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mercredi 3 décembre 2008 Construire la ville du futur : urbanisme et développement durable - Conférence du cycle « Villes et développement durable »
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A travers la formulation des principes « de responsabilité » ou « de précaution » est posée la thèse que l’humanité a désormais acquis par la science les instruments d’une puissance qui peut l’anéantir en tant qu’espèce. Qu’il s’agisse des nouvelles techniques de procréation, des possibilités offertes par le clonage thérapeutique ou de la convergence des « NBIC » (nanoscience, biologie, informatique et sciences cognitives), chaque avancée de la science alimente aujourd’hui la thèse du catastrophisme. Les effets de la prise de conscience du réchauffement climatique a accentué tant ce clivage que le paradoxe de la coexistence des discours particulièrement alarmistes des politiques et militants avec l’omniprésence des technologies de pointe dans notre quotidien. Catastrophisme contre scientisme, donc ? Alors que le scientisme permettait à l’homme d’adorer sa propre raison divinisée grâce à la science, le catastrophisme affirme de fait la toute-puissance de l’homme grâce à cette même science, comme « deux variantes d’une idéologie laïque qui flatte le narcissisme humain et qui entretient une vision eschatologique : Enfer ou Paradis ». Pour échapper à ce « catastrophisme scientiste », qui, procédant de la peur et de l’attrait paradoxal de l’homme à son égard, pose le consensus en vérité, Dominique Lecourt propose une « éthique pour la recherche » qui rende toute sa place à notre bien le plus précieux : l’esprit critique. « C’est la condition même pour que la recherche aide l’humanité à transformer son rapport à l’environnement dans le sens d’une liberté plus grande et d’une prospérité moins inégale ».
Dominique Lecourt | Membre du Conseil de surveillance
Professeur de philosophie à l'université de Paris-VII, vice-président de l'Observatoire du principe de précaution