Pour une politique européenne de développement
Etude
lundi 18 septembre 2006
Cette étude amorce une réflexion sur ce que devrait être la nouvelle politique de développement européenne : une politique centrée sur une coopération avec l’Afrique, et fonctionnant selon des principes innovants de décentralisation et partenariats.
La priorité doit être de créer un « espace de gouvernance » avec l’Afrique :
- l’espace ‘Europe-Afrique’ est une entité géographique, l’Afrique appartenant à une définition élargie de l’espace européen ;
- les intérêts d’une telle coopération sont réciproques : l’Afrique a besoin d’aide, l’Europe de garantir sa stabilité ;
- cet espace à construire est un ‘espace politique’: bassin d’emploi, flux financiers, réseau d’infrastructures, espace de dialogue démocratique, social, religieux et politique.
Aujourd’hui, ce défi ne peut pas être relevé car la coopération européenne est peu efficace :
- son seul point fort est l’existence d’un consensus pour une politique du développement complète (intégrer les paramètres commerciaux, sécuritaires, environnementaux etc) ;
- la conception encore « défensive » de l’aide européenne pose problème ;
- persiste une insuffisance institutionnelle : l’UE n’est pas représentée en tant que telle dans les instances internationales, et paraît divisée sur de nombreux sujets ;
- absence d’une pensée européenne du développement : la recherche est inorganisée ;
- difficile mise en œuvre des aides à (réglementations lourdes, démarches ralenties…)
L’étude propose de repenser cette politique de développement et de mettre en place un système innovant fondé sur la décentralisation et le partenariat :
- construire une vision mondiale du développement intégrant l’ensemble des régions concernées (Afrique, Amérique Latine, Inde…) ;
- penser une « politique publique européenne à part entière », qui rompt avec la logique de « juxtaposition de politiques d’inspirations et de finalités différentes» ;
- idée d’une approche confédérale : tisser un réseau d’agences et d’opérateurs qui intégrerait les expériences de chaque pays membre ;
- jouer le partenariat avec les PVD : prendre davantage en compte leur voix, renforcer leurs capacités locales ;
- organiser le « marché financier du développement » en valorisant le rôle des banques ;
- penser un « marché de l’aide » regroupant de multiples acteurs européens et africains, dont ceux du secteur privé.