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Une plateforme open data française plus sociale

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Lors du sommet du G8 qui s’est tenu l’année dernière en Irlande, sous la présidence britannique, les chefs d’Etat des pays les plus industrialisés ont débattu sur les grands enjeux politiques et économiques mais aussi sur la transparence en matière de gouvernement. Ce dernier point, communément évoqué sous le nom d’ « Open Government », a donné lieu à l’élaboration d’une « Charte de la transparence », signée par l’ensemble des participants, notamment par le président de la République française. A l’approche du prochain G8, qui se tiendra à Sotchi (Russie) les 4 et 5 juin 2014, la question se pose de savoir si nous avons accompli des avancées notables dans ces domaines qui sont au fondement de l’innovation sociale aujourd’hui.

La transparence est devenue un paradigme d’innovation que le monde entier expérimente depuis quelques années. L’un des piliers de la transparence est l’ouverture des données d’information publique. Dans ce champ spécifique, la France a joué sa partie en créant, en 2011,  son site gouvernemental data.gouv.fr, rénové tout récemment en plateforme de données collaborative 2.0 qui « permet aux services publics de publier des données publiques et à la société civile de les enrichir, modifier, interpréter en vue de coproduire des informations d’intérêt général ».

C’est ainsi que des masses de données d’information publique peuvent maintenant être accessibles selon différentes modalités : sur data.gouv.fr et sur les sites des institutions qui les délivrent (collectivités locales ou organisations non gouvernementales) et surtout partagées par les utilisateurs eux-mêmes. Les enjeux sont importants, de nombreuses données sont encore attendues avec beaucoup d’intérêt : par exemple les données sur les entreprises qui constituent des aides précieuses pour les analystes économiques et les décideurs dans leurs choix stratégiques, ou les données médicales qui apportent aux chercheurs une connaissance fine du terrain. Dans l’immédiat, à la veille des élections municipales, les citoyens se focalisent peut-être davantage sur les données d’information locales, par exemple, les données statistiques relatives aux polices municipales ou encore celles qui portent sur la fiscalité.

Côté technique, il faut saluer l’initiative de la France de coopérer au développement d’ un outil open source, CKAN, avec l’Open Knowledge Foundation. Ainsi, toutes les fonctionnalités et les améliorations créées par nos développeurs seront elles aussi partagées avec toute la communauté.

L’ouverture des données d’information publiques constitue un réel levier de transparence pour les citoyens. On voulait que ces données soient lisibles par les machines, mais il faudra également élaborer une pédagogie pour les rendre lisibles et compréhensibles par le citoyen commun. C’est sans doute l’esprit de l’un des engagements de la « Charte de la transparence » signée par les membres du G8 en 2013 : « - les Etats mettront en oeuvre l’alphabétisation des publics en matière de traitement des données ouvertes afin de « déverrouiller » leur valeur ». Cet engagement est fondamental, et peut-être est-ce le point auquel il faudra être attentif cette année.

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