Lorsque la réélection de Barack Obama à la Maison Blanche est traitée par les médias, ce n’est pas le discours du vainqueur qui revient, ce ne sont pas les actions de ses partisans qui sont applaudies, pas plus que le travail réalisé par son administration ces quatre dernières années. D’après les médias, c’est bien le tweet du 6 novembre à 8 : 16 PM qui marquera sans aucun doute pour quelques années les annales (récentes) de Twitter.

Sauf que derrière cette prose démocratique professée sur Twitter se cache une organisation Internet très active. Les équipes de campagne du Président Obama ont toujours été au cœur du dispositif lors de cette élection, de la même façon qu’elles l’étaient en 2008.

La #TeamOBama toujours aussi présente

Lors de l’élection présidentielle américaine de 2008 opposant Barack Obama à John McCain, le premier s’était largement distingué du second par une mobilisation massive des électeurs sur les réseaux sociaux. Tous les outils numériques étaient interconnectés. Le site web du candidat démocrate était le point de ralliement de l’ensemble des flux externes à destination des internautes-électeurs : Twitter et Facebook en tête. Large modèle d’inspiration pour des candidats à la course au pouvoir dans d’autres pays (Nicolas Sarkozy avait beaucoup misé sur les réseaux sociaux en 2007), le concept de la numérisation d’une campagne électorale a gagné du terrain auprès des hommes politiques étrangers.

Dès la première campagne de Barack Obama, son staff décide de s’emparer de Twitter, plateforme d’interaction créée en 2006. Or Twitter voit un essor considérable de nombre de comptes à partir de 2008. La date a été cruciale et marque une double victoire : celle de Barack Obama et celle des managers de Twitter, le premier ayant popularisé et vulgarisé le second.

2012 n’a été que la reproduction de ce qui avait été réalisé en 2008 : abonnés en hausse importante sur les comptes Twitter et – fait marquant – ces derniers (@MichelleObama ou encore @JoeBiden) sont gérés par l’équipe de campagne ! Il était précisé que quand les titulaires du compte s’exprimaient en leur nom propre, le tweet serait signé par leur prénom ou leurs initiales. Le compte Facebook de Barack Obama et autres déclinaisons suivaient le tempo impulsé par le site web et les comptes Twitter.

La bataille 2.0 fait aussi rage sur Youtube

Un acteur numérique s’est particulièrement bien illustré lors de cette campagne présidentielle : la Truth Team 2012. Le nom de l’équipe suffit à la décrire : il s’agissait de rétablir la vérité sur les propositions émanant du candidat Romney et d’appuyer celle du Président sortant. Via des vidéos (volées ou bien transformées), les conseillers du candidat démocrate cernaient les faiblesses de Mitt Romney et diffusaient massivement des spots acerbes à son encontre. Ainsi, la Truth Team 2012 avait repris la vidéo volée du candidat républicain évoquant les « 47 %  d’assistés », largement diffusée par le site web Mother Jones.

Il semble encore difficile de dire qu’une campagne présidentielle puisse se jouer par Internet et que la politique 2.0 domine les canaux traditionnels d’expression de la parole publique. En revanche, il est sûr que les leviers offerts par le numérique décuple l’impact des spots, des informations, des propositions et finalement de la perception qu’ont les électeurs des candidats en lice pour le pouvoir.

L’annonce de Barack Obama de sa victoire sur Twitter offre une excellente illustration des influences exercées par la politique 2.0 sur les électeurs mais aussi sur les acteurs politiques eux-mêmes : c’est la première fois qu’un candidat à une élection présidentielle annonce sa victoire sur Internet, et de surcroît sur Twitter. Mais au regard de la tonalité très numérique de cette campagne, l’annonce aurait pu paraître anecdotique !

Crédits photo : Flickr, Barack Obama