C dans l'air - Et maintenant, le Président giflé...

Axel de Tarlé, Caroline Roux, Dominique Reynié | 08 juin 2021

Le niveau de tension et de violence de la vie politique ne baisse pas. En déplacement dans la Drôme aujourd’hui, Emmanuel Macron a reçu une gifle de la part d’un badaud. La vidéo, authentifiée, circule sur les réseaux sociaux. La scène a été confirmée par l’Élysée.

Le président de la République effectuait dans le département la deuxième étape de son tour de France des territoires, débuté la semaine passée dans le Lot. C’est alors qu’il allait à la rencontre de personnes qui l’attendaient, qu’il a été victime de cette agression. L’auteur de la gifle a lancé en même temps que son geste : « Montjoie Saint-Denis à bas la Macronie ! »
Deux personnes ont été interpellées, a indiqué une source proche du dossier. Le chef de l’État était en déplacement dans un lycée hôtelier de Tain-l’Hermitage à la veille d’une nouvelle étape du déconfinement.

L’ensemble de la classe politique a immédiatement apporté un soutien unanime au président de la République. « Aucun désaccord politique ne justifiera jamais la violence. Le respect des institutions de la République et de ses représentants est un principe cardinal de notre vie démocratique », a déclaré Xavier Bertrand. « Il est inadmissible de s’attaquer physiquement au président de la République », a appuyé Marine Le Pen. « Cette fois-ci vous commencez à comprendre que les violents passent à l’acte ? Je suis solidaire du Président », a quant à lui réagi Jean-Luc Mélenchon sur Twitter, en échos à la vidéo publié dimanche qu’il considère comme un appel au meurtre contre lui et ses partisans. Le premier Ministre Jean Castex en a lui appelé à « un sursaut républicain » devant les députés à l’Assemblée Nationale.

Cette violence physique à l’encontre du chef de l’Etat n’est pas sans rappeler celle dont sont victimes de plus en plus d’élus de terrain, et notamment les maires, depuis plusieurs années. L’association des maires de France (AMF) avait d’ailleurs annoncé en octobre dernier la création d’un « observatoire des agressions envers les élus », face à « la recrudescence des incivilités et l’inquiétante multiplication des agressions ». Selon la Chancellerie, 255 affaires d’atteintes aux élus ont été signalées à la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) par les parquets généraux au cours de l’année 2019 et jusqu’au 21 août 2020. Quarante-et-un pour cent de ces affaires constituent des atteintes aux personnes, ce taux atteignant 63 % lorsque la victime est un maire. Plusieurs agressions ont défrayé la chronique ces derniers mois. La plus violente reste la mort violente, en août 2019, du maire de Signes (Var), Jean-Mathieu Michel, renversé par une camionnette dont il voulait verbaliser les occupants pour avoir jeté des gravats sur le bord de la route, avait provoqué l’indignation de la classe politique.

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron compte remettre à l’agenda politique le dossier brûlant de la réforme des retraites, dont l’examen avait été interrompu par la pandémie de Covid-19 en février 2020. Cela reste une « priorité » du gouvernement, qui compte s’y prendre autrement qu’avant la pandémie pour finaliser ce dossier avant 2022. Les syndicats mettent en garde : « On continue de dire qu’il n’y a pas de voie de passage pour une réforme des retraites quelle qu’elle soit d’ici l’élection présidentielle », a affirmé ce lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger. « Ce serait une erreur de la part du président de la République de remettre ça sur la table, il y a bien d’autres priorités », a commenté sur RMC son homologue de la CGT, Philippe Martinez.

Comment expliquer la recrudescence de violence dans et autour de la classe politique ? Comment mieux protéger les élus face aux agressions dont ils sont victimes ? Macron pourra-t-il faire passer sa réforme des retraites avant 2022 ?

Retrouvez l’émission dans son intégralité sur france.tv.

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