C’est un conte à dormir debout. Alphonse Allais, écrivain de l’absurde, en aurait fait une formidable nouvelle. Lieu de l’action : Notre-Dame-des-Landes, commune de la Loire-Atlantique. Dans les rôles principaux : les zadistes, militants d’extrême gauche ultraviolents. L’intrigue, maintenant : voulu par les pouvoirs publics, validé par la justice et approuvé par 500 000 citoyens lors d’un référendum, le projet de nouvel aéroport du Grand Ouest n’est toujours pas lancé. L’affaire Notre-Dame-des-Landes est devenue « l’icône du déni de la démocratie française», selon Bruno Mug de Larauze, PDG d’Idéa Groupe, dans une note à la Fondation pour l’innovation politique (I).

Cette fable française « infuse dans les esprits l’idée même d’un certain règne de la « minocratie », c’est-à-dire de la domination d’une ultra minorité hyperactive, capable de bloquer les routes en toute impunité». Sa vision idéologique et jusqu’au-boutiste a été relayée avec complaisance au plus haut niveau. Les raisons de fond avancées par les défenseurs du projet (désenclavement aérien, croissance du trafic…) ont souvent été éludées. L’Etat a brillé par son indécision et sa faiblesse.

Début juin, le Premier ministre a chargé trois médiateurs de se pencher sur cet épineux dossier. Emmanuel Macron joue une partie de sa crédibilité sur les terres frondeuses de la Bretagne historique •

(I) «Notre-Dame-des-Landes I L-tat, le droit et la démocratie empêchés», fondapol.org