Alcool, tabac, drogues, réseaux-sociaux, porno, jeux vidéo… Une enquête Ipsos dévoile les addictions inquiétantes des 14-24 ans

Dans un rapport remis aux parlementaires et relayé par « le Parisien », intitulé « Les addictions chez les jeunes », la Fondation pour l’innovation politique, le Fonds Action Addictions et la Fondation Gabriel-Péri, sonnent l’alarme :

« Nous vivons dans une société addictogène où les consommations à risque ne cessent de s’accroître. »

D’après l’enquête, 30% des jeunes boivent de l’alcool et 24% fument du tabac au moins une fois par semaine. La drogue la plus consommée est le cannabis : 15% des jeunes français l’ont déjà testé.

Concernant l’addiction aux écrans, 26% des 18-22 ans estiment passer plus de cinq heures par jour sur les réseaux sociaux, 10% plus de huit heures.

Enfin, un jeune sur cinq regarde du porno une fois par semaine, 9% quotidiennement et 5% plusieurs fois dans la journée.

Des chiffres en augmentation

Cette nouvelle enquête Ipsos confirme les tendances des études précédentes. En 2017, l’IFOP avait déjà alerté avec une étude baptisée « Vers une génération Youporn ». L’institut d’études s’alarmait de l’augmentation de la consommation pornographique chez les jeunes : en 2013, 37% des 15 à 17 ans avaient déjà consulté des sites pornographiques contre 51% en 2013. Chez les garçons, le chiffre est passé de 53 à 63%.

En 2015, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES) observait également une augmentation de la consommation d’alcool par semaine chez les 18-25 ans : de 36% à 40%.

L’enquête Ipsos montre que la progression touche les garçons et les filles, mais que ces dernières sont moins sujettes aux addictions. Entre 18 et 25 ans, elles sont 30% à boire de l’alcool toutes les semaines contre 51% pour les garçons. Idem pour le porno : 37% d’entre elles ont navigué une fois sur un site, c’est 26 points de moins que leurs homologues masculins (63%).

Un nouveau plan anti-addictions

L’enquête dénonce également la trop grande facilité d’accès aux produits, afin de faire réagir les pouvoirs publics. Si la vente d’alcool et de tabac est interdite aux mineurs depuis 2009, seulement 20% des 14-24 ans estiment qu’il est difficile d’acheter des cigarettes avant 18 ans et 28% d’acheter de l’alcool. Enfin, avec la multiplication des sites pornographiques, 92% des jeunes affirment qu’il est facile d’y naviguer.

Le plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les conduites addictives (2013-2017) arrive à sa fin. Un nouveau plan de mobilisation contre les addictions devrait être proposé par les pouvoirs publics. Pour le Fonds Actions Addictions :

« Les addictions doivent être considérées comme un problème de santé et de sécurité publiques de premier plan. » 

En 2004, le gouvernement a créé 540 centres de Consultations jeunes consommateurs (CJC) pour lutter contre les conduites addictives. Ces centres reçoivent environ 30.000 personnes par an, majoritairement pour des consultations concernant le cannabis (81%).

L’étude dévoile que les jeunes sont favorables à des mesures de contrôle et de protection plus poussées face aux comportements addictifs, en particulier pour les mineurs : « une occasion à ne pas laisser passer pour le législateur », souligne le Fonds Actions Addictions.