L’Esprit Public ce dimanche avec l’historienne de la psychanalyse Elisabeth Roudinesco, le philosophe François-Xavier Bellamy, le politologue Dominique Reynié et le directeur général du Think Tank Terra Nova Thierry Pech.

Retrouvez l’émission dans son intégralité, ici. 

Première partie : « L’itinérance mémorielle et politique » d’Emmanuel Macron pour le centenaire du 11 novembre : errance ou renaissance ?

Une commémoration ininterrompue d’une semaine sur les traces des anciens Poilus à l’occasion du centenaire du 11 novembre 1918 : c’était le genre d’opération qu’adorait le jeune président féru d’histoire et de plan de communication inédit. Emmanuel Macron entamait donc ce dimanche une itinérance mémorielle et politique » sur les lieux de la Grande Guerre ». Un voyage préparé depuis près d’un an disait l’Elysée, qui verrait le chef de l’Etat arpenter dix départements de l’est et du nord de la France, dont certains villages meurtris par le conflit mondial où « aucun Président ne s’était rendu depuis 1918″, l’Elysée aimant à rappeler que seul le général De Gaulle avait accompli un tel périple, sur une période un peu plus courte : Morhange en Moselle, théâtre de la pire hécatombe pour les troupes françaises avec 20.000 morts par jour en août 1914, Verdun et l’ossuaire de Douaumont, La Flamengrie  dans l’Aisne où le cessez-le-feu avait été sonné pour la première fois, Maubeuge dans le Nord ou encore Péronne dans la Somme, ville libérée par les Australiens. Territoires meurtris par la guerre puis, des décennies plus tard, par la crise et la désindustrialisation.

On retrouvait une nouvelle fois ce pari très macronien d’en passer par l’Histoire c’est-à-dire le passé pour réparer le Présent, c’est-à-dire profiter d’un centenaire pour réparer un lien abîmé avec les Français et se réconcilier avec des « Territoires » qu’on disait en voie de rupture avec un Président jugé trop urbain.

Le plan Comm’ prévoyait aussi de rappeler abondamment qu’ « Emmanuel Macron était un enfant de ces territoires », né à Amiens, ce qui tombait bien,  l’un de ces territoires qui, au-delà de la guerre, avaient beaucoup souffert de la désindustrialisation. Le plan de bataille semblait au point. Mais l’histoire militaire avait démontré que les meilleurs plans ne garantissaient pas toujours… les victoires !

Deuxième partie : Bolsonaro : à chaque continent ses leaders populistes ?

Il s’appelle Claudio Couto, professeur de Sciences Politiques à Sao Paulo. Claudio Couto a bien analysé l’homme qui vient d’être élu président du Brésil et sera investi le 1er janvier prochain : Il voit en Jair Bolsonaro un leader qui aurait intégré tous les ingrédients du populisme : jouer la carte militariste comme Chavez au Venezuela, jouer la carte du fondamentalisme religieux comme Erdogan en Turquie(en version catholique bien sur), faire de l’anti-intellectualisme comme le Hongrois Viktor Orban, promettre de contrôler les institutions judiciaires comme le Polonais Morawiecki, ou encore annoncer la toute puissance policière comme Duterte aux Philippines. Bref, pour ce politologue brésilien, Bolsonaro serait une sorte de « pot pourri » des populismes du monde entier. Mais pouvait-on s’en tenir là ? S’en tenir à l’idée implicite que la résurgence mondiale du national-populisme serait un phénomène d’époque derrière lequel les spécificités « locales », liées aux histoires, et aux identités de chaque territoire seraient finalement secondaires ?

Bref, comment faire la part des choses entre ce qui relèverait de mécanismes nationaux, voire régionaux, et ce qui relèverait d’une époque pour ne pas dire d’une règle datant de l’Antiquité, à savoir que l’histoire de la démocratie avait toujours connu ses flux et ses reflux….

Références / conseils de lecture