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mercredi 8 octobre 2008 Vers une convergence des systèmes de formation professionnelle au niveau européen ? - Table ronde
mercredi 1 octobre 2008 Turquie, Liban, Irak, Iran : nouvelle donne au Moyen-Orient ? - Table ronde
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Ces créationnistes avancent deux arguments. Selon le premier, on pourrait constater à l’échelle microbiologique l’existence d’organismes d’une « complexité irréductible » dont l’agencement des pièces (par exemple le flagelle de certaines bactéries) ne saurait s’expliquer par une composition progressive d’éléments simples. Selon le second, les calculs établiraient que le hasard ne peut expliquer la complexité de la nature. Seule une super-intelligence pourrait produire des êtres aussi ingénieusement adaptés à leurs fonctions. Des États-Unis, l’attaque antidarwinienne a gagné la vieille Europe. Après George W. Bush, une ministre néerlandaise s’est prononcée en faveur de l’ID, puis le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne proche de Benoît XVI, dans le New York Times. Le mouvement semble avoir conquis des positions jusque dans les rangs des enseignants de la France laïque.
La contre-attaque du camp adverse n’a pas tardé. Richard Dawkins s’en prend violemment à la religion, dénonce les atrocités perpétrées en son nom. Il prône l’athéisme au nom de la science. Son best-seller The God Delusion enflamme les esprits en s’efforçant de montrer que les comportements religieux eux-mêmes relèvent de la sélection naturelle.
Il y a maldonne. La science n’a pas vocation à se muer en « religion séculière » ; la religion n’a nulle qualité pour légiférer en matière scientifique. Aurions-nous oublié que l’Occident a inventé un mode de pensée transactionnel où les valeurs de l’une et de l’autre peuvent entrer en dialogue comme avec celles du droit, de l’éthique, de la politique ou encore de l’esthétique ? Ce mode porte un nom depuis Platon : la philosophie. Le dessein le plus intelligent que nous puissions former devant tant de haines, de peurs et de bêtise, ne serait-il pas de nous mettre à philosopher sérieusement ?
Dominique Lecourt | Membre du Conseil de surveillance
Professeur de philosophie à l'université de Paris-VII, vice-président de l'Observatoire du principe de précaution
Durant ces deux dernières années, la Fondation pour l'innovation politique a consacré une large part de ses travaux à identifier les défis nouveaux pour la France et le monde, et à imaginer des réponses pour y faire face. Lire la suite