En pleine polémique sur la question de l’âge minimal de départ à la retraite, Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites, était à Niort ce vendredi soir pour une rencontre-débat.

Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire à la réforme des retraites était à Niort ce vendredi © Radio France –

« Un système universel de retraite ? Parlons-en ! ». Et bien, on en a parlé ce vendredi soir au club de l’Acclameur à Niort. Une rencontre-débat s’est déroulée en présence du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye. Niort est la deuxième étape sur quatre de ces événements organisés par la Fondation Jean-Jaurès et la Fondation pour l’innovation politique.

Environ 130 personnes étaient réunies. La rencontre était ouverte à tous (sur inscription). Devant l’Acclameur, une trentaine de militants de la CGT et de Force Ouvrière ont sorti les drapeaux syndicaux. Le projet de réforme des retraites en préparation prévoit de remplacer les 42 régimes actuels par un régime « universel » par points. Ce qui inquiète les syndicats. « Ce système à points on n’en veut pas, il est soumis aux aléas de l’économie. Les années de récession, la valeur du point diminue », dénonce Michel Ferey, membre de l’union départementale de la CGT des Deux-Sèvres.

Jean-Paul Delevoye défend lui ce système où « à revenus identiques, cotisations identiques, retraites identiques. On a un besoin d’équité ».

« Le mandat qui m’est donné est de garder l’âge légal minimum d’ouverture des droits à 62 ans »

Ces derniers jours, c’est la question de l’âge minimal de départ à la retraite qui a fait polémique. Jean-Paul Delevoye rassure : « Le contrat m’a été reconfirmé par le Premier ministre, y compris dans son communiqué. Le mandat qui m’est donné est de garder l’âge légal minimum d’ouverture des droits à 62 ans ». Pour le haut-commissaire, « ceux qui ont des réponses de recul d’âge ont des réponses de comptable, budgétaires mais ne règlent pas dimension sociale. Celles et ceux qui sont les plus précaires vont le plus loin. 20 % des femmes vont jusqu’à 67 ans pour annuler la décote ».

L’âge minimal est un faux problème pour le sénateur LR des Deux-Sèvres Philippe Mouiller. « Pour beaucoup de régimes, les 62 ans ne sont plus une réalité lorsque l’on prend réellement la durée de cotisation. Les 62 ans ne sont qu’un affichage », estime l’élu, favorable à l’idée de « travailler plus longtemps si on veut garantir le même niveau de pension avec l’espérance de vie qui s’allonge ».

Jean-Paul Delevoye doit remettre ses recommandations au gouvernement après les élections européennes le 26 mai. Un projet de loi devrait être présenté avant l’été.