La Fondation Res Publica et la Fondation pour l’innovation politique ont organisé un débat entre Dominique Reynié et Jean-Pierre Chevènement mardi 21 janvier sur le thème Où en est l’Europe ? Jean-Pierre Chevènement a présenté son nouvel ouvrage : 1914-2014, l’Europe sortie de l’histoire ? Retour sur son intervention.

Point de départ de l’exposé et du livre, le déclenchement de la Première Guerre mondiale est appréhendé par Jean-Pierre Chevènement comme l’amorce du combat pour l’hegemon auquel se livrent les deux grandes puissances de l’époque, le Royaume-Uni et l’Allemagne. La victoire des Alliés en 1918 consacre finalement la domination politique, économique, culturelle et militaire de l’empire britannique. Un siècle plus tard, il semble que nous assistions à une nouvelle lutte pour l’hégémonie. Cette fois-ci, les nations européennes, faute de puissance, ne participent pas à la joute qui oppose les Etats-Unis et la Chine. L’intitulé du livre prend alors tout son sens : Le continent européen est-il sorti de l’Histoire ?

La thèse soutenue par Jean-Pierre Chevènement s’articule autour d’une capitulation des Etats-nations après 1945, lorsque l’Europe, pour se reconstruire, accepte la tutelle des marchés financiers. La crise de 1929 et la seconde guerre mondiale ont discrédité le modèle de l’Etat-nation quant à sa capacité à assurer la prospérité économique et à garantir la paix. Jean-Pierre Chevènement déplore toutefois que le projet européen conçu par les pères fondateurs s’apparente à un rêve bâtit sur du sable. L’idéologie européiste et la technocratisation croissante des institutions de l’Union empêchent les peuples européens de se sentir appartenir à une même communauté politique. Au sein du continent pourtant, certains Etats à l’image de l’Allemagne, ont parfaitement intégré le processus de mondialisation. Un leadership allemand qui inspire notre orateur : « L’Allemagne triple sa production quand le Royaume-Uni double la sienne et que la France connaît une hausse somme toute relative ». Questionné par Dominique Reynié quant à la pertinence de l’échelon national pour répondre aux défis du 21e siècle, Jean-Pierre Chevènement assure que la nation reste encore aujourd’hui l’unité de référence pour mesurer la puissance. Néanmoins, lorsque Dominique Reynié l’interroge sur « quelle peut être la réponse de l’Union européenne face au duopole Chine/Etats-Unis ?» Jean-Pierre Chevènement assure que seul le renforcement des mécanismes de coopération entre les grandes nations européennes (France, Allemagne, Royaume-Uni) peut permettre à l’Europe de parler d’une seule voix.
Retrouvez sur Trop Libre le compte-rendu de l’ouvrage de Jean-Pierre Chevènement, 1914-2014, l’Europe sortie de l’histoire ?