L’assassinat par décapitation de Samuel Paty nous rappelle que la France demeure l’une des cibles privilégiées du terrorisme islamique. La base de données mise en ligne par la Fondation pour l’innovation politique donne une vision à la fois éclairante et glaçante de cette réalité. Entre 1979 et 2019, 33.769 attentats islamiques ont ainsi été recensés dans le monde provoquant la mort d’au moins 167.096 personnes. Si plus de 89,1 % de ces attaques ont eu lieu dans des pays islamiques, la France avec 71 attentats et au moins 317 morts est de loin la nation de l’Union européenne la plus touchée. Cette violence aveugle sur le sol national s’est d’ailleurs accélérée dès le 11 mars 2012 et le premier attentat perpétré par Mohammed Merah. Au rythme moyen d’un attentat meurtrier tous les deux mois pendant 7 ans et coûtant la vie à au moins 280 innocents.

Cette réalité n’est pas le simple fait de loups solitaires ou de réseaux dormants isolés n’agissant que de leur propre initiative. Il y a derrière l’hydre islamiste. Elle s’appuie sur des organisations et associations elles-mêmes financées par des puissances étrangères et « alliées » de la France. Elle s’attaque insidieusement aux valeurs de la République en cherchant à influencer des maires, des élus, des universitaires. Réclamée à cor et à cri depuis des années, la nécessité de former les imams devient à ce titre une priorité. Le Conseil français du culte musulman (CFCM) semble enfin en prendre la mesure et annonce travailler à l’élaboration d’un programme de formation. Soit. Mais où aura-t-elle lieu ? Dans son discours du 2 octobre sur les séparatismes, Emmanuel Macron a annoncé son intention de mettre fin au système de formation des imams à l’étranger. Une pression immense et voulue au plus haut sommet de l’État sur le CFCM qui dans une semaine doit donc se réunir pour apporter sa pierre à la nécessaire refondation du culte musulman en France.