Débat organisé par la Fondation pour l’innovation politique et Alumni, lundi 24 juin 2013.
Intervenants :

Benoît Thieulin, Présidentculture_ecran du Conseil national du numérique
Jean-Sébastien Ferjou, co-fondateur d’Atlantico.fr
Dominique Reynié, Directeur général de la Fondation pour l’innovation politique et professeur à Sciences Po

 Introduction/données factuelles

 En 15 ans, Internet a permis de créer 700 mille emplois soit ¼ des créations d’emplois sur cette période.
–  38 millions d’internautes surfent tous les jours en France sur la toile.
–  24 millions de français utilisent Facebook aujourd’hui.

Le numérique a changé nos vies et a permis d’entrer dans une nouvellThieulin_Benoite civilisation et une nouvelle culture. C’est aussi une accélération de l’histoire dont on ne réalise pas forcément pleinement la portée. La spécificité de cette révolution réside aussi dans un phénomène majeur: l’ensemble des moyens de communication sont désormais intégré en un seul. Aussi, l’apparition du tactile est également une vraie révolution, notamment pour les nouvelles générations qui grandiront avec. Finalement, il est important de se demander quel type de rapport au monde nous entretenons quand nous sommes dans une culture de l’écran.

Les réseaux sociaux

 Les réseaux sociaux sont-ils un vrai outil de sociabilité ou un gadget à fort risque de dépendance ? Il faut bien noter qu’aujourd’hui les réseaux sociaux sont hyper segmentés puisque chacun utilise un espace social bien déterminé pour un certain type de relation sociale. A cet égard, il est indéniable que la population a fait un véritable apprentissage des réseaux sociaux. Désormais, les différents types de relations sociales peuvent se décliner dans le numérique !

Un autre aspect des réseaux sociaux est la culture de l’immédiateté qu’ils ont fait naître. C’est aussi la logique de la gratuité (ex : Google). Cette dynamique engendrée par le numérique permet à tous de ne plus se trouver à la périphérie, de bénéficier d’un accès à la culture, autrefois très fermée. C’est une véritable démocratisation du monde car les internautes ont accès à un monde commun et sont presque placés sur unDominique_Reynie même plan.

Les réseaux sociaux peuvent aussi comporter leur part d’ombre si l’on se réfère par exemple à l’étalement de la vie privée sur la sphère publique mais il ne faut pas confondre : l’intime n’est pas celui que l’on voit sur les réseaux sociaux, il est autre part puisque l’intime est précisément ce qui est caché. Il s’est déplacé, transformé et il n’est pas montré à tout le monde comme l’on pourrait le croire.

Finalement, l’accès à la culture par tous via le numérique est la conséquence majeure de ce tournant du 20ème et 21ème siècle. En outre, le numérique n’est pas qu’un lieu de support de la culture, il est aussi un lieu de création de la culture.

 Massification versus qualité

 La démocratisation et la massification de la culture rendue possible par le numérique sont ils compatibles avec l’exigence de qualités ? Même si la culture de masse a été renforcée avec l’apparition du numérique, on observe aussi le mouvement inverse : les internautes cherchent aussi à se différencier et appartiennent à des communautés affinitaires. La fiabilité de l’information sur internet peut certes parfois être remise en question du fait de la surabondance d’informations disponibles sur le numérique.

 Faire de la politique est-il possible sans le numérique ?

Il est très difficile pour le politique de faire de la politique sans avoir recours au numérique. Il faut en effet « investir le numérique » en s’adaptant à la culture numérique du politique. Mais le politique doit comprendre que le numérique appelle une culture nouvelle et est une invitation à intensifier le geste démocratique : redonner un second souffle à des formes plus participative set collaboratives. Aussi, le numérique est une opportunité indéniable puisqu’il offre un accès médiatique à des hommes politiques peu connus et entendus Jean_Sebastien_Ferjoujusqu’alors. Enfin, le numérique est un lieu d’actualité politique de premier choix puisque c’est une gigantesque agora où chaque internaute peut donner son avis.  Internet donne aussi de nouveaux moyens aux consommateurs pour faire entendre leur voix.

En conclusion, Internet, formidable outil de communication, porte en lui des forces contradictoires : il favorise d’un côté plus de transparence, mais est aussi accusé de menacer la sphère privé et l’intime.

 

 

 

Lucie Gaillot
Étudiante à l’IEP de Bordeaux
Stagiaire à la Fondation pour l’innovation politique