Au sommaire de ce dimanche, deux sujets. Aux Etats-Unis, quel démocrate pour affronter Trump ? Services publics français : casse ou changement de modèle ? Et pour commencer, une question liminaire sur le coup de théâtre qui, depuis vendredi, chamboule la campagne municipale parisienne.

Introduction : Affaire Griveaux

Question liminaire sur le coup de théâtre qui, depuis vendredi, chamboule la campagne municipale parisienne : mis en cause par la divulgation de vidéos à caractère privé et sexuel, Benjamin Grivaux a renoncé à conduire la liste de La République en marche dans la capitale.

Première partie : USA. Les démocrates à l’heure des choix ?

La course à l’investiture du candidat démocrate à la présidentielle américaine réserve souvent des surprises spectaculaires. C’est à nouveau le cas cette année.

Depuis des mois, les sondages avaient fait de Joe Biden, voire d’Elizabeth Warren, les favoris de ce scrutin. L’ancien vice-président de Barak Obama faisait figure de champion des démocrates modérés. La sénatrice du Massachusetts apparaissait comme la porte-voix de l’aile progressiste du parti. En l’espace de quinze jours, après le caucus de l’Iowa et la primaire du New-Hampshire, l’un et l’autre paraissent déjà hors-jeu ou presque.  A leur place, deux candidats font la course en tête. Le premier est le vétéran Bernie Sanders, 78 ans, sénateur du Vermont, déjà coriace concurrent de Hillary Clinton il y a quatre ans. Il se définit comme « socialiste » – un gros mot aux Etats-Unis. Le second est le benjamin Pete Buttigieg, 38 ans, ancien maire de la petite ville de South Bend dans l’Indiana et inconnu il y a seulement un an. Centriste et rassembleur, il entend, c’est son slogan, « tourner la page » – à la fois la page de la présidence Trump et celle des caciques de Washington.  Mais aucun des deux ne s’est imposé de façon déterminante.  Et ils ne sont pas seuls en piste. La sénatrice modérée du Minnesota, Amy Klobuchar a créé la surprise dans le New-Hampshire avec sa troisième place. Et chacun spécule sur l’entrée en lice de l’ancien maire de New-York, le milliardaire Michael Bloomberg, lors du « super Tuesday » du mardi 3 mars où 14 Etats, dont le Texas et la Californie, désigneront leurs délégués.

Bref, la situation du camp démocrate paraît complètement imprévisible. Bien malin qui pourrait prédire quel candidat affrontera Donald Trump en novembre prochain. Et avec quelles chances de le battre. Car c’est bien cela le défi.

Deuxième partie : Services publics en France : casse ou changement de modèle ?

Depuis des semaines, des mois même, tous les services publics sont agités par de profonds mouvements de grogne. A l’hôpital, la fronde dure depuis un an : grève des services d’urgence, cris d’alarme répétés des médecins, démission depuis quinze jours de quelque 800 chefs de service de leurs responsabilités administratives et, vendredi dernier encore, une troisième journée de mobilisation des personnels pour réclamer les moyens de « sauver l’hôpital public ».  A l’automne, ce sont les policiers, tous grades confondus, qui ont exprimé leur ras-le-bol lors d’une « marche de la colère » sans grand précédent. De même les pompiers, descendus dans les rues à deux reprises.  Le malaise de la justice n’est pas nouveau. Mais il est désormais exacerbé par la grève des avocats qui refusent d’abandonner leur régime de retraite et paralysent un peu plus la machine judiciaire. Et, déjà, l’effervescence monte dans le monde de l’université et de la recherche où beaucoup dénoncent par avance la loi de programmation en préparation.

Dans tous les cas, sous la pression, le gouvernement a accordé ou annoncé des mesures financières significatives.  Mais rien ne semble de nature à apaiser l’inquiétude des intéressés. Pour beaucoup, les contraintes budgétaires invoquées, les mesures de réorganisation engagées et les politiques de recrutement parcimonieuses conduisent à l’affaiblissement structurel des services publics.  Indispensable changement de modèle, plaide l’actuel gouvernement et il n’est pas le premier. Casse du service public à la française dénoncent de plus en plus vivement les personnels.

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