Une fois n’est pas coutume, ce n‘est pas le portrait d’une personne, mais d’une tribu. En pleine journée de la marche blanche pour Mireille Knoll, portrait des antisémites.

L’antisémitisme est un monstre redoutable qui se nourrit de clichés, et ils ont la vie dure. C’est ce que montre une étude de 2014 réalisée par la Fondation pour l’Innovation Politique, dans laquelle on découvre que certains ont plus de préjugés que d’autres.

D’abord l’extrême-droite : l’image d’un Front National normalisé en prend un coup, ainsi près de 40% des électeurs de Marine Le Pen estiment qu’un Français juif n’est pas aussi Français qu’un autre. C’est 16% pour la moyenne des Français. L’extrême-gauche n’est pas en reste : un quart des électeurs de Jean-Luc Mélenchon considèrent que les Juifs sont trop nombreux en France. Et puis il y a les Musulmans, pour véhiculer les clichés sur les juifs, ils sont deux à trois fois plus nombreux que la moyenne. Ainsi un sur deux pense que les Juifs ont trop de pouvoir.  Et on monte à 63% chez les musulmans pratiquants.

Cet antisémitisme latent, il prend plusieurs visages.

Il y a les théoriciens : l’extrême-droite raciste et les groupes terroristes islamistes. Et, il y a les facilitateurs, souvent antisionistes, qui légitiment le passage à l’acte au nom de la fraternité avec la cause palestinienne.

Et puis les violents, ceux qui passent à l’acte, souvent des hommes jeunes avec un passé de petit délinquant, pas forcément issus de l’immigration mais tous paumés. Ce sont des précaires en pleine confusion identitaire, en échec social… C’est le constat de l’académicien Jean-Christophe Rufin. Manuel Valls, a parlé d’un « antisémitisme inculte véhiculé par les paraboles et par internet ». Car la haine est contagieuse, et on l’attrape sur les réseaux sociaux, dans les forums de discussion et les vidéos en ligne où la starification de Dieudonné fait des ravages.

Et le résultat est là : l’antisémitisme progresse.

L’antisémitisme est vieux comme le monde, vieux comme le judaïsme. Mais en effet en ce début de 21ème siècle, l’antisémitisme affiche une vigueur assez inquiétante. Les Juifs, qui représentent 1% de la population française concentrent un tiers des actes racistes. Les actes antisémites ont bondi de 26% l’an dernier, et ils sont de plus en plus violents.

Par peur, les trois-quarts des juifs renoncent parfois à porter la kippa. Et il y a un fait particulièrement frappant : de la fin de la guerre jusqu’à 2006, il n’y a eu aucun crime antisémite sur notre sol. Depuis 2006 et le meurtre d’Ilan Halimi, on compte 11 assassinats et deux tentatives. La peste tue à nouveau en France.

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