Le 27 Janvier 1945, le camp d’Auschwitz est libéré par l’armée Soviétique. Considéré comme le plus grand camp de concentration et d’extermination du IIIe Reich (en 5 ans 1,1 million d’hommes, femmes et enfants y ont trouvé la mort), Auschwitz est surtout le symbole des crimes contre l’humanité commis par les Nazis. Honorer le 70e anniversaire du camp d’Auschwitz, c’est donc commémorer le drame de la Shoah. L’enjeu de la commémoration est double. Historique d’une part, puisque commémorer un événement consiste d’abord à rappeler le souvenir de faits marquants. Civique d’autre part, car commémorer est surtout l’occasion de réaffirmer les valeurs autour desquelles des individus décident de faire société. La commémoration contient ainsi une dimension politique qui ne se réduit pas à la compréhension des faits historiques mais vise aussi à partager publiquement les enseignements que l’on tire de l’Histoire.

Dans cette optique, la Fondation pour l’innovation politique et la Fondation pour la Mémoire de la Shoah se sont associées pour réaliser une enquête, auprès de 31172 jeunes, dans 31  pays et en 24 langues, sur la mémoire des événements qui ont marqués le XXe siècle. Parmi ces événements, la Shoah occupe une place centrale dans la mémoire collective puisque les deux tiers (66%) des jeunes interrogés considèrent l’extermination des Juifs par les Nazis comme l’événement le plus important de la Seconde Guerre mondiale. L’intérêt de confronter les jugements portés sur le XXe siècle est alors d’interroger le socle de valeurs universelles, politiques et morales, que partagent l’ensemble des jeunes citoyens du monde.

Au-delà de l’anniversaire, ce souvenir prend un sens particulier à un moment où l’on constate un retour de l’antisémitisme en Europe et en France en particulier. Le travail de mémoire est plus que jamais nécessaire.

Crédit photo : Pierre Marquis, Fondation pour la Mémoire de la Shoah.