Il y a quelques semaines, les autorités égyptiennes puis syriennes coupaient temporairement l’accès à Internet pour empêcher les mouvements de contestation de s’organiser. Ces actions ont encouragé les États-Unis à accélérer l’un de leurs projets technologiques : mettre en place des réseaux Internet et des systèmes de téléphonie mobile indépendants, échappant au contrôle des gouvernements dictatoriaux et à la censure. Ces réseaux de communication furtifs permettraient aux dissidents de communiquer avec l’extérieur sans être détectés par les autorités de ces pays.

Deux projets semblent déjà bien avancés. Tout d’abord, le Pentagone et le département d’État ont consacré 50 millions de dollars à la création d’un réseau de téléphonie indépendant en Afghanistan. Ce réseau utilise des tours relais situées dans les bases militaires. L’objectif est de contrer les actions de contrôle du réseau officiel de la part des Talibans.

Le deuxième projet concerne la création d’équipements électroniques transportables, qui seraient utilisés pour mettre en place des réseaux Internet sans fil dans des pays tels que la Syrie, l’Iran ou la Lybie. Financés par une allocation de deux millions de dollars du département d’État, de jeunes entrepreneurs de Washington ont créé le prototype d’une « valise Internet ». Cette « valise » permettrait de faire rentrer discrètement dans des dictatures des équipements compacts et indétectables pour construire des antennes relais indépendantes du réseau principal.

Pour la secrétaire d’État Hillary Clinton, il s’agit avant tout d’ « aider les gens à parler aux autres, à leur communauté, à leur gouvernement et au monde »…