Lutter efficacement contre l’antisémitisme, s’inquiéter du fossé entre élites et le mouvement des Gilets jaunes, de l’avenir démocratie et surtout : réincarner l’autorité aux frontières européennes. C’est ce message qu’a porté Dominique Reynié, professeur à Sciences Po et chroniqueur à Dis-Leur ! à Emmanuel Macron, ce lundi, invité parmi les 60 intellectuels français invités à l’Élysée pour un débat « très studieux », veille d’une nouvelle mobilisation des Gilets jaunes. A ce propos, Dominique Reynié défend l’idée qu’il faut que Macron répondre à la question aiguë du pouvoir d’achat et ré-humaniser l’administration.

Professeur à sciences po, ex-candidat LR aux régionales de 2015 en Occitanie, et chroniqueur pour Dis-Leur.fr, Dominique Reynié faisait partie des 60 intellectuels et universitaires à participer au Grand débat avec le président de la République, ce lundi, à l’Élysée. Une démarche que Dominique Reynié a appréciée, balayant d’un revers de main ceux qu’il appelle les « grincheux », à l’instar de François Ruffin, député LFI (La France insoumise) lequel, depuis la fac de Montpellier, a refusé ce jeudi une invitation de Macron, pour ne pas être considéré comme une « caution » d’un président qui, « pour enterrer une révolte fait un grand débat », a-t-il asséné.

« Le président a donné huit heures de son temps, s’agace Reynié, par ailleurs directeur général de la Fondapol,  qui a commencé son intervention au Grand débat par un : « On pourrait vous dire : « Bonjour Monsieur le président », soulignant le fait que le débat avait duré jusqu’au point du jour.

« On a posé toutes les questions que l’on voulait ; j’ai pu formuler ma question en six minutes, argumente Reynié…  Ce n’est pas raisonnable de penser comme Ruffin. Il a été trop souvent reproché aux anciens présidents leur endogamie. Qu’ils aient tous le même profil, qu’ils soient issus des mêmes promotions, des mêmes cercles avec les mêmes réflexes… Je ne sais pas ce que Macron va en faire, mais c’était un débat sérieux, très studieux. D’ailleurs, il n’y avait aucun diner après… » La sociologue Dominique Méda estime, elle, a contrario, que la rencontre s’est transformée en faire valoir présidentiel. « Avec un chef de l’Etat qui n’a absolument pas pris la mesure de l’urgence sociale et écologique », dit-elle dans Libération.

Le neuro-psychiatre Boris Cyrulnik a été impressionnant. Il a réussi à décrire simplement, en cinq minutes, avec gravité, le mauvais état de la psychiatrie en France. Macron a même pris des notes. »

S’il ne devait en retenir qu’une, Dominique Reynié pointe l’intervention brillante du neuro-psychiatre Varois Boris Cyrulnik : « Il a été impressionnant. Il a réussi à décrire simplement, en cinq minutes, avec gravité, le mauvais état de la psychiatrie en France. Macron a même pris des notes. » Ce dernier Grand débat laisse toutefois un arrière-goût d’inachevé dans la bouche de Reynié : « On était peut-être un peu trop nombreux pour avoir un vrai débat et que la plupart ont certes insisté sur le diagnostic mais pas sur les solutions à apporter. »

Dominique Reynié, lui, a insisté notamment sur le rôle primordial des frontières européennes, en s’appuyant sur la « Lettre aux Européens de Macron ». Il précise : « Il faut défendre intellectuellement et physiquement nos frontières européennes, y compris avec des signes ostentatoires. Il n’y a pas de communauté sans frontières. Il faut renforcer nos systèmes de contrôle, douanier, militaire… Avoir une vraie politique migratoire, et envers les migrants. » Sinon… « Sinon, ce sont les populismes qui gagneront tout ».

Améliorer le pouvoir d’achat et ré-humaniser les rapports avec les administrations

Quant à la sortie de crise des Gilets jaunes, Reynié à ce verdict lucide : « Il y a deux sujets majeurs auxquels Macron devra apporter des solutions. D’abord, l’inéluctable question du pouvoir d’achat et des excès de prélèvements. Ensuite, simplifier, ré-humaniser les rapports avec les administrations, devenus insupportables. » Entre le kaftaïen et « l’insupportable », jusqu’à « l’infantilisation ». Sinon, prévient Reynié, « attention à la crise de régime. A la crise de la démocratie… Et nous sommes à deux ans de la prochaine présidentielle et dans un contexte où PS et LR sont dans un état très dégradé… » Avec, en embuscade, Marine le Pen qui se « fiche de savoir si ce quelle avance est vrai ou non. Son calcul est simple : les élites qui soi-disant détiennent la vérité ont échoué… »