L’Estonie, après l’effondrement de l’économie administrée soviétique, est devenue une société moderne à forte croissance, où la recherche a pu se développer rapidement et où l’innovation a connu de très belles heures jusqu’à la crise de 2008. On peut citer, parmi les réalisations les plus célèbres, l’invention de Skype. En Estonie, le numérique est un domaine de pointe et presque tout le monde peut profiter d’internet gratuitement, quasiment partout. Les citoyens accèdent très aisément aux services publics en ligne, en s’identifiant avec une carte d’identité électronique. Avec cette même carte, ils peuvent sécuriser leurs transactions commerciales.

Tout récemment, le gouvernement du Royaume-Uni et l’Estonie ont signé ensemble un protocole d’accord visant à une collaboration sur l’e-gouvernement. Rien d’étonnant, car l’Estonie est reconnue comme le leader mondial dans ce domaine : 90 % des impôts sont réglés en ligne, et le vote peut s’accomplir à distance. Les deux pays ont décidé d’encourager les relations mutuelles entre leurs fonctionnaires afin de partager leurs connaissances en conception, en architecture et en sécurité des systèmes d’information et et de développer ensemble de nouvelles compétences. A la signature des accords, trois initiatives ont été lancées : sur l’open standard (normes ouvertes), sur les procédés d’authentification, et sur l’open data. Ces travaux seront entrepris conjointement par le Royaume-Uni et l’Estonie, avec l’espoir qu’ensuite d’autres pays entreront dans ce projet collaboratif. Priisalu, chef des services informatiques du gouvernement estonien, a affirmé que l’Estonie a tout à gagner de l’expérience des Britanniques en matière de services en ligne. Sur le choix des solutions à adopter, des différences dans les approches respectives des deux pays s’expriment néanmoins :  la carte d’identité électronique, indispensable au fonctionnement de l’e-gouvernement, ne sera pas centralisée au Royaume-Uni (la carte d’identité a été supprimée en 2011). Les Britanniques préfèrent un système fédératif, qui laisse à un ensemble de parties tierces la possibilité d’authentifier l’identité des personnes par le biais de leurs comptes (Twitter, Paypal, Facebook, Google, Yahoo, etc…) pour toutes leurs transactions dans les services publics ou sur les sites marchands.

Claude Sadaj