Une conférence de deux jours vient d’avoir lieu les 6 et 7 mai à Krems, en Autriche sur le thème de la cyberdémocratie.

La cyberdémocratie vise à favoriser la participation active des citoyens par un usage maîtrisé des technologies de l’information et de la communication (TIC). Les interventions ont porté sur des problématiques aussi diverses que le vote électronique, l’open data, la modernisation des services publics, l’empowerment des citoyens, la e-participation en Europe, les médias sociaux… Les intervenants ont exposé leur point de vue, leurs expériences et nous avons voulu faire un focus sur la présentation de Sara Tavazzi qui a abordé la question de la formation des citoyens à la cyberdémocratie en Toscane.

Pour mener à bien des projets d’innovation politique associés aux TIC, la région de Toscane, qui compte 3 730 000 habitants et 287 municipalités, a lancé depuis 2005, son « Pass network »,  un réseau de points d’accès à internet destinés à aider les citoyens dans l’appropriation des usages du numérique. Car le problème sous-jacent à la cyberdémocratie (encore appelée e-gouvernement, e-démocratie, open government) est l’aggravation de la fracture numérique. Que serait une politique de « e-gouvernement », si des actions de formation au numérique n’y étaient corrélées ? C’est pourquoi la région de Toscane a mis en place ce réseau « Pass Network ».

Chaque « PAAS » a sa propre localisation (bibliothèque, maison de retraites, maison des jeunes, centre Croix Rouge, point d’information, bureau d’administration locale…) et les populations ciblées sont multiples,  séniors,  jeunes, migrants, touristes, étudiants, femmes, handicapés. Les activités diffèrent selon les besoins locaux mais globalement, il s’agit de simplifier les relations entre l’administration et les citoyens et de donner au plus grand nombre la possibilité de profiter des avantages de l’internet. Les habitants des zones rurales ou montagneuses ont la possibilité de participer aux décisions publiques. Le réseau a créé son portail participatif que chaque localité peut personnaliser.

Les résultats sont encourageants : il y a pour cette seule région, depuis 2005, plus de 50000 citoyens inscrits et plus de 1300 volontaires . Les municipalités s’organisent et sont responsables de leurs activités locales devant les régions. Des associations de volontaires organisent les activités, donnent des formations de base, et aident les citoyens à utiliser les outils de l’internet. Ces volontaires jouent un rôle social important en conduisant les populations vers une forme de citoyennenté active utilisant les TIC. Le réseau « Pass Network » a par ailleurs créé un « living labs » pour permettre de tester des plateformes et divers outils numériques.

En 2008, 20 points d’accès ont été impliqués dans le projet européen «Tell me Project », financé par l’UE, projet dans lequel il était demandé d’ expérimenter des actions de e-participation autour de projets de lois régionaux. Plusieurs pays d’Europe se sont impliqués dans ce projet de e-participation citoyenne : Le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, l’Autriche et la Grèce.


A savoir : il existe en France, un réseau de ce type, les espaces publics numériques, déployé depuis plus d’une dizaine d’années sur l’ensemble du territoire, et qui compte aujourd’hui près de 4500 lieux de statut public ou associatif. Ils constituent un ensemble de réseaux territoriaux ou thématiques, pour certains soutenus par les collectivités et pour d’autres par l’Etat. On peut en consulter le liste sur le portail NetPublic ou à l’aide l’application « MonEpn » téléchargeable sur la plateforme Proxima Mobile.

Claude Sadaj