durable suit un rythme soutenu, de 49 % en 2005 à 89 % de la population en 2009. Néanmoins, Stéphane Truchi, prolongeant les propos de Dominique Reynié, relève un décalage entre le déclaratif et le comportemental. La conscience de l'impact humain sur le climat n'engage que rarement les sondés à agir concrètement.
Par exemple, les jeunes de 18 à 24 ans représentent la tranche d'âge la plus emblématique de ce phénomène. Très concernés par le réchauffement climatique, ces surconsommateurs d'énergie ne semblent pas prêts à restreindre leurs besoins, tandis que les tranches plus âgées paraissent au contraire être plus responsables et en attente d'informations.
Reste le problème, extrêmement délicat dans une conjoncture économique difficile, du pouvoir d'achat des Français. Le « panier vert » de la ménagère ne dépasse pas les 5 euros par an ! En ce sens, Valérie Lecasble note à juste titre que seuls 12 % des Français sont prêts à accepter de payer 10 % plus cher des produits écologiquement garantis. Le risque serait de voir se creuser une fracture socio-écologique. Matthieu Orphelin s'inquiète d'ailleurs du fait que plus d'un quart des personnes sondées et appartenant aux catégories les moins aisées n'ont jamais entendu parler du Grenelle de l'environnement.
Dans un élan d'optimisme raisonnable, la majorité des intervenants s'accorde tout de même à dire que la prise de conscience des citoyens est bien réelle. La « schizophrénie » actuelle de ceux-ci consistant à cantonner leurs aspirations durables au domaine de l'utopie s'expliquerait, selon Geneviève Ferone, par la crise – qui aurait un effet ralentisseur sur l'évolution des comportements du consommateur. La réconciliation du citoyen et du consommateur est une tendance forte et inéluctable de notre société. Mais cette révolution des mentalités enclenche un nouveau type de consommation, auquel les acteurs de la vie économique ne semblent pas tous préparés.