Une étude Fondapol révèle que 77 % des Français sont tentés par « la protestation électorale » en vue de l’élection présidentielle de 2022.

Plus de trois Français sur quatre (77 %) sont tentés par « la protestation électorale » pour l’élection présidentielle de 2022, selon une enquête de la Fondapol publiée jeudi qui utilise un indicateur additionnant abstention, vote blanc et vote « populiste ».

Dans le détail, 56 % ont indiqué qu’ils pourraient s’abstenir ou voter blanc en 2022. Et 49 % qu’ils pourraient voter pour au moins l’un des partis « populistes » et/ou de la gauche révolutionnaire.

La Fondation pour l’innovation politique, avec l’institut OpinionWay, et en partenariat avec le Figaro, a mis au point un « indicateur de la protestation électoral » qui regroupe plusieurs types de comportement : la disponibilité à voter pour les partis et candidats relevant de l’offre « populiste » (RN, LFI ou Debout la France), mais aussi pour les partis de la gauche révolutionnaire (LO et NPA), l’abstention et le vote blanc.

L’attrait du « populisme de droite »

Pour la présidentielle de 2022, 77 % des 3 006 personnes interrogées pour ce nouveau baromètre (le même panel sera désormais interrogé tous les six mois) ont répondu oui (« oui certainement » ou « oui probablement ») à au moins une de ces six options : s’abstenir, voter blanc, voter pour le RN, pour DLF, pour LFI ou pour LO/NPA.

La Fondapol note toutefois que le « populisme de droite » conserve une capacité d’attraction supérieure puisque plus d’un tiers (36 %) des interrogés envisagent de voter pour le RN ou DLF, alors qu’ils ne sont que près d’un quart (24 %) à dire qu’ils pourraient voter pour au moins l’un des partis de la gauche « populiste » (LFI) ou « révolutionnaire » (LO/NPA).

L’enquête de la Fondapol montre que par le passé, la plupart des électeurs (85 %) ont déjà eu recours à au moins une de ces formes de « protestation électorale » contre les partis dits « classiques ».

Un contexte « dégagiste »

Parmi les répondants qui disent avoir une image positive des Gilets jaunes, 65 % ont indiqué qu’ils pourraient voter en 2022 pour au moins une formation « populiste » ou révolutionnaire (dans le détail, 46 % pour RN ou DLF, 37 % pour LFI ou LO/NPA).

Dans ce contexte « dégagiste », la Fondapol relève que les « leaders populistes » subissent également une certaine usure. 57 % des électeurs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 souhaitent que LFI présente un autre candidat en 2022. De même, 42 % de ceux de Marine Le Pen en 2017 réclament un autre candidat pour le RN.

Enquête réalisée en ligne du 30 août au 6 septembre 2019 par OpinionWay pour la Fondapol auprès d’un échantillon de 3 006 personnes inscrites sur les listes électorales constitué selon la méthode des quotas. Marge d’erreur de 0,8 à 1,8 point.