La Fondation pour l’innovation politique souhaite relayer l’éditorial de “Biotechnologies végétales infos” du 4ème trimestre 2014.

Interdire le riz doré est un « crime contre l’humanité.

On reproche souvent aux plantes génétiquement modifiées (PGM) de bénéficier uniquement aux agriculteurs et aux multinationales des semences et des biotechnologies. C’est inexact. Par exemple le riz doré, un riz transgénique créé il y a plus de 10 ans par le Professeur Ingo Potrykus, pourrait être bénéfique pour la santé des consommateurs. Ce riz contient en effet du bêta-carotène, un précurseur de la vitamine A. Ce riz doré est très attendu par les populations du tiers monde : 6 à 7 millions d’enfants de 6 à 36 mois souffrent de malnutrition et manquent de vitamine A au risque de devenir aveugles ou de mourir par une plus grande fragilité aux maladies infectieuses.

Pourtant, ce riz doré n’est toujours pas autorisé à la culture sous la pression des « anti OGM » qui l’accusent, de manière totalement infondée, d’être inutile et potentiellement dangereux. Patrick Moore, qui a quitté Greenpeace après en avoir été un des fondateurs, accuse les opposants au riz doré et en particulier Greenpeace qui en est l’un des principaux animateurs, de commettre un « crime contre l’humanité ».

Ainsi sans preuve de l’existence de risques et sous le seul prétexte qu’il est génétiquement modifié, le riz doré n’est toujours pas autorisé à la consommation alors qu’il pourrait sauver, chaque année, la vie de 250 000 enfants. Il suffirait de 40 grammes de riz doré (riz sec) consommé quotidiennement pour permettre à ces enfants de subvenir à leur déficit en vitamines A. Les vertus de ce riz doré ont d’ailleurs été reconnues par le Ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, dont les prises de position ne sont pourtant pas favorables au développement des plantes génétiquement modifiées.

Professeur Marc Fellous
Président de l’Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV)