jeudi 25 septembre 2008 Hommage à Bronislaw Geremek - Manifestation en partenariat avec Sauvons l'Europe, Notre Europe, France Pologne pour l'Europe et la CFDT
mercredi 10 septembre 2008 Indispensable, superflue ou aventureuse ? Premiers regards sur la révision constitutionnelle du 23 juillet - Table ronde
mercredi 25 juin 2008 Mai 68 et l'Europe - Séminaire de clôture du cycle « L’héritage de Mai 68 » autour de B. Geremek et E. Pisani
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Malgré les efforts de Guizot ou de Victor Cousin, malgré les réflexions nourries d'Ernest Renan ou de Louis Liard pour conférer à l'Université, au lendemain de la défaite de 1870, la vigueur et la cohérence qui avait si vivement contribué à l'essor de l'Allemagne rivale, l'Université n'a pas trouvé en France la place qu'elle s'est acquise dans les autres grands pays européens. Seule sans doute la IIIe République triomphante – celle des années 1890-1914 – avait su trouver un équilibre nouveau dans lequel enseignement universaliste et recherche de pointe ont pu, un temps, fonctionner de concert. Les grandes réformes de 1945 ont rendu le paysage universitaire plus complexe en créant, en dehors de l'Université, de nouvelles institutions dotées chacune d'une logique propre et de règles de fonctionnement particulières : organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA) ou nouvelles écoles (ENA, EHESS). Cette situation singulière n'a fait que se détériorer après la crise de Mai 68. La réforme en trompe-l'oeil concoctée en 1969 par Edgar Faure n'a fait que donner l'illusion de l'autonomie à des conseils d'administration privés de la maîtrise du budget et de la gestion des personnels. La loi Savary de 1984 a pérennisé ces dispositions contraires à l'esprit universitaire. Elle a fait proliférer les nouvelles missions de l'Université. Parallèlement était engagée une fonctionnarisation générale de la recherche française, avec tout ce que cela pouvait comporter de dirigisme, de centralisme et de conformisme. Sans y avoir été préparée, l'Université se trouvait confrontée à l'augmentation en masse des effectifs et à la nécessité de répondre à des objectifs nouveaux de professionnalisation, au besoin de s'affirmer dans le cadre d'une concurrence scientifique internationale plus vive. Mission impossible : l'Université était partie, sans surprise, pour un quart de siècle de réformes avortées et de révoltes stériles.
Analyser et comprendre l'enchaînement des erreurs et des contradictions depuis la loi Faure, c'est se donner les moyens de penser non seulement l'Université d'aujourd'hui, mais aussi celle de demain, qu'il nous reste à bâtir. Socle du dispositif institutionnel français, dernière loi à traiter globalement du problème de l'Université, la loi Savary servira ici de fil conducteur : malgré son âge, elle continue à générer et à révéler les problèmes que rencontre de manière récurrente l'Université française depuis plus de trente ans.
Durant ces deux dernières années, la Fondation pour l'innovation politique a consacré une large part de ses travaux à identifier les défis nouveaux pour la France et le monde, et à imaginer des réponses pour y faire face. Lire la suite