La Fondation pour l’innovation politique a organisé le mardi 6 mars 2018 la conférence « Pour donner un nouvel élan à la Francophonie ». Cet évènement s’inscrit dans la réflexion sur le rôle de la France au sein de la Francophonie et l’avenir de la langue française comme langue mondiale. À cette occasion, Benjamin Boutin, président de Francophonie sans frontières, a présenté son étude publiée par la Fondation pour l’innovation politique et divisée en deux parties : L’élan de la francophonie, Une communauté de langue et de destin (1) et L’élan de la francophonie : Pour une ambition française (2).  Sont également intervenus Thierry Cornillet, député européen et fondateur de l’Association Internationale des Régions Francophones, Roger Pilhion et Marie-Laure Poletti, auteurs de l’ouvrage …Et le monde parlera français (Iggybook, 2017, 450 pages).

En employant une métaphore marine, Benjamin Boutin a rappelé que la coopération, le dialogue et la médiation étaient les principaux outils de navigation de la francophonie, ce navire capable de relier des communautés humaines parfois isolées et minoritaires. Évoquant les principaux défis à l’horizon, il a rappelé la nécessité d’éviter le tourbillon du monolinguisme et de renforcer la cohésion et la motivation de l’équipage. Malgré le faible ancrage de la francophonie en Asie, la langue française semble promise à un bel avenir, si les francophones s’activent et ne se concentrent sur des priorités. Dans cet esprit, à travers une série de quinze propositions destinées à mener une politique francophone plus audacieuse, l’auteur a appelé la francophonie institutionnelle à se recentrer autour de deux cœurs d’action : le soutien à la langue française (notamment par l’éducation, la formation et les médias), d’une part ; la promotion de la paix, du développement et de la diversité, d’autre part. Dans la sphère numérique, cette diversité linguistique et culturelle est en péril. Benjamin Boutin soutient la création d’un Netflix francophone et souhaite créer un Davos francophone rassemblant les grands opérateurs économiques. Des incubateurs de la francophonie permettraient également de développer une culture francophone du numérique et de mettre en lien de jeunes entrepreneurs francophones. La francophonie doit porter son message d’ouverture au-delà des cercles d’initiés. Pour raviver la fierté d’être francophone ; de créer, d’entreprendre et d’échanger en français, l’action éducative peut s’appuyer sur douze siècles de création collective et sur des succès partagés.

Le député européen Thierry Cornillet, militant francophone de la première heure, président-fondateur de l’Association internationale des régions francophones, a de son côté souligné l’importance que l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) fasse l’objet d’un portage politique et que les pays qui ne respectent pas la charte de la francophonie soient sanctionnés. Il préconise la création d’un ministère de la francophonie en France ainsi que le développement de relations économiques plus soutenues entre pays francophones.

Marie Laure Poletti et  Roger Pilhion, esquissent dans leur ouvrage … Et le monde parlera français (Iggybook, 2017, 450 pages) les atouts et les faiblesses de la francophonie actuelle. Ainsi le français est une langue de communication internationale, parlée sur les cinq continents, ainsi que la langue officielle de 29 pays. L’OIF est la seule organisation fondée sur le partage d’une langue et elle attire sans cesse davantage de pays, au risque de diluer son action. La langue française est en perte de vitesse dans certains systèmes éducatifs. Il s’agit d’un problème qui touche aussi la France, puisque les élites françaises se montrent relativement indifférentes à cette question et oublient le potentiel du français comme langue internationale. Pour remédier à cela, les auteurs estiment que l’enjeu se situe au sein même du système éducatif et médiatique. Ils prônent l’accès le plus large possible à des ressources numériques francophones de qualité.