mardi 10 juin 2008 Indicateurs de richesse et de « bien-être » : faut-il tout changer ? - Conférence
mercredi 14 novembre 2007 Mesurer le bien-être : une mission impossible ? - Table ronde
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La promotion de l'individu dans les sociétés contemporaines soulève de nombreuses questions qui travaillent aussi bien les personnes que le corps social. C'est là une interrogation qui porte sur la nature du lien sociaĺ et sur ce qui peut unir une société d'individus. L'étude de Raphaël Wintrebert présente pour la France des résultats qui confortent l'idée que le bonheur est intimement́ lié à la qualité des relations sociales. En effet, si la richesse, la liberté́ et la sécurité sont estimées comme conditions nécessaires au bien-être des personnes, elles ne sont pas suffisantes. La solidarité et la dimension relationnelle restent fondamentales pour permettre à l'individu de s'inscrire dans une collectivité donnée, d'y trouver un sens, une place et un rôle. En 2007, 69 % des Français estimaient que la « fraternité » était menacée et 80 % que « l'égalité » s'était dégradée. Ces résultats illustrent une inquiétude pour les proches et pour l'avenir de la société, inquiétude qui affecte l'appréciation du bonheur. Remédier à ce « déficit » et permettre aux individus de renouer avec l'optimisme revient à restaurer la confiance dans la famille et les relations amicales, à reconnaître la participation active à̀ la vie sociale (associations...), nourrir le sentiment d'égalité/équité (revenus, sexes, éducation), ainsi que la tolérance vis-à-vis des autres et de leurs différences.
L'évaluation du bonheur rencontre encore certains problèmes de méthodologie. Il paraît ainsi plus fécond de se focaliser sur l'évaluation du bien-être pour un pays spécifique, en fonction de ses caractéristiques sociales, politiques et culturelles. A la suite du Royaume du Bhoutan, le Canada y consacre actuellement un vaste programme de recherche. Gageons que le sujet s'imposera en France d'ici peu.
Raphaël Wintrebert | Ancien chargé de recherche
Sociologue de formation, enseignant à l’université Paris-V, Raphaël Wintrebert travaille sur divers sujets parmi lesquels les politiques commerciales internationales, le capitalisme financier, les indicateurs de bien-être ou encore la sécurisation des parcours professionnels.
Il est, depuis novembre 2008, chef de projet au Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC).
Durant ces deux dernières années, la Fondation pour l'innovation politique a consacré une large part de ses travaux à identifier les défis nouveaux pour la France et le monde, et à imaginer des réponses pour y faire face. Lire la suite