mardi 30 mai 2006 Plus de proportionnelle pour mieux représenter la société civile ? Expériences européennes et scénario français - Table ronde
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Pierre Rosanvallon conteste la thèse que le repli individualiste dévitaliserait la démocratie. Celle-ci est, au contraire, bien vivante. Seulement à l’âge de nos sociétés de défiance, elle prend la forme d’une Contre-démocratie ; elle se pratique moins comme l’adhésion à un programme que comme la surveillance, le contrôle, voire la mise en suspicion de l’élu. Des pratiques dont l’historien rappelle qu’elles sont à la naissance de la démocratie.
La démocratie est un Janus qui présente deux visages : celui de la participation et de l’engagement dans un projet collectif, élaboré par un parti et proposé par un candidat au cours d’une campagne qui lui permet de s’exposer et d’emporter l’adhésion éclairée d’une majorité ; celui du contrôle de l’élu par l’électeur, qui veut lui rappeler d’où il tient son pouvoir et limiter ses prérogatives, dans la suspicion que le pouvoir tend toujours vers l’excès. Aujourd’hui les pratiques de la contre-démocratie ont pris le pas sur celles de la démocratie d’adhésion au risque de la mettre en péril. Une situation où le courage politique serait de ne pas flatter les passions contre-démocratiques et de travailler à un nouvel équilibre entre ses deux composantes.
François Ewald | Président du Conseil scientifique et d'évaluation
Professeur au Conservatoire national des arts et métiers (chaire d’assurances) et directeur de l’École nationale d’assurances, François Ewald préside l’Observatoire du principe de précaution et le Conseil scientifique et éthique d’AREVA.
Durant ces deux dernières années, la Fondation pour l'innovation politique a consacré une large part de ses travaux à identifier les défis nouveaux pour la France et le monde, et à imaginer des réponses pour y faire face. Lire la suite